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Genève internationaleRénover le Palais des Nations pour économiser

La rénovation du Palais des Nations à Genève permettra d'économiser 48 millions de francs par an grâce notamment à une baisse des coûts énergétiques.

Palais Nations à Genève.

Palais Nations à Genève.

ARCHIVES, Keystone

L'ONU espère avoir finalisé les plans de la rénovation fin 2015 et signé les contrats avec les entreprises en 2016.

A long terme, les frais du chantier évalués à 837 millions devraient ainsi être partiellement couverts par les économies faites grâce à une baisse des coûts énergétiques.

«Par contre, toute année de retard provoquera une escalade des coûts», a averti jeudi le chef de l'administration de l'ONU à Genève Clemens Adams. Il présentait à la presse le dernier état d'avancement des travaux, qui s'étaleront au moins jusqu'en 2023.

Une meilleure utilisation de l'espace, la baisse des coûts énergétiques, le rapatriement d'employés localisés à l'extérieur du Palais seront des conséquences tangibles de la rénovation. En outre, l'environnement de travail sera plus sain et plus moderne, a fait valoir Clemens Adams.

Objectif: rapatrier 700 employés

Des Etats membres ont fait pression pour une utilisation plus rationnelle de l'espace, par exemple en aménageant des bureaux ouverts au lieu de bureaux individuels, a-t-il indiqué. L'ONU espère ainsi dégager 700 places de travail supplémentaires au Palais des Nations, où oeuvrent pour l'instant 2800 fonctionnaires.

Environ 1300 employés dépendant du secrétariat de l'ONU travaillent actuellement en dehors de l'enceinte. Le Palais Wilson, où se trouvent 700 employés du Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme, coûte très cher, a expliqué Francesco Savarese, actuel responsable du plan de rénovation du siège européen de l'ONU.

Rapatrier ces employés permettrait d'économiser en frais de sécurité et en loyers. A ces gains, s'ajouteront des économies sur les dépenses d'énergie, estimées à 20% des dépenses actuelles.

Présence d'amiante

L'ONU espère avoir finalisé les plans de la rénovation fin 2015 et signé les contrats avec les entreprises en 2016. La construction d'un nouveau bâtiment, destiné à accueillir le personnel déplacé par les travaux, devrait commencer en 2017, a précisé Clemens Adams.

Le bâtiment plus moderne, construit en 1973 et qui jouxte le Palais achevé en 1936, sera démantelé à grands frais, en raison de la présence d'amiante dans ses cloisons. L'ONU va créer prochainement un fonds spécial destiné à recueillir l'argent du secteur privé pour compléter les contributions des Etats.

Le chef de l'administration n'a pas caché que le budget de 837 millions de francs pour l'ensemble des travaux est encore approximatif. «Il y a un fort niveau d'incertitude», a-t-il dit.

Beaucoup d'Etats craignent un dépassement, comme ce fut le cas pour le siège de New York. «Il faudra s'assurer que l'ONU puisse continuer de fonctionner, un vrai casse-tête», a noté Clemens Adams.

Les 50 millions de la Suisse dépensés

L'Assemblée générale de l'ONU a dégagé en décembre dernier un crédit de 15 millions pour les premières études et recruter 12 personnes cette année. Pour 2015, l'ONU aura besoin de 20 millions supplémentaires.

Les 50 millions de francs donnés par la Suisse il y a deux ans pour entreprendre les premiers travaux de rénovation du Palais des Nations ont été entièrement dépensés, a indiqué Clemens Adams. Ce montant a permis de remplacer 1064 fenêtres, d'installer 2500 m2 de panneaux solaires et d'isoler 6700 m2 de toiture.

«Ces fonds ont été très utiles pour montrer aux gouvernements que l'on peut réduire les coûts de fonctionnement et que leur argent sera bien employé», a souligné le chef de l'administration.

Des travaux urgents se poursuivent dans le cadre du budget régulier de l'ONU: remplacement du toit en verre de la salle des Assemblées - en cas d'explosion, il aurait pu se briser sur les délégués - changement des canalisations, rénovation des toilettes, en particulier pour l'accès des personnes handicapées.

(ats)

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