Refuser les verrées n’est pas un motif de licenciement

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FranceRefuser les verrées n’est pas un motif de licenciement

Un employé qui ne voulait pas participer aux très nombreux apéros organisés par sa société a été viré. La justice a jugé que sa liberté d’opinion avait été bafouée.

par
Michel Pralong
Dans le cabinet, c’était apéro (très arrosé) toutes les fins de semaine.

Dans le cabinet, c’était apéro (très arrosé) toutes les fins de semaine.

Getty Images/iStockphoto

L’homme est considéré par son employeur comme rigide, manquant d’écoute, cassant avec ses subordonnés et n’acceptant pas le point de vue des autres. Mais ce n’est pas le principal reproche que lui fait ce cabinet parisien de conseil et de formation: son employé est surtout quelqu’un de pas drôle, qui refuse la culture «fun et pro» de sa boîte.

Pro, cette société l’est-elle, on ne sait pas, mais fun, certainement. Elle entretient un véritable culte de l’apéro, comme l’ont constaté les juges de la Cour de cassation qui se sont penchés sur un licenciement que l’employé estime abusif. Car dans ce cabinet, il fallait participer aux séminaires et pots de fin de semaine qui étaient très arrosés. Cela ressemblait même à du bizutage, la cour parlant de «pratiques humiliantes et intrusives dans la vie privée telles que des simulacres d’actes sexuels, l’obligation de partager son lit avec un autre collaborateur lors des séminaires, l’usage de sobriquets pour désigner les personnes et l’affichage dans les bureaux de photos déformées et maquillées», comme l’écrit France info.

Bref, on sait rire dans ce cabinet, mais cela peut ne pas être du goût de tout le monde. L’employé en question a refusé de se livrer à de telles pratiques et s’est fait virer pour cela. La Cour de cassation a annulé en partie ce licenciement, considérant que l’employé avait exercé sa liberté d’opinion et d’expression. Le cabinet a été condamné à verser 3000 euros à son ancien employé, mais il reste encore à trancher une demande de ce dernier qui réclame plus de 400 000 euros de licenciement. Et là, c’est le cabinet qui ne trouve pas cela très drôle.

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