Actualisé 03.09.2017 à 16:00

Hockey sur glaceQuitter la Suisse, c'est dur

Lundi, je m'envole pour l'Amérique du Nord. A chaque fois, le moment du départ est déchirant.

par
Mark Streit
Keystone

Voilà, on y est. Demain, c’est le départ. Au revoir la Suisse. Un vol pour Philadelphie, où j’irai récupérer mes affaires, huit heures de route pour rejoindre Montréal, où je m’installerai, avec ma famille, dans une maison située sur l’île des Sœurs. Cela n’est pas le moment le plus agréable de l’année.

À chaque fois, depuis douze ans, je ressens le même coup de blues: c’est dur de partir. Je sais aussi que, dans une semaine, je me sentirai bien où je serai. Montréal est une ville magnifique avec une forte culture européenne. J’y ai vécu et je sais que je vais adorer mon deuxième séjour dans cette métropole où le hockey est une religion.

Mais je n’aime pas les adieux. Ma vie sociale est en Suisse, et plus particulièrement dans la région de Berne, où nous bénéficions d’une qualité de vie exceptionnelle. Pendant l’été, j’ai cultivé le relationnel avec les personnes qui me sont chères. Je suis très famille. Ces moments où j’étais entouré de mes amis, de mes parents, de mes beaux-parents seront impossibles à compenser.

Quand on est hockeyeur professionnel en Amérique du Nord, même si j’ai conscience d’être un privilégié qui a pu faire de sa passion un métier, il est quasi impossible de tisser des relations profondes avec des gens. On fait des connaissances, oui. Mais on a très peu de temps pour les entretenir. Avec trois ou quatre matches par semaine et les voyages sur l’entier du continent, les occasions de se relâcher sont rares. En fait, la majorité des sorties s’opèrent avec des coéquipiers qui ont le même profil que moi: marié avec des enfants. On partage quelques balades et sorties au restaurant. Je ne sais pas encore avec qui je vais nouer les plus grandes complicités, puisque je ne connais plus grand monde dans le vestiaire du Canadien.

J’avais quitté l’organisation en 2008. Et il ne reste plus que deux joueurs de cette époque: le gardien canadien Carey Price et l’attaquant tchèque Tomas Plekanec. J’ai entendu dire que les médias montréalais n’étaient pas emballés par mon retour avec le Canadien. Très sincèrement, je ne me soucie guère de ces commentaires. Je garde mon énergie pour me consacrer sur ma préparation et sur mon jeu. Et je peux vous assurer que je me sens en très bonne forme.

Une fois mon coup de blues du départ du pays digéré, je vais avoir hâte de le montrer.

Cette chronique est assurée en alternance par Thabo Sefolosha, Kariem Hussein, Fanny Smith, Mark Streit et Yann Sommer.

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