Actualisé 08.12.2017 à 06:27

HondurasRecomptage d'une partie des voix en vue

Le Honduras va recompter une partie des suffrages de son élection, alors que les manifestations ont continué jeudi.

Le tribunal électoral du Honduras a annoncé jeudi qu'il allait recompter les bulletins déposés dans plusieurs milliers d'urnes lors de l'élection présidentielle du 26 novembre dernier. Le dépouillement de ces urnes avait été entrecoupé d'une pause inexpliquée de 36 heures.

Avant l'interruption du processus, le candidat de l'opposition de gauche, Salvador Nasralla, était en tête. Après cette pause, son avance a fondu avant que le président sortant, Juan Orlando Hernandez (centre-droit), ne passe de peu en tête.

«C'est un processus que nous voulons entreprendre sous le regard du monde, et nous voulons convier la société civile», a déclaré le président du tribunal, David Matamoros lors d'une conférence de presse à Tegucigalpa. 4753 urnes sur un total d'environ 18'000 sont concernées.

L'Organisation des Etats américains (OEA) avait appelé à un recomptage de ces urnes litigieuses.

Fraudes dénoncées

Reste à savoir si l'opposition, qui a dénoncé des fraudes électorales, acceptera cette proposition alors que Nasralla a réclamé mercredi soir un nouveau dépouillement de toutes les urnes. Il a ajouté qu'il ne reconnaissait plus l'autorité du tribunal électoral et souhaite un recomptage des voix par des organismes internationaux indépendants.

Onze jours après le scrutin, les résultats n'ont toujours pas été proclamés au Honduras où le gouvernement a décrété samedi dernier l'état d'urgence pour faire face aux violences engendrées par les accusations de fraude électorale. Le couvre-feu a été progressivement levé dans douze des 18 départements du pays.

Et pour sortir de la crise l'OEA a même commencé à évoquer une nouvelle option, celle d'«un nouvel appel à des élections». Dans un communiqué commun, l'Argentine, le Chili, la Colombie, le Guatemala, le Mexique, le Paraguay, le Pérou, le Chili et l'Uruguay ont exprimé leur «soutien» à un examen global du processus électoral.

Manifestations

Jeudi, des milliers de sympathisants du président sortant ont défilé dans la capitale pour défendre «leur» victoire électorale. Selon la presse, ce défilé dans les rues de Tegucigalpa a rassemblé 10'000 participants. Dans le même temps, les sympathisants de l'Alliance de l'Opposition contre la Dictature (gauche), ont bloqué certains accès à la capitale en appui à leur candidat, le populaire présentateur de télévision Salvador Nasralla.

Certaines manifestations de l'opposition ont donné lieu à des affrontements avec la police et à de nouveaux pillages. Selon des organes de défense des droits de l'Homme, entre 11 et 13 personnes sont mortes dans des manifestations précédentes.

(AFP)

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