20.03.2019 à 15:02

La HayeRadovan Karadzic condamné à la perpétuité

L'ancien leader des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, est condamné à la prison à vie après avoir initialement écopé de 40 ans de prison.

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Les juges du Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux ont rejeté l'appel de Radovan Karadzic qui a été condamné à la prison à vie pour crimes de guerre. (3 avril 2019)

Les juges du Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux ont rejeté l'appel de Radovan Karadzic qui a été condamné à la prison à vie pour crimes de guerre. (3 avril 2019)

archive/photo d'illustration, Keystone
L'ex-président des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, a été condamné mercredi en appel à la prison à perpétuité. (Mercredi 20 mars 2019)

L'ex-président des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, a été condamné mercredi en appel à la prison à perpétuité. (Mercredi 20 mars 2019)

AFP
Le chef des Serbes de Bosnie, Milorad Dodik, a réclamé mardi l'annulation d'un rapport gouvernemental sur le génocide de Srebrenica en 1995. (14 août 2018)

Le chef des Serbes de Bosnie, Milorad Dodik, a réclamé mardi l'annulation d'un rapport gouvernemental sur le génocide de Srebrenica en 1995. (14 août 2018)

archive/photo d'illustration, Keystone

L'ancien leader des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, est condamné à la prison à vie. Ainsi en a décidé mercredi la justice internationale en appel, plus de 20 ans après les faits.

Radovan Karadzic, 73 ans, avait été condamné en première instance en 2016 par le Tribunal pénal international de l'ONU, à La Haye, à 40 ans de prison pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre. Le Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux (MTPI), qui a pris le relais du TPIY, a rejeté mercredi l'appel de Karadzic. L'accusé à la chevelure blanche a écouté, impassible, la lecture du verdict.

En première instance, les juges «ont sous-estimé l'extrême gravité de la responsabilité de Karadzic dans les pires crimes commis» durant le conflit en Bosnie, a déclaré le juge, Vagn Joensen. Le magistrat a souligné «l'étendue» et la «cruauté systématique» de ces crimes.

Sarajevo et Srebrenica

M. Karadzic était jugé pour sa responsabilité dans le siège de Sarajevo et le massacre de Srebrenica en 1995, le pire perpétré en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Il est également mis en cause dans le déplacement de populations sur des bases ethniques dans plusieurs autres villes du pays.

Toujours considéré comme un «héros» par beaucoup des siens, Karadzic avait fait appel sur 50 points de sa condamnation, dénonçant un «procès politique». L'accusation, qui demandait la prison à vie, avait elle aussi fait appel du jugement de première instance, jugé trop clément.

«Ce verdict est historique pour la justice. Si Karadzic ne reçoit pas ce qu'il mérite, alors cela signifiera qu'il n'y a pas de justice dans ce monde et qu'il est possible de commettre des crimes sans risquer de sanctions», avait déclaré avant le verdict Munira Subasic, présidente de l'association «Les mères de Srebrenica», qui a elle-même perdu son époux et son fils de 16 ans.

La décision sur Radovan Karadzic est l'une des dernières de la justice internationale dans le cadre de la dislocation de l'ex-Yougoslavie après la chute du communisme en 1991.

«Procès injuste»

Karadzic, ex-président de l'entité des Serbes de Bosnie, la Republika Srpska, a été condamné pour des persécutions, meurtres, viols, traitements inhumains ou transferts forcés, notamment lors du siège de près de quatre ans de la capitale bosniaque Sarajevo. Plus de 10'000 personnes sont mortes lors de ce blocus.

Après la mort pendant son procès de l'ancien président serbe Slobodan Milosevic en 2006, Karadzic est le plus haut responsable à avoir dû rendre des comptes pour la guerre de Bosnie. En 2017, le TPIY avait condamné à perpétuité pour des chefs d'inculpation similaires l'alter ego militaire de Karadzic, le général Ratko Mladic qui a aussi fait appel.

Environ 100'000 personnes sont mortes et 2,2 millions de personnes se sont trouvées sans abri lors des combats qui se sont déroulés en Bosnie entre 1992 et 1995, opposant Musulmans, Serbes et Croates.

Poète et psychiatre devenu un leader politique impitoyable, Karadzic a été reconnu coupable de 10 chefs d'accusation, dont le génocide de Srebrenica. Des survivants de ce massacre avaient appelé la justice internationale à condamner M. Karadzic à la perpétuité.

Déni de Belgrade

Quel que soit le verdict, Belgrade pourrait ne pas «l'accepter», avait prévenu Izabela Kisic, directrice exécutive du Comité d'Helsinki pour les droits de l'homme en Serbie. «La Serbie a nié les crimes de guerre depuis longtemps et son rapport à la guerre en Bosnie n'a pas changé du tout», selon elle.

«Il n'y a aucune approche rationnelle de ce qui s'est passé ni aucune acceptation des verdicts émanant du TPIY», a-t-elle ajouté. En Bosnie, le gouvernement de la Republika Srpska a annulé l'année dernière un rapport de 2004 sur les meurtres et a mis sur pied une commission pour mener une nouvelle enquête sur les crimes.

(ats)

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