Culture: «Qui peut vivre quatre mois sans le moindre revenu?»
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Culture«Qui peut vivre quatre mois sans le moindre revenu?»

La violoncelliste Estelle Revaz poursuit son combat à Berne. Avec d’autres parlementaires, Pierre-Yves Maillard (PS/VD) esquisse une solution financière pour les oubliés de la crise.

par
Eric Felley
Pour Pierre-Yves Maillard (PS/VD), les milieux culturels sinistrés ont un urgent besoin d’aides après une année où ils n’ont quasi-pas pu travailler. Comme la violoncelliste Estelle Revaz qui se bat pour y avoir droit.

Pour Pierre-Yves Maillard (PS/VD), les milieux culturels sinistrés ont un urgent besoin d’aides après une année où ils n’ont quasi-pas pu travailler. Comme la violoncelliste Estelle Revaz qui se bat pour y avoir droit.

DR/Sebastien Anex

La violoncelliste Estelle Revaz se bat depuis des mois pour que les acteurs culturels soient indemnisés au même titre que les autres victimes économiques de la pandémie du Covid-19. «Je n’ai toujours touché aucune indemnité depuis le 1er novembre… Qui peut vivre quatre mois sans le moindre revenu? Les factures s’accumulent, le logement, les impôts… Après la première vague, les réserves sont à sec, il n’y a aucune perspective, aucun engagement… Et, si ça repart, le secteur est aujourd’hui en ruine, cela demandera du temps pour reconstruire».

La violoncelliste est devenue la figure romande de cette révolte des acteurs culturels et autres artistes en faisant du lobbying à Berne auprès des parlementaires. Cette insistance auprès des élu(e)s de tous bords – Benjamin Roduit (PDC/VS), Céline Amaudruz (UDC/GE), Christian Lüscher (PLR/GE) ou Pierre-Yves Maillard (PS/VD) – commence à porter ses fruits. Il reste à convaincre le Conseil fédéral de prendre des dispositions simplifiées.

Pierre-Yves Maillard, membre de la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique, précise l’avancement de leurs propositions: «Nous avons envoyé une lettre au Conseil fédéral pour faire modifier les ordonnances afin de pouvoir venir en aide aux personnes qui passent à travers les mailles du filet.»

Le secteur culturel ou événementiel dans son ensemble est quasi à l’arrêt depuis une année

Pierre-Yves Maillard, conseiller national (PS/VD)

Après avoir eu des discussions avec les représentants de Suisse Culture, de la Taskforce Culture ou encore de Suisseculture sociale, le Vaudois fait ce constat: «Le secteur culturel ou événementiel dans son ensemble est quasi à l’arrêt depuis une année, à part un léger répit l’été dernier. Mais ces activités demandent de la planification pour organiser des événements et les conditions ne sont plus réunies depuis le début de la pandémie pour que cela puisse fonctionner. Aujourd’hui, ce secteur est le plus touché avec celui de la gastronomie».

la résignation et l’abandon s’étendent dangereusement

Pierre-Yves Maillard, conseiller national (VD/PS)

Le problème est que le statut des acteurs culturels est souvent mal défini: «Beaucoup, observe-t-il, ont des statuts hybrides avec des petits mandats indépendants ou des salaires en dessous du niveau AVS. Or le système d’aide mis en place concerne des gens qui ont des statuts clairs. C’est pourquoi beaucoup d’acteurs culturels se retrouvent dans une situation catastrophique. Certains arrivent à donner de la voix, mais la résignation et l’abandon s’étendent dangereusement.»

Pour les acteurs culturels, il faut apporter une réponse à un manque de liquidités qui devient intenable: «En commission, nous avons fait des propositions concrètes pour simplifier le système d’aide et assouplir les critères d’éligibilité. Il faut pouvoir apporter des aides financières aux gens dans les 30 jours. Enfin, il faut considérer ces aides sur la durée. S’il y a une reprise en avril, par exemple, il faut que ces aides continuent et qu’elles ne soient pas recalculées pour chaque petit revenu obtenu. C’est la condition pour encourager le redémarrage.»

Qui peut survivre sans rentrée d’argent pendant 6-7-8-10 mois?

Estelle Revaz, violoncelliste concertiste

Pour Estelle Revaz, ces propositions vont dans le bon sens: «Je remercie les parlementaires qui dépensent beaucoup d’énergie pour trouver des solutions. Je suis reconnaissante et en plus ils viennent de tous les partis, preuve que la culture réunit au-delà des intérêts partisans». Pour elle, comme pour tant d’autres, le temps presse: «Actuellement des formulaires d’indemnisation ont été mis en ligne, mais ne seront étudiés qu’à partir du 1er mars et les cantons auront ensuite besoin de 3 à 4 mois pour rendre une décision définitive et donc verser les indemnités. Je vous laisse faire le calcul. Qui peut survivre sans rentrée d’argent pendant 6-7-8-10 mois alors qu’il n’a plus de perspectives à moyen terme et que son secteur est en ruine?»

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135 commentaires
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Tro Tard

24.02.2021, 16:12

Elle avait qu'à faire un vrai métier ! Artiste, c'est une passion, un loisir, pas un métier.

MAERKLIN

24.02.2021, 12:02

Si nos "autorités" veulent vraiment que la vie normale reprenne son rythme chacun d'entre-nous, seule une puissante activation de production de monnaie et de billets, distribués à qui de droit et bien évidemment à fonds perdus, peut entrer en considération. Hors de cela, POINT de salut !

Pierre Juillet

24.02.2021, 11:00

Les concerts en plein air devraient être autorisés. Les personnes vaccinées ou déjà immunisées devraient pouvoir aller au restaurant et rouvrir les restaurants, les autres devraient pouvoir aller aussi sur une table seule. Etc