Football – Raul Bobadilla, le retour renversant de l’enfant terrible

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FootballRaul Bobadilla, le retour renversant de l’enfant terrible

Le Paraguayen a signé son come-back sur les terrains suisses vendredi avec un hallucinant retourné acrobatique pour Schaffhouse. Entre les bagarres, les excès de vitesse et les exploits footballistiques, le buteur n’a jamais fait comme les autres.

par
Florian Vaney
Raul Bobadilla

Raul Bobadilla

Andy Mueller/freshfocus

. Un coup de pied à 1m50 du sol

Capture d’écran SFL

Raul Bobadilla patientait depuis trois semaines, rongeait son frein en tribune. Son contrat avec Schaffhouse signé, le Paraguayen devait encore attendre son permis de travail, reçu finalement en milieu de semaine. Près de neuf ans après son départ du FC Bâle et de Suisse, c’est Yverdon Sport, vendredi soir, qui allait avoir le redoutable honneur de faire face en premier au buffle né à Buenos Aires.

La sentence? Une élévation improbable à la 28e minute, dos au sol, le pied à 1m50 de haut. Une bicyclette victorieuse au milieu d’une forêt de têtes yverdonnoises. En moins d’une demi-heure sur les terrains du pays, Raul Bobadilla a rappelé à tout le monde ce qu’il avait de spécial et d’unique. Et Schaffhouse, 3e à trois points de Winterthour, peut plus que jamais rêver de Super League.

. Il a confondu le FC Bâle et… Concordia Bâle

Raul Bobadilla (à g.) à sa première arrivée en Suisse en 2006.

Raul Bobadilla (à g.) à sa première arrivée en Suisse en 2006.

freshfocus

Dans une grande interview donnée à Blick en 2019, Bobadilla a fait la lumière sur plusieurs zones floues de sa carrière. Dont son arrivée au pays en provenance de River Plate, à l’été 2006. «J’avais dit à mes amis: Hey, je pars en Europe au FC Bâle! En arrivant, j’ai réalisé qu’il s’agissait simplement de Concordia Bâle.» En Challenge League. Il affronte ensuite la solitude (son agent est rapidement reparti en Amérique du Sud), la galère («Je vivais dans une toute petite pièce, sans être payé pendant les trois ou quatre premiers mois»), la faim. Avant de taper dans l’œil de Grasshopper et d’y partir une année plus tard.

. Alcoolémie au volant et excès de vitesse

Imago/MIS

Né et éduqué dans les bidonvilles argentins, Raul Bobadilla est passé de la misère au confort en un clin d’œil, le temps d’enfiler quelques buts en Suisse. Son rapport à l’argent s’est retrouvé mis à l’épreuve d’une vie de jeune homme loin de chez lui, entouré de fréquentations plus ou moins saines. En 2013, il fait scandale au volant de sa Maserti pesant 150’000 francs. Le joueur est flashé à 111km/h dans une zone 50. La confiance du FC Bâle, dont il partira quelques semaines plus tard, est rompue. Pas de quoi quitter la voie de l’enfant terrible. À Mönchengladbach, on le surprendra à conduire avec 1,1 pour mille dans le sang. Depuis, il s’est repenti de la plupart des erreurs de jeunesse qu’il a commises.

. Il tombe le maillot et le short pour une célébration

Capture d’écran. Twitter: Nicolas Vilas Boas.

La rage que détient le buteur paraguayen en son for intérieur lui a permis d’inscrire une multitude de réussites mémorables. Et lorsque le doux bruit des filets qui tremblent ne suffit pas à l’apaiser, le double champion de Suisse évacue dans ses célébrations. À Guarani, au Paraguay, il s’est ainsi lancé dans un striptease stoppé juste à temps. Pas suffisant pour éviter une nouvelle lourde sanction: 5 matches de suspension, purgés début 2021, et 2000 francs d’amende.

. Il aurait pu «avoir une plus grande carrière de Mohamed Salah»

Mohamed Salah lors de son passage au FC Bâle.

Mohamed Salah lors de son passage au FC Bâle.

freshfocus

Recalé au sein de plusieurs académies et d’équipes de jeunes à cause de son comportement (principalement des bagarres et des excès), tourmenté durant une longue partie de sa carrière, Raul Bobadilla n’a sans doute jamais atteint le niveau qui aurait pu être le sien dans des conditions stables. Et ce malgré le plus qu’honorable total de 166 matches joués en Bundesliga (pour 29 buts et 22 passes décisives). Ce qui lui a valu de lâcher à nos collègues de Blick: «J’aurais pu avoir une plus grande carrière que Mohamed Salah.» La sienne est toute aussi unique, dans son registre.

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