Valais: Raffinerie Tamoil: les clients de la dernière chance?

Actualisé

ValaisRaffinerie Tamoil: les clients de la dernière chance?

Le site de Tamoil à Collombey doit être démantelé dès l'année prochaine. Mais selon les informations du matin.ch, un projet valesco-dubaïote voudrait la faire redémarrer.

par
lematin.ch
Ce ne sont pas moins de 250 km d'acier, 54 réservoirs et 1200 unités qu'il faudra démonter dès l'année prochaine si la raffinerie de Collombey ne redémarre pas.

Ce ne sont pas moins de 250 km d'acier, 54 réservoirs et 1200 unités qu'il faudra démonter dès l'année prochaine si la raffinerie de Collombey ne redémarre pas.

Maxime Schmid, Keystone

Alors que la raffinerie doit commencer son processus de démantèlement au premier semestre 2020, de nouveaux prétendants seraient en passe de faire une offre pour que le site de Tamoil à Collombey (VS) reprenne du service. D'après les sources du matin.ch, ce sont des investisseurs valaisans en contact avec des investisseurs dubaïotes qui sont à l'origine de ce projet.

Une offre de location ?

Le président de Collombey, Yannick Buttet, est au courant de cette énième tentative de remise en service: «Des offres de reprises il y en a eu beaucoup, soupire-t-il, mais Tamoil ne veut pas vendre... Ce projet dubaïote est différent, car les investisseurs demandent à louer seulement les infrastructures pour les faire redémarrer durant un certain nombre d'années, cinq ou dix».

Des offres de délocalisation

De son côté, le porte-parole de Tamoil SA, Stéphane Trachsler dément le fait que la société ne veut pas vendre, et «en l'état», il dément aussi avoir été contacté par les promoteurs du projet valaisan avec des fonds de Dubaï. Aujourd'hui, s'il évoque d'ultimes discussions autour d'une reprise d'activité, il n'en voit pas: «Durant les dernières périodes, nous avons reçu des offres pour une potentielle relocalisation des unités, mais pas pour un redémarrage».

Les liens avec la Libye

A travers la société Oilinvest aux Pays-Bas, Tamoil SA appartient toujours à l'Etat Libyen, qui reste en proie à une guerre civile et où le pouvoir reste fragile. La production d'hydrocarbures, qui représente 70% des revenus de la Libye, a beaucoup souffert durant ces années de chaos, mais elle est restée plus ou moins opérationnelle. Pour Stéphane Trachsler, la chaîne de décision reste la même: «Comme toute société suisse, nous agissons en conformité avec notre gouvernance interne, les décisions sont prises par le conseil d'administration, voire notre actionnaire néerlandais Oilinvest.»

Assainissement déjà commencé

Le site de Collombey, qui a été contruit à partir de 1961 a été fermé en 2015. En mai dernier, Stéphane Trachsler déclarait que les travaux de démantèlement allaient commencer l'année prochaine pour une durée de deux à trois ans. Cependant l'Etat du Valais avait laissé la porte ouverte à une éventuelle reprise jusqu'au début 2020. L'assainissement de certaines parcelles a déjà débuté cette année.

Projets solaires ?

Après plus de quatre ans d'arrêt, Yannick Buttet estime que les chances de redémarrage sont minces, mais à titre personnel il regrette: «Ce serait bien pour l'économie de la région que cette activité reprenne (230 emplois ont été perdus, ndlr.). Toutefois, comme l'ont montré les dernières élections fédérales, l'opinion publique ne serait pas très favorables à la remise en route d'une raffinerie». D'autres projets sont en cours de réflexion ou déjà avancé, dont celui d'une ferme solaire. Avec le soleil valaisan, bien sûr, pas le soleil libyen.

Eric Felley

Ton opinion