16.12.2016 à 10:10

FranceRecel d'oeuvres de Picasso: deux ans avec sursis

Un couple a vu sa peine confirmée pour avoir «conservé» durant près de 40 ans plus de 270 toiles du maître.

Les époux Le Guennec.

Les époux Le Guennec.

AFP

La cour d'appel d'Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) a confirmé vendredi la condamnation à deux ans d'emprisonnement avec sursis des époux Le Guennec. Ils sont soupçonnés d'avoir recelé 271 oeuvres de Pablo Picasso dans leur garage durant près de 40 ans.

La cour a suivi les réquisitions de l'avocat général qui avait réclamé à l'audience une «large confirmation» du jugement de première instance, en 2015. Les époux Le Guennec avaient alors été condamnés à deux ans d'emprisonnement avec sursis et à la restitution des oeuvres à Claude Picasso, le fils du peintre, en sa qualité d'administrateur de la Fondation Picasso.

«Il s'agit pour la plupart d'entre elles d'oeuvres de très grande valeur», avait rappelé le ministère public. Il avait estimé entre 60 et 100 millions d'euros (entre 64,4 et 107,3 millions de francs) la valeur globale des 271 pièces.

«Il n'y a plus qu'à payer, cela ne sera pas facile», a déclaré Pierre Le Guennec à la sortie du tribunal. «Cette décision est une conclusion satisfaisante à six années de procédures et à des centaines de pages de documents», a dit de son côté Jean-Jacques Neuer, l'avocat de Claude Picasso.

«On a une manipulation sur le marché de l'art avec des oeuvres qui, après avoir été stockées pendant 40 ans, ressortent sans une tache et dans un état de conservation exceptionnel», a-t-il ajouté. Il a précisé que la condamnation des époux Le Guennec n'était que la «partie émergée de l'iceberg» de l'affaire.

Succession tumultueuse

Pierre Le Guennec, 77 ans, a travaillé comme électricien de 1970 à 1973 dans la villa du couple Picasso à Mougins, près de Cannes. Il avait affirmé que Jacqueline Picasso lui avait fait don des oeuvres. La dernière épouse du peintre serait, selon lui, entrée en conflit avec son beau-fils Claude après le décès de l'artiste en 1973, ouvrant la voie d'une succession tumultueuse.

Le couple Le Guennec a toujours déclaré ne pas avoir touché le carton jusqu'en 2009-2010, lorsqu'il a décidé de contacter les héritiers de Picasso. Il souhaitait faire authentifier les 180 oeuvres et le carnet contenant 91 dessins.

Les héritiers du maître ont certifié qu'il s'agissait d'oeuvres originales réalisées entre 1900 et 1932, n'ayant jamais été inventoriées au moment du décès de l'artiste en 1973. Leurs avocats ont rappelé que Pablo Picasso avait pour habitude de dédicacer et de signer les oeuvres qu'il offrait. Ils avaient aussi souligné que l'artiste ne faisait jamais don d'une telle quantité d'oeuvres.

(ats)

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