Actualisé 06.09.2019 à 08:16

Ramadan: «quand une femme me dit non, c’est non»

Interview

L’islamologue genevois accusé de viol a affirmé ce matin qu’il était victime d’un traquenard et a juré qu’il n’était pas violent.

par
Renaud Michiels
Tariq Ramadan s'est exprimé pour la première fois depuis début 2018. Il est apparu combatif et confiant.

Tariq Ramadan s'est exprimé pour la première fois depuis début 2018. Il est apparu combatif et confiant.

BFMTV/RMC

C’était un événement: Tariq Ramadan était ce matin de 8 h 30 à 9 h l’invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV et RMC. Inculpé pour viols et agressions sexuelles, il ne s’était plus exprimé publiquement depuis début 2018. Il est apparu en forme, combatif, et très confiant d’être innocenté.

L’islamologue genevois a surtout martelé trois messages. Il se dit innocent et victime d’un «traquenard». Il jure n’avoir aucune violence en lui. Et affirme avoir été lynché par le tribunal populaire comme médiatique.

Le dossier «s’effondre»

Sur le fond, d’abord, le théologien de 57 ans assure que ses différentes accusatrices ont menti. Et qu’elles se connaissent. Un complot contre lui? «Je suis victime d’un traquenard», a-t-il corrigé. Et d’indiquer à plusieurs reprises les liens et les nombreux contacts entre les femmes qui l’accusent de viols et veulent lui «tendre un piège».

Tariq Ramadan a laissé entendre que «huit personnes» étaient à la manœuvre contre lui. Et de citer la journaliste et essayiste Caroline Fourest ou l’idéologue d’extrême droite Alain Soral. En disant s’appuyer sur l’enquête de la brigade criminelle, il a encore soutenu que le dossier contre lui «s’effondre».

«J’ai des excuses à présenter»

Tariq Ramadan s’est également exprimé sur ses aventures extraconjugales. Et a reconnu avoir d’abord menti en les niant. «J’ai voulu me protéger et protéger ma famille. C’était une erreur», a-t-il expliqué. «J’ai été en contradiction avec certains de mes principes, j’ai fait mon examen de conscience. J’ai des excuses à présenter, à ma famille, à Dieu, à tous ceux qui, dans la communauté musulmane, ont été déçus», a-t-il enchaîné. Précisant cependant qu’une «défaillance morale» n’implique pas une culpabilité au niveau du droit.

Contrairement aux différents témoignages des plaignantes, l’islamologue a juré qu’il n’était pas violent. «Quand une femme me dit non, c’est non. Je n’ai jamais été violent, il n’y a pas de violence chez moi», a-t-il insisté. Il a asséné que les rapports sexuels qu’il a pu avoir ont «toujours été dans le consentement» et a même lancé: «j’ai toujours défendu la cause des femmes».

«Diabolisé et déshumanisé»

Le Genevois, enfin, soutient avoir été lynché par le tribunal populaire comme par les médias français, qui l’auraient présenté comme un coupable certain alors qu’il reste présumé innocent. J’ai été «diabolisé et déshumanisé», a-t-il avancé, avant de comparer son cas à l’affaire Dreyfus.

Le théologien, a-t-on encore appris, a rédigé un livre intitulé «Devoir de vérité», qui sortira la semaine prochaine, le 11 septembre. Il raconte entre autres le cheminement intérieur d’une personne qui essaye «d’être un homme meilleur», a indiqué Tariq Ramadan.

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