24.08.2020 à 06:03

InterviewReese Witherspoon: «Enfin le pouvoir aux femmes!»

De Nicole Kidman à Jennifer Aniston, c’est avec l’aide de ses copines que Reese Witherspoon est devenue l’une des productrices les plus influentes de Hollywood. À 44 ans, elle déborde de projets, alors que sa série «Big Little Lies» est diffusée à partir de ce mardi soir sur TF1.

par
Henry Arnaud
L’actrice veut devenir «le mentor d’une nouvelle génération de femmes qui prendront les rennes du septième art».

L’actrice veut devenir «le mentor d’une nouvelle génération de femmes qui prendront les rennes du septième art».

Daniele Venturelli/WireImage/GettyImages

Après HBO et OCS, «Big Little Lies» est diffusé sur TF1. Comment expliquer ce phénomène?

Notre série suit la vie d’un groupe de femmes, de mères, d’épouses avec une grande qualité de dialogues du génie David E.Kelley. Avec Jean-Marc Vallée à la mise en scène et une distribution prestigieuse, la série à la force d’un grand film. Je n’ai jamais été aussi fière sur un plateau en étant aux côtés de grandes actrices comme Nicole Kidman ou Meryl Streep.

Vous produisez de plus en plus de projets pour la télévision. Pourquoi?

Entre Apple TV, HBO et les autres services de streaming, il y a de plus en plus d’opportunités pour moi d’être à l’origine de mes projets. J’ai, par exemple, acheté l’option des droits pour adapter le roman «Little Fire Everywhere» qui est l’histoire géniale du destin croisé de deux mamans que tout semble opposer (ndlr: disponible en Suisse sur Amazon Prime Video). J’ai proposé à ma copine Kerry Washington d’être ma partenaire mais aussi coproductrice. Je trouve capital que des actrices comme nous deux, qui avons des décennies d’expérience à l’écran, puissions aussi diriger la production. Fini le temps où une comédienne n’avait pas le droit de donner son opinion et devait juste apprendre ses dialogues puis sourire à la caméra. Enfin le pouvoir aux femmes!

Quelle est votre raison pour proposer à vos partenaires d’être coproductrice avec vous, comme Jennifer Aniston pour la série «Morning Show»?

Je n’ai aucun problème d’ego. Cela ne m’intéresse pas d’être la boss sur un plateau. Je préfère collaborer en équipe. Pour «Morning Show», Jennifer et moi avons participé activement aux réunions d’écriture mais aussi de budget ou réalisation. Que cela soit Kidman ou Aniston, je bosse avec mes amies. Cela ne veut pas dire que nous sommes toujours d’accord sur tout, mais chaque discussion se termine par un accord bénéfique pour le tournage.

À quand la saison 2 de «Morning Show»?

Tout est prêt. Il ne reste qu’à trouver le bon timing pour reprendre nos rôles de journalistes animatrices du plus grand show TV du matin aux USA. Montrer le drame dans les coulisses de ce programme et avoir deux femmes au lieu d’un gars comme star a contribué à l’évolution des mentalités.

Vous avez encore plus de succès qu’auparavant depuis que vous produisez vos projets…

Si vous saviez à quel point cela est ironique. A la trentaine, j’ai entendu les patrons de Hollywood me dirent que je devais refuser de jouer une maman à l’écran car cela allait casser ma carrière. Tous ces hommes disaient qu’une actrice doit faire rêver, paraître jeune le plus longtemps possible pour rester une ingénue. Moi, je suis mère depuis l’âge de 23 ans et j’ai toujours voulu montrer cela au cinéma. J’avais déjà 3 enfants à 36 ans. Mais c’est similaire pour les hommes. Il y a énormément d’histoires de pères qui seraient intéressantes à voir à l’écran au lieu de cantonner les acteurs aux rôles de super-héros ou d’éternels séducteurs. Le cinéma est en train de perdre son intérêt pour beaucoup d’artistes aux profits des nouveaux modes de diffusions sur petit écran.

Avec ma compagnie, mon but est de faire entendre la voix des femmes.

Reese Witherspoon

En quoi est-ce que les chaînes du câble ou de streaming sont plus attirantes pour vous?

Durant des années, il y avait tellement peu de films pour des actrices que j’ai créé ma société de production en investissant mon argent personnel car aucun patron n’a voulu m’aider. Il m’a fallu trouver les livres à adapter et m’entourer d’une équipe. La télé est le reflet de la société dans laquelle nous vivons alors que le cinéma s’est lancé dans une course aux super-héros. L’arrivée de tous ces nouveaux moyens de consommer du petit écran est une opportunité énorme pour moi de raconter des histoires de femmes qui sont produites par des femmes. Il faut s’impliquer en politique pour faire changer les choses mais la culture est un moyen plus subtil de faire passer des messages.

Quels sont vos projets de productrice?

Avec ma compagnie «Hello Sunshine», mon but est de faire entendre la voix des femmes, quelle que soit leurs couleur de peau ou orientation sexuelle. Je veux développer cela sur toutes les plateformes, câble, streaming mais aussi les réseaux sociaux ou encore YouTube. Chaque été, nous sélectionnons 20 filles pour leur apprendre les ficelles de Hollywood dans l’écriture, la réalisation ou le montage par exemple. J’espère devenir le mentor d’une nouvelle génération de femmes qui prendront les rennes du septième art.

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3 commentaires
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Avec ma femme, cest encore gratuit

25.08.2020 à 11:17

Il est bien loin le bon vieux temps où un cuissot de mammouth suffisait a faire briller les yeux des femelles de notre espèces. Seraient elles tombées dans le déni du devoir de respect envers ceux qui ont aussi contribués à l'expansion et l'évolution des humains?

Etasseur

24.08.2020 à 08:20

Je remarque que ces féministes ne disent jamais : enfin l'égalité entre hommes et femmes mais plutôt enfin le pouvoir aux femmes! En clair elles ne veulent pas corriger une inégalité elles veulent en reproduire une autre sur le modèle précédent en pensant qu'il est plus juste puisqu'il est en leur faveur. Quoi qu'elles disent on ne corrige pas une injustice par une autre injustice

yessss

24.08.2020 à 06:23

... merci aux femmes d aborder... perso j ose plus... donc svp n hesitez pas!