Beauté: Rencontre avec Ludo Lee, le coiffeur suisse des stars
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BeautéRencontre avec Ludo Lee, le coiffeur suisse des stars

Au Festival de Cannes, le Zurichois a signé de nombreux looks lors de la montée des marches, notamment ceux de Michelle Rodriguez et d’Uma Thurman.

par
Christophe Pinol
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Mariah Carey avec Ludo Lee

Mariah Carey avec Ludo Lee

Il a aussi coiffé Kendall Jenner

Il a aussi coiffé Kendall Jenner

Son souvenir le plus mémorable est avec Eva Longoria.

Son souvenir le plus mémorable est avec Eva Longoria.

Établi à Zurich, où il tient son propre salon de coiffure, Ludo Lee passe pourtant le plus clair de son temps à voyager à travers le monde. De New York pour la Fashion Week, à Los Angeles et ses Golden Globes, en passant par la montée des marches à Cannes, il coiffe les stars pour les tapis rouges les plus glamours. Ses clientes? Kendall Jenner, Eva Longoria, Mariah Carey, Heidi Klum ou encore Miranda Kerr. En quelques années, ce jeune coiffeur de 33 ans, originaire du Kosovo, a su s’imposer en douceur dans le milieu. Nous l’avons rencontré dans un café cannois où il nous a expliqué son rapport avec les célébrités et les riches de ce monde.

Pourquoi étiez-vous à Cannes?

Principalement pour le gala de l’amfAR ( ndlr: soirée qui réunit le gratin de Hollywood afin de récolter des fonds pour la recherche contre le sida). On y trouve les plus belles filles du monde et cette année ils ont récolté 50 millions de dollars. Le mari d’une de mes clientes, Rolando Lekaj, qui a fait fortune dans la mode, a notamment fait don de 1,6 million pour faire la bise aux tops de Victoria’s Secret présentes. Mais Cannes a beaucoup changé.

Dans quel sens?

Avant, le festival était surtout fréquenté par des stars. Aujourd’hui, les milliardaires chinois ou russes ont pris le dessus. Ce sont ces gens qui apportent de l’argent aux hôtels. Ils sont capables de dépenser 50 000 dollars par jour. Si vous les avez comme clients, vous êtes le roi et les hôtels vous font des ponts d’or.

Et du côté des stars, avec qui travaillez-vous?

Mariah Carey, Uma Thurman que j’ai coiffée de manière très simple pour la montée des marches, l’an passé, quand elle était membre du jury, avec juste quelques boucles. Michelle Rodriguez aussi, que j’ai retrouvée sur les marches, cette année, quelques jours avant l’amfAR. Elle m’a demandé si j’avais du temps pour elle. Elle est d’une simplicité désarmante, très amicale.

Depuis combien de temps coiffez-vous les stars à Cannes?

J’ai commencé en 2011. Un ami coiffeur qui travaillait au festival pour Chopard m’avait invité pour voir comment ça se passait. Je bossais dans un salon depuis 20 ans, mais Cannes m’a totalement révélé et fait de moi un autre homme: je me suis soudainement mis à croire en moi et à trouver au contact des stars un courage et une audace que je n’avais pas auparavant! Mais plus que les stars ou les top models, c’est avec ces gens fortunés que j’ai le plus appris.

Pourquoi dites-vous cela?

Les tops, c’est simple, elles ne font même pas attention à vous quand vous les coiffez. Elles sont sur leur iPhone et ne vous adressent pas la parole. Les riches de ce monde, eux, acceptent que vous vous immisciez un peu dans leur vie privée. Ils ont besoin de quelqu’un à qui parler, à qui confier leurs problèmes de couple, de famille… Ils attendent que vous leur donniez de la chaleur, des émotions, que vous vous intéressiez à eux.

Quel est le secret d’un bon coiffeur?

Les relations et le dialogue que l’on a avec les gens! Bien sûr, il faut faire du beau boulot, mais le plus important reste la confiance. Ces célébrités adorent quand vous leur dites que vous allez les sublimer. Il faut savoir leur passer la pommade sans trop en faire. Tout en restant honnête avec eux et avec soi-même.

Vos clientes ont-elles une idée précise de la manière dont elles veulent être coiffées quand elles arrivent entre vos mains?

En général non. Elles cherchent avant tout la simplicité, le côté naturel.

Quel est votre plus beau souvenir à Cannes?

Lorsque j’ai coiffé Eva Longoria en 2017. Je voulais lui couper la frange en sachant qu’en général les stars n’aiment pas les changements trop radicaux parce qu’elles ont leur coiffeur attitré. Elles sont surtout là pour qu’on leur arrange simplement les cheveux. J’ai fini par la convaincre et, très vite, j’ai vu qu’elle n’aimait pas le résultat. Tout son visage exprimait sa déception. Même ses assistants lui disaient que ce n’était pas terrible.

Avez-vous réussi à rattraper le coup avec elle?

Je lui ai demandé de laisser mûrir la chose quelques jours. Et elle m’a appelé pour me dire à quel point elle en était finalement contente. Après, quand vous voyez des photos d’elle, où elle met en valeur votre travail, vous êtes fier de vous.

Vous vivez depuis 26 ans en Suisse. En quoi ce que vous avez appris ici est important dans votre travail?

J’ai beaucoup appris en étant ambassadeur pour Schwarzkopf. Quand je me présente à de potentiels clients, je dis toujours que je suis Suisse. Souvent, c’est déjà gagné. Vous n’imaginez pas à quel point les gens fortunés aiment Zurich. Ils en sont fous! Tout simplement parce que la Suisse représente la qualité, le savoir-faire et l’argent, bien entendu!

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