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TurquieRegain de violence en pleine campagne présidentielle

De nouvelles violences policières ont ravivé la colère contre le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan, en pleine campagne présidentielle. Les décès de deux personnes à Istanbul ont mis le feu aux poudres.

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Les médias étrangers «n'ont rien à voir avec la liberté de la presse. Ils ont une mission, ils agissent comme des espions», a insisté mardi Recep Tayyip Erdogan. «Les médias internationaux qui sont arrivés à Istanbul pour lancer des appels provocants et exagérés sont repartis bredouilles.» (3 juin 2014)

Les médias étrangers «n'ont rien à voir avec la liberté de la presse. Ils ont une mission, ils agissent comme des espions», a insisté mardi Recep Tayyip Erdogan. «Les médias internationaux qui sont arrivés à Istanbul pour lancer des appels provocants et exagérés sont repartis bredouilles.» (3 juin 2014)

Keystone
La police est intervenue dimanche à Ankara, pour disperser quelque 500 personnes place Kizilay, dans le centre de la capitale turque.(1er juin 2014).

La police est intervenue dimanche à Ankara, pour disperser quelque 500 personnes place Kizilay, dans le centre de la capitale turque.(1er juin 2014).

AFP
La police est intervenue dimanche à Ankara, pour disperser quelque 500 personnes place Kizilay, dans le centre de la capitale turque.(1er juin 2014).

La police est intervenue dimanche à Ankara, pour disperser quelque 500 personnes place Kizilay, dans le centre de la capitale turque.(1er juin 2014).

AFP

Les forces de l'ordre ont tiré en l'air à balles réelles dans le quartier populaire Okmeydani à Istanbul, avant de viser les protestataires antigouvernementaux pour les disperser, ont rapporté des témoins.

Peu avant minuit jeudi, le gouverneur de la ville d'Istanbul a annoncé la mort d'une première victime, âgée de 30 ans. L'homme qui se trouvait aux funérailles d'un proche, et dont la participation aux manifestations n'a pas été établie, a reçu une balle en pleine tête tirée par la police qui tentait de disperser les manifestants.

L'annonce de son décès a mis le feu aux poudres et jeté dans les rues de la mégalopole des centaines de personnes qui ont affronté toute la nuit les forces de l'ordre.

Ambiance électrique

Au cours de ces incidents nocturnes, dix personnes dont huit policiers ont été blessés. L'une des victimes a succombé à ses blessures, portant à deux le nombre de morts en moins de 24 heures.

A la mi-journée, de nouveaux incidents sporadiques se sont déroulés à Okmeydani. Une dizaine de manifestants s'en sont pris à une voiture de police dont les occupants ont fait usage de leurs armes pour disperser le groupe.

En fin d'après-midi, plus de 10'000 personnes étaient rassemblées pour une cérémonie en hommage à la première victime de la violence policière. «Etat meurtrier», «Vous allez nous rendre des comptes !», criait la foule peu avant le début de la cérémonie à Okmeydani.

Enquête ouverte

Une enquête pour déterminer les circonstances des tirs et retrouver l'auteur du coup de feu mortel a été ouverte. Vingt armes de service des policiers ont été saisies pour des analyses balistiques.

Le pays n'avait pas connu une telle violence depuis les grandes manifestations du printemps dernier. Parties de la défense du parc Gezi, à Istanbul, elles s'étaient transformées en une contestation inédite du Premier ministre Erdogan et de son Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir depuis 2002.

L'accident dans la mine de charbon de Soma (ouest de la Turquie) la semaine dernière, dans laquelle 301 mineurs sont décédés, a ravivé la colère de la population contre le gouvernement.

«Terroristes»

Les pouvoirs publics et l'entreprise Soma Holding sont accusés d'avoir négligé la sécurité des mineurs et d'avoir manqué d'empathie à l'égard des victimes. Le propriétaire de la mine est mis en cause pour avoir privilégié le rendement de l'entreprise au détriment des conditions de sécurité des mineurs.

Les nouvelles violences qui se déroulent depuis deux jours à Istanbul surviennent dans un contexte de campagne électorale. Dans un discours, Recep Tayyip Erdogan, pris à partie par la rue et l'opposition depuis un an, a accusé vendredi les manifestants d'être des «terroristes» prêts à «diviser le pays comme en Ukraine».

A quelques jours de l'anniversaire le 28 mai des manifestations de la place Taksim, la police, sur le qui-vive, dresse un peu partout des barrages dans les grandes villes pour empêcher tout rassemblement et procède à de nombreuses interpellations. Huit personnes sont mortes et plus de 8000 ont été blessées lors du mouvement antigouvernemental de juin dernier.

(ats)

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