Polyhandicapée noyée dans son bain - Réduction de peine pour les éducateurs de Lavigny
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Polyhandicapée noyée dans son bainRéduction de peine pour les éducateurs de Lavigny

Condamnés en mars à 5 mois avec sursis pour homicide par négligence, les deux employés de l’institution vaudoise ont partiellement gagné en appel. Ils espéraient l’acquittement.

par
Evelyne Emeri
Les faits se sont déroulés le 21 juillet 2018 au sein de l’Institution de Lavigny (district de Morges), centre d’hébergement pour personnes en situation de handicap. Marie*, 52 ans, est morte noyée dans son bain. Il est reproché aux deux soignants de l’avoir laissée trop longtemps sans surveillance.

Les faits se sont déroulés le 21 juillet 2018 au sein de l’Institution de Lavigny (district de Morges), centre d’hébergement pour personnes en situation de handicap. Marie*, 52 ans, est morte noyée dans son bain. Il est reproché aux deux soignants de l’avoir laissée trop longtemps sans surveillance.

Facebook – Institution de Lavigny

Ont-ils laissé Marie*, 52 ans, lourdement handicapée, trop longtemps seule dans son bain au point qu’elle s’y est noyée bien que sanglée dans une cigogne? Oui, pour le Tribunal d’arrondissement de La Côte qui a condamné en mars dernier les deux éducateurs à 5 mois avec sursis pendant deux ans. Oui encore, pour le Tribunal cantonal (TC) auprès duquel ils ont recouru et qui vient d’admettre partiellement leur appel. L’objectif de la défense n’est toutefois pas atteint. À savoir un acquittement pur et simple de ses mandants.

Culpabilité confirmée

La Cour d’appel pénale s’écarte du jugement de première instance. Les juges cantonaux de l’Hermitage estiment aussi l’infirmier de 38 ans et l’éducateur de 31 ans coupables d’homicide par négligence, mais dans une moindre mesure. Aussi, ont-ils fixé leur sentence à des peines pécuniaires avec sursis pendant deux ans: respectivement 60 jours-amende à 100 francs pour le premier; et 90 jours-amende à 50 francs pour le second. Lors de l’audience d’appel, le procureur Julien Aubry avait, quant à lui, campé sur ses positions et requis le maintien du premier jugement.

«Des fusibles» au TF?

Un recours jusqu’au Tribunal fédéral (TF) n’est pas exclu de la part des deux collaborateurs visés. La défense attend le jugement motivé avant de se prononcer sur la question. Dans cette douloureuse affaire, la hiérarchie de ses clients n’a jamais été inquiétée, alors que des dysfonctionnements au sein de Lavigny ont été mis au jour au cours de l’instruction. Les avocats des deux employées, Me Regina Andrade Ortuno (pour l’infirmier) et Me Habib Tabet (pour l’éducateur) ont toujours considéré que «leurs clients étaient les fusibles des carences de l’organisation de l’institution». Et plaidé la thèse d’une violente crise d’épilepsie qui aurait donné à Marie la force de s’extraire de la cigogne (ndlr. le lève-personne).

Morte par noyade

La justice vaudoise reproche aux deux condamnés d’avoir fauté gravement et d’avoir abandonné Marie à son triste sort, la laissant sans surveillance durant près de 30 minutes dans la baignoire. Totalement dépendante, épileptique, clouée dans un fauteuil roulant, souffrant de déficience mentale et de divers autres troubles, elle était parvenue à s’extraire de la cigogne ce maudit samedi d’été de juillet 2018. Elle avait basculé en avant, la tête coincée dans les sangles qui devaient la maintenir, le visage dans l’eau. La malheureuse était morte par noyade.

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