Suisse: Ramener les Jeux à la montagne
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«Il faut ramener le sport d'hiver à la maison.» Tel est le cheval de bataille de Jörg Schild, président de Swiss Olympic.

Jörg Schild, président de Swiss Olympic.

Jörg Schild, président de Swiss Olympic.

Keystone

Pour le Bâlois, cela signifie que les JO doivent s'organiser à l'avenir «à la montagne et dans la neige, et non pas dans une ville grise», a-t-il dit en faisant notamment allusion à la dernière attribution en date en matière de Jeux d'hiver, à Pékin pour 2022.

Mardi devant les médias à Lausanne, Jörg Schild a ainsi martelé qu'il souhaitait une candidature suisse «au coeur des Alpes». Et selon lui, c'est aussi la volonté du CIO qui, sur sa feuille de route Agenda 2020, a manifesté le désir de revenir aux fondamentaux des JO d'hiver.

Il n'existe toutefois pas encore de candidature suisse, mais quatre projets en phase d'élaboration depuis cet été. Il y a projet valdo-valaisan, porté notamment par Christian Constantin et intitulé «The Swiss Made Winter Games 2026», et un autre dans les Grisons. Plus flous, les groupes «Switzerland 2026» et «Games for our future» ambitionnent, eux, de monter un dossier regroupant l'ensemble de la Suisse.

Choix en mars prochain

Jörg Schild n'a pas voulu donner de détails sur ces quatre candidats à la candidature. «Je ne connais pas moi-même les détails et je ne veux pas encore les connaître», a-t-il assuré. «Swiss Olympic ne veut pas actuellement influencer ces projets. Il revient aux régions intéressées de développer leurs propres idées, de créer une saine rivalité entre elles», a-t-il expliqué.

Ce processus va durer jusqu'au 15 décembre, date à laquelle les projets devront être remis à Swiss Olympic. «C'est seulement à partir de ce moment que nous prendrons la direction des opérations», a relevé Jörg Schild. L'organisation faîtière du sport suisse sera alors chargée d'évaluer les dossiers, puis de décider en mars prochain si l'un des quatre projets mérite d'être soutenu.

Outre un fort ancrage dans les Alpes, les candidats devront impérativement bénéficier d'un soutien politique dans les régions concernées, a prévenu Jörg Schild. L'ancien conseiller d'Etat sait en effet que le chemin sera semé d'embûches politiques jusqu'à l'éventuel dépôt d'une candidature suisse auprès du CIO, au plus tard début 2018.

«L'obstacle le plus haut pour l'organisation des Jeux en Suisse, ce n'est pas le CIO mais les référendums populaires», a reconnu celui qui reste sur une cuisante défaite en 2013, lorsque les électeurs du canton des Grisons avaient coulé le projet JO 2022.

Budget opérationnel sans argent public

Question finances, Jörg Schild a relevé que le budget pour lancer une candidature suisse avait été établi à 24 millions de francs, partagé à parts égales entre la Confédération, Swiss Olympic et les régions concernées. Quant au budget opérationnel de la manifestation - hors certains frais, liés à la sécurité notamment -, il dépendra du projet retenu, a noté Jörg Schild.

«La condition reste toutefois que ce budget opérationnel ne soit pas financé par de l'argent public, mais par les recettes provenant du CIO, des sponsors ou encore de la vente de billets», a-t-il rappelé. A noter que le projet Vaud-Valais a déjà annoncé qu'il tablait sur un budget opérationnel de 1,8 milliard de francs.

Si une candidature suisse devait être retenue, puis déposée au CIO, il faudrait attendre jusqu'à l'été 2019 pour connaître le nom de l'hôte des JO 2026. «Nous ne sommes pas les seuls à nous activer. L'Autriche avec Innsbruck, le Canada avec Calgary ainsi que les Etats-Unis et la Suède ont déjà manifesté leur intérêt», a prévenu Jörg Schild.

(si)

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