Session: Raphaël Comte présidera le Conseil des Etats
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SessionRaphaël Comte présidera le Conseil des Etats

Pour la seconde année consécutive, un élu de l'Arc jurassien, le Neuchâtelois Raphaël Comte, accède à la présidence du Conseil des Etats.

Juriste, sénateur depuis 2010, le nouveau président est le huitième Neuchâtelois à présider le Conseil des Etats.

Juriste, sénateur depuis 2010, le nouveau président est le huitième Neuchâtelois à présider le Conseil des Etats.

Keystone

Après le Jurassien Claude Hêche, c'est le Neuchâtelois Raphaël Comte qui occupe à 36 ans la présidence du Conseil des Etats. La Chambre des cantons a élu le libéral-radical de 36 ans lundi par 44 voix sur 44 bulletins valables.

Juriste, sénateur depuis 2010, le nouveau président est le huitième Neuchâtelois à présider le Conseil des Etats. Tous les autres étaient radicaux comme lui. Il faut remonter à 1954 et Jean-Louis Barrelet pour retrouver un représentant de ce canton. A quelques mois près, Raphaël Compte rafle la palme du jeunisme à Alain Berset, qui a aussi présidé la Chambre des cantons en 2009.

Sous le signe de la culture

Raphaël Comte tient à placer sa présidence du Conseil des Etats sous le double signe de la culture et de l'ouverture. Dans son discours inaugural, prononcé dans les quatre langues nationales, le libéral-radical neuchâtelois a souligné la «diversité culturelle exceptionnelle» de notre pays.

Il est unique au monde en réunissant de manière pacifique diverses cultures, langues et religions. «Tous les cantons ont des traditions différentes, et, pourtant nous nous sentons appartenir pleinement à une communauté partageant un même destin».

Le Neuchâtelois a aussi loué l'ouverture, qui est toujours présente dans les gènes culturels du pays. «La Suisse, longtemps terre d'émigration et aujourd'hui terre d'immigration, n'est pas une île au milieu du monde: elle a vocation à participer pleinement au concert des nations et à y apporter un message de paix et d'humanité».

Grand travailleur

Personnalité discrète et mesurée, grand travailleur, le président libéral-radical de la Chambre des cantons est d'abord un défenseur du compromis. «Durant mon année de présidence, je vais mettre l'accent sur la diversité culturelle de la Suisse», explique à l'ats le président du Conseil des Etats. Dans cet esprit, Raphaël Comte entend accomplir un tour de Suisse pour aller à la rencontre de la population et des autorités des 26 cantons.

Le Neuchâtelois imagine par exemple assister à une manifestation importante pour le canton qu'il visite. Avec cette démarche, il veut aussi témoigner de l'importance qu'il accorde au fédéralisme.

Personnalité discrète

De nature discrète et calme, le citoyen de Corcelles-Cormondrèche voue un profond attachement au dialogue et au débat politique. A l'instar de son prédécesseur à cette fonction, Raphaël Comte se tient éloigné des intrigues politiciennes et incarne l'image d'un grand travailleur maîtrisant ses dossiers.

Le libéral-radical aura gravi tous les échelons politiques avant son accession à la présidence de la Chambre des cantons. Mais sa carrière sur le plan fédéral a décollé à la suite de circonstances particulières: l'élection de Didier Burkhalter au Conseil fédéral. Raphaël Comte reprend le siège laissé vacant au Conseil des Etats le 17 janvier 2010.

Ascension rapide

Né le 29 septembre 1979 à Neuchâtel, Raphaël Comte est l'un des plus jeunes sénateurs à accéder à la présidence de la Chambre des cantons depuis la création de la Suisse moderne. Seul exemple récent, le conseiller fédéral Alain Berset avait lui aussi 36 ans quand il fut nommé, en 2008, à la présidence des Etats.

Celui qui incarne une nouvelle génération de politiciens au niveau fédéral semble avoir toujours baigné dans la politique. Sur le plan communal, il s'engage au législatif de Corcelles-Cormondrèche en 2000 puis à l'exécutif dès 2008.

Sur le plan cantonal, ce juriste de formation est élu en 2001 au Grand Conseil. Il est alors le plus jeune député de l'histoire du canton. Passionné par le débat politique, Raphaël Comte est porté à la présidence du Parti radical neuchâtelois en 2004. Il est là aussi le plus jeune président cantonal de l'histoire neuchâteloise.

Reconnaissance des pairs

Malgré son jeune âge, Raphaël Comte a su faire sa place sous la Coupole fédérale. Il est ainsi engagé dans plusieurs commissions et délégations qui concernent des thèmes aussi divers que les affaires juridiques, les institutions politiques, l'environnement ou encore la francophonie. «L'on est des généralistes», souligne-t-il.

Son positionnement politique est assez original. Raphaël Comte est plus à gauche que son propre groupe parlementaire. S'il défend les valeurs libérales propres à son parti, le Neuchâtelois attache aussi une grande importance aux valeurs humanistes et se montre progressiste sur les questions de société.

«En tant que latin, l'on est plus au centre que nos collègues alémaniques sur certains dossiers», constate celui qui se place au centre droit de l'échiquier politique. Raphaël Comte se réjouit donc de l'arrivée du PLR Vaudois Olivier Français pour n'être plus le seul PLR romand au Conseil des Etats.

Pas de plan de carrière

S'il bénéficie d'une visibilité en Suisse romande, et en particulier dans l'Arc jurassien, le futur président du Conseil des Etats reste encore largement méconnu en Suisse alémanique. Un constat qui ne le trouble cependant pas. «Je me limite au travail sans chercher à être connu pour ma personne».

«Je n'ai aucun plan de carrière dans ce sens-là», répond Raphaël Comte lorsqu'on l'interroge sur un éventuel destin de conseiller fédéral. «Il est faux de penser que l'on peut faire un plan de carrière, mais il faut savoir profiter des opportunités qui se présentent».

Vie privée

Raphaël Comte cultive la discrétion sur sa vie privée. «Je suis attaché à séparer la sphère privée de la sphère publique. Il n'est donc pas question pour lui d'«épater la galerie».

Le futur président du Conseil des Etats ne va jamais s'épancher dans les médias sur des sentiments personnels. «Je ne cours pas après les médias, mais je reste à leur disposition». Tout juste reconnaît-il apprécier les concerts et les expositions. «Je souhaite me consacrer entièrement à ma présidence», répète-t-il.

Les nouveaux élus prêtent serment, sauf Zurich

Après les conseillers nationaux, leurs collègues nouvellement élus du Conseil des Etats ont à leur tour prêté serment. Seuls dix d'entre eux étaient présents, le canton de Zurich n'ayant pas encore validé les dernières élections. Tous les sénateurs ont ensuite entonné l'hymne national.

Olivier Français (PLR/VD), Beat Vonlanthen (PDC/FR), Beat Rieder (PDC/VS), Peter Hegglin (PDC/ZG), Josef Dittli (PLR/UR), Erich Ettlin (PDC/OW), Andrea Caroni (PLR/AR), Damian Müller (PLR/LU), Hans Wicki (PLR/NW) et Philipp Müller (PLR/AG) ont prêté serment en présence du Conseil fédéral. Les membres sortants du Conseil des Etats qui ont été réélus sont dispensés de cette formalité.

Daniel Jositsch (PS/ZH) et Ruedi Noser (PLR/ZH) devront patienter mardi prochain. En attendant, ils siégeront cette semaine encore au Conseil national. Les conseillers aux Etats zurichois sortants, la Vert'libérale Verena Diener et le libéral-radical Felix Gutzwiller, peuvent encore exercer leur mandat pendant ce laps de temps.

Les deux sénateurs sortants tessinois, Filippo Lombardi (PDC) et Fabio Abate (PLR), n'ont pas non plus encore vu leur réélection officiellement confirmée. Leur canton permet toutefois aux sortants de continuer de siéger jusqu'à validation des résultats.

(ats)

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