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CinémaQue la 3D soit avec vous!

«Star Wars - Episode 1» est de retour en 3D sans faire de vagues, quelques semaines avant «Titanic». Si le public plébiscite ce dernier, d'autres classiques suivront.

par
Jean-Philippe Bernard

Ce n'est pas si courant et ça mérite d'être signalé: un classique du cinéma populaire fait ces jours-ci son grand retour sur les écrans romands! A sa sortie en 1999, aux Etats-Unis comme dans le reste du monde, «Star Wars - Episode 1» a rendu les fans complètement dingues. Sous-titré «La menace fantôme», ce premier volet de la seconde trilogie de la «Guerre des étoiles» imaginée par George Lucas a non seulement rempli les salles, mais il est, en plus, entré dans l'histoire du cinéma fantastique au pas de charge. Aujourd'hui, le long-métrage a fait l'objet de nombreuses diffusions télévisées, a été aussi plusieurs fois édité en DVD et récemment en format Blu-ray.

Le relief fait débat

Et donc, en cette fin d'hiver, ce grand spectacle «son et lumière» revient draguer les fidèles des salles obscures en 3D! Sorti le 8 février dernier en Suisse romande, le classique de Lucas se place, une semaine plus tard, au septième rang du box-office régional en comptabilisant 3727 entrées, loin derrière «Sherlock Holmes II», qui dans le même laps de temps a convaincu 9576 spectateurs. «Un score fort moyen malheureusement», avoue Leo Baumgartner, directeur suisse de Fox Warner et distributeur du film: «Depuis longtemps, la 3D fait débat. Après les triomphes d'ouvrages comme «Avatar» ou «L'âge de glace 3», bon nombre de professionnels ont cru que l'avenir du cinéma s'écrirait en 3D. Mais, rapidement, la réalité des faits est venue doucher ce bel optimisme. La 3D ne garantit pas le succès. A titre personnel, j'ai donc été surpris en apprenant la ressortie de «Star Wars» en 3D. Je crois qu'on essaie de voir si le public est intéressé…»

Lorsqu'on lui fait remarquer que, expérience faite, l'apport de la 3D à un «vieux» film pensé à l'origine en 2D semble moindre, Leo Baumgartner ne cherche surtout pas à prouver le contraire: «On a vu des films récents offrir un rendu plus spectaculaire, ce qui est logique puisqu'ils ont été conçus en fonction de la 3D. «Star Wars», effectivement, est un cas un peu différent, même si, grâce au relief, certaines scènes gagnent une profondeur de champ intéressante… A mon sens, l'intérêt majeur de cette ressortie est qu'elle offre une nouvelle vie à un film d'envergure. Voici l'occasion rêvée de revoir un classique en salle. Pour les fans d'hier comme pour les plus jeunes, ça reste une belle expérience et, là, la 3D a valeur d'argument.»

En dépit de son caractère hautement divertissant, l'épisode de «Star Wars» dont il est ici question n'est pas le meilleur de la saga. Et ce sont surtout les mythiques épisodes 4 et 5 qu'on aimerait voir de nouveau hanter l'écran large… «Cela ne se fera que si le public veut aller les voir», coupe Leo Baumgartner. Selon les recettes à venir, il est possible que, dans quelques mois, cette envie de ressortir des classiques en version 3D s'apparente à de l'histoire ancienne. Ce qui est sûr, en revanche, c'est que des films très attendus comme «L'âge de glace 4» ou «Lincoln» seront visibles en 3D ainsi qu'en 2D. «Car, précise notre interlocuteur, ce qui importe avant tout, c'est que le public y trouve son compte.»

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