28.08.2015 à 16:20

FootballRai a "ouvert la voie" aux Brésiliens en France (MAGAZINE)

Par Rosa SULLEIRO

Sao Paulo, 28 août 2015 (AFP) - Du grand PSG des années 1990, où il a "ouvert la voie" aux Brésiliens venus jouer en France, à sa famille où émerge la figure légendaire du joueur-médecin-philosophe Socrates, son frère, Rai a feuilleté son livre de souvenirs en compagnie de l'AFP.

Pour ses 50 ans en mai, l'ancien N°10 de la Seleçao a fait publier "Raí auto_fotobio", un livre retraçant sa vie en une centaine de photos, avec une large part consacrée à Paris, où il a évolué de 1993 à 1998: l'anonymat de ses débuts, ses difficultés d'adaptation pendant un an puis sa relation spéciale avec les supporters.

"Je crois que mon histoire au PSG et ma relation avec les supporters ont ouvert la voie à d'autres Brésiliens et je crois qu'il existe aujourd'hui une culture de relations entre le foot brésilien et le foot français à laquelle j'ai contribué, avance-t-il. J'en suis très fier parce que ce sont des choses très positives".

Rai montre avec émotion l'image de ses adieux au Parc des Princes, à l'issue d'un match contre Monaco, où ses larmes ont coulé. "Les supporters m'ont rendu hommage et ça m'a beaucoup marqué, souligne-t-il. Ça représente ma relation avec la France, qui est si forte qu'elle dure encore aujourd'hui et pour toujours".

Le néo-quinquagénaire est venu présenter ce livre cette semaine dans un cinéma de Sao Paulo en compagnie d'une grande partie de la famille Souza Vieira, la seule qui ait donné deux capitaines brésiliens en Coupe du monde: Socrates en 1982 et 1986, et son cadet Rai en 1994.

De nombreuses photos montrent ses cinq frères aînés grandis à Ribeirao Preto, ville de l'État de Sao Paulo où l'équipe de France avait son camp de base pendant le Mondial-2014: Socrates, Sostenes, Sofocles, Raimundo et Raimar.

Interrogé sur sa photo préférée, Rai mentionne la première de l'ouvrage, celle où il doit avoir "10 ou 11 ans et qui illustre le moment où je prenais conscience de l'importance de la famille et du chemin qui s'ouvrait à moi".

La plupart des enfants de Guiomar et Raimundo (son père), fonctionnaire enclin à stimuler l'intellect de ses fils, étaient présent dans ce cinéma. Manquait l'aîné, Socrates, milieu charismatique des années 1980, médecin, militant pour la démocratie et décédé en 2011, emporté par l'alcool.

"C'est un privilège d'avoir eu un frère comme lui, assure Rai. Même si ç'a été difficile, un défi. J'ai découvert mon côté compétitif à 16 ou 17 ans, quand j'ai vu que j'avais du talent, que j'aimais jouer et je me suis fixé mon premier objectif: me faire ma place comme sportif, même si j'avais un frère qui était déjà une idole".

Le livre compile photos et coupures de presses de ses succès, avec le Sao Paulo de Tele Santana et le PSG, vainqueur notamment de la Coupe d'Europe des vainqueurs de coupes (C2) en 1996.

Le Mondial-1994, remporté aux tirs au but contre l'Italie en finale, occupe également une place spéciale dans le recueil, même si le goût de l'or se mêle d'amertume: Rai a débuté le tournoi comme capitaine mais a dû céder le brassard en cours de route à Dunga, qui a finalement soulevé en premier le trophée. Et Rai n'a pas disputé une seule minute de la finale...

Sa vie privée fut également riche. Il eut à 18 ans la première de ses trois filles, et elle le fit grand-père alors qu'il n'avait que 33 ans, deux ans avant sa retraite.

Retiré du foot pro en 2000, Rai est devenu agent mais consacre le plus clair de son temps à son association Gol de Letra, qu'il a fondée en 1998 avec une autre figure du PSG, Leonardo, et qui assiste et forme plus de 2000 enfants et jeunes brésiliens défavorisés.

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(AFP)

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