Sécurité: Que doit faire un contrôleur CFF confronté à un terroriste armé?
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SécuritéQue doit faire un contrôleur CFF confronté à un terroriste armé?

L'impensable s'est déroulé vendredi dans un TGV Thalys français. Avec, heureusement, une arme qui s'enraye et l'intervention héroïque de passagers. Mais que sont censés faire les contrôleurs dans de tels cas?

par
Renaud Michiels
Keystone

Le débat enfle en France depuis le témoignage de l'acteur Jean-Hugues Anglade, présent dans le train. Il a accusé des employés SNCF d'égoïsme et de lâcheté: ils se seraient réfugiés «dans la cabine du conducteur de la motrice» sans avertir ni aider personne. Il semble qu'il s'agissait en fait du personnel de restauration. Reste que face à la polémique, la directrice de Thalys Agnès Ogier a tenu à assurer que son personnel «a rempli sa mission», alertant les forces de l'ordre, le conducteur et les passagers. Et a précisé que pour de tels cas les consignes sont claires: «D'abord alerter, puis arrêter le train.»

Dispositifs non communiqués

Et en Suisse? Existe-t-il des directives pour des situations aussi extrêmes? Les CFF n'entendent pas s'exprimer. «Pour des raisons de sécurité, les dispositifs mis sur pied dans de tels cas ne sont pas communiqués», tranche la porte-parole Donatella Del Vecchio.

On se montre plus loquace du côté du SEV, le Syndicat du personnel des transports. «Si un agent de train avait la certitude que son sacrifice sauverait les vies de tous les passagers, je crois qu'il n'hésiterait pas. Mais cette certitude ne peut pas exister: mourir sous les balles d'un terroriste ne garantit pas que les autres survivront», commente le chargé d'information Peter Moor-Trevisan. «Pour être plus terre à terre l'exemple français est heureusement tellement unique, singulier, exceptionnel, que je pense qu'on ne pourra jamais avoir de directives claires pour ce genre de cas.»

Peter Moor-Trevisan note tout de même qu'un contrôleur doit aussi songer à sa sécurité. «Pour les cas que nous rencontrons vraiment au quotidien – incivilités, passagers agressifs – les règles sont claires. L'agent de train doit tenter, par le dialogue, de faire baisser la tension et résoudre le problème. Mais s'il a le sentiment que sa sécurité est menacée, il ne doit pas mettre son intégrité physique en danger. Il doit se retirer et appeler la police ferroviaire, qui interviendra à l'arrêt suivant.» Une règle somme toute logique. Comme l'indiquait hier le philosophe Bertrand Vergely dans la presse française, une personne payée pour contrôler des titres de transports ne peut pas être soumise à un «devoir d'héroïsme».

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