Ski alpin: Qui sera le premier suisse à succéder à Carlo Janka?

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Ski alpinQui sera le premier suisse à succéder à Carlo Janka?

Marco Odermatt et Loïc Meillard ont deux occasions de succéder au Grison, dernier helvète à s’être imposé en slalom géant en 2011, ce week-end à Santa Caterina.

par
Sylvain Bolt
(Santa Caterina)
Qui de Marco Odermatt (à gauche) ou de Loïc Meillard (à droite) va enfin s’imposer en slalom géant? 

Qui de Marco Odermatt (à gauche) ou de Loïc Meillard (à droite) va enfin s’imposer en slalom géant?

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Marco Odermatt, le talent pur

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Le skieur de Nidwald est un concurrent sérieux au classement général de la Coupe du monde. Son aisance sur les skis fait parfois oublier qu’il n’a que 23 ans. Marco Odermatt est le géantiste qui est le plus proche d’un premier sacre suisse en géant depuis Carlo Janka en 2011. «C’est clair, ça remonte à quasi dix ans, mais ça ne change pas grand-chose pour nous, se marre le quintuple champion du monde junior 2018. C’est plutôt une histoire qui intéresse les médias.»

«Odi» a frôlé l’exploit à Sölden, terminant juste derrière l’autre prodige Lucas Braathen, après avoir déjà terminé deux fois deuxième (Naeba en 2020 et Soldeu en 2019) et une fois troisième (Kranjska Gora en 2019) dans la discipline. «Sur cette piste de Santa Caterina, qui n’est pas très raide et où il faut tout le temps créer de la vitesse, c’est Odermatt le plus fort en ce moment, prévient Justin Murisier. Il faudra vraiment se méfier de lui sur ces deux courses.»

Testé positif au Covid-19 il y a deux semaines, le Nidwaldien n’a pas eu d’importants symptômes et a même pu faire des entraînements de condition physique à la maison pendant sa quarantaine. Celui qui a été inspiré par l’Américain Ted Ligety a remis les skis lundi et assure qu’il est prêt pour ce week-end de compétitions. Il a décroché son unique victoire en Coupe du monde en Super-G à Beaver Creek le 6 décembre 2019. «Oui, j’aimerais bien gagner ce week-end et avec deux courses au programme, ce serait joli de porter le maillot rouge de leader dimanche soir.»

Loïc Meillard, la machine polyvalente

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Comme ses collègues Marco Odermatt et Justin Murisier, le skieur d’Hérémence a dû passer par un isolement après un test positif au Covid-19. «J’ai eu peu, voir pas de symptômes, j’ai pu bosser physiquement sur ma terrasse et j’ai pris mon mal en patience, résume le skieur d’Hérémence. Mais je dois dire que le retour sur les skis était plus joli que la quarantaine.»

Le «couteau suisse» des géantistes est monté cinq fois sur le podium (une victoire en parallèle à Chamonix l’hiver passé) dans quatre disciplines différentes. En géant, il a terminé deux fois dauphin (Garmisch en février passé et Saalbach en 2018). «J’ai l’habitude de disputer deux courses sur un week-end dans deux disciplines différentes et là je me réjouis de faire deux géants, explique le Valaisan. Depuis Sölden, on a eu une longue pause sans course, donc ça picote de reprendre un départ.»

Au sein du groupe géant de Swiss-Ski, la succession de Carlo Janka est forcément un sujet de discussion. «Mais il n’y a pas vraiment de guerre entre nous, on en rigole surtout, rassure Loïc Meillard. Cette première victoire viendra quand ça doit venir. On sait que le potentiel est là. On sait qu’on est capables de briser cette série. Pour cela, il faut que tout soit aligné lors du jour J

«Techniquement, dans un mur comme à Val d’Isère, tu sais que Loïc ne va pas faire de faute, qu’il sera précis et qu’il peut gagner», analyse Justin Murisier. Avantage à Odermatt donc sur la pente plus facile de Santa Caterina.

Gino Caviezel, l’outsider modèle

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Le Grison de 27 ans a fêté à Sölden son premier podium en Coupe du monde (troisième), alors qu’il n’était jusque-là entré que sept fois dans le top 10 en géant. Simple coup d’éclat ou confirmation que le deuxième plus ancien de la bande (derrière Justin Murisier) a franchi un cap?

«Je suis en grande forme, comme toute l’équipe. Ce podium m’a prouvé que je peux aussi être rapide, je peux m’élancer désormais de manière plus légère au départ», a-t-il expliqué avant les deux géants de Santa Caterina. Le routinier de la bande profite de l’excellente dynamique au sein du groupe de géant pour se bonifier. Il prouve que la cuvée 1992 n’a (presque) rien à envier à celle de Loïc Meillard (1996) ou de Marco Odermatt (1997).

«Techniquement, l’équipe a fait d’énormes progrès mais aussi physiquement», estime celui qui se sentait bien seul en géant il y a quelques saisons. Le grison est comme le vin: il se bonifie avec les années. De là à voler la vedette à ses deux jeunes coéquipiers?

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