Football - Renzetti reste à la tête du FC Lugano après un sacré feuilleton
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FootballRenzetti reste à la tête du FC Lugano après un sacré feuilleton

La passation de pouvoir à de nouveaux investisseurs battait de l’aile au FC Lugano. Finalement, Angelo Renzetti renonce à la vente et restera actionnaire majoritaire.

par
Thibaud Oberli
Angelo Renzetti en train d’assister à un match entre Lucerne et Lugano la saison dernière.

Angelo Renzetti en train d’assister à un match entre Lucerne et Lugano la saison dernière.

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Les entraînements ont recommencé lundi pour les joueurs du FC Lugano, sans leur nouvel entraîneur Abel Braga, ni les beaux renforts annoncés. Un épais brouillard planait sur l’avenir, notamment avec l’arrivée de discrets investisseurs nommés Thyago Rodrigo De Souza et Giammarco Valbusa. Face à l’inextricabilité de la situation, le président Angelo Renzetti a annoncé mardi devant la presse qu’il renonçait à la vente.

«Je ne veux pas de la mort de Lugano.»

Angelo Renzetti, plein d’émotion en conférence de presse

C’est un véritable feuilleton qui a poussé le président à garder la mainmise sur le club, bien qu’il clamait vouloir le vendre depuis deux ans. Dimanche, invité sur «EcoTV», Angelo Renzetti a mis le feu aux poudres en déclarant qu’il n’avait pas vu un centime de la vente de ses actions. Selon «Blick», le montant de celle-ci devait s’élever à 5 millions de francs. Il a encore lâché: «J’espère que je ne suis pas tombé dans une arnaque», ce qui n’était pas pour calmer les observateurs.

Pas de licence

Lundi, une conférence de presse organisée par le club avait tout l’air d’une manœuvre pour tenter de calmer les esprits et donner des garanties. Mais si Leonid Novoselskiy, qui devait devenir actionnaire minoritaire à hauteur de 40%, a usé beaucoup de salive, peu d’informations étaient à même de rassurer son auditoire. L’absence du futur propriétaire n’a rien arrangé.

Du point de vue administratif, on peut souligner que le Registre du commerce avait officialisé l’entrée de Thyago De Souza, ainsi que celle de Giammarco Valbusa, qui devait devenir le PDG du club. Cependant, la SFL prévoit un contrôle d’intégrité lorsque les actions d’un club changent de main. Si les garanties nécessaires ont subi le même sort que l’argent dû à Angelo Renzetti, la SFL n’en a pas vu la couleur.

Face à la situation, selon le «Corriere Del Ticino», Angelo Renzetti aurait d’abord envisagé de garder 60% de ses actions pour laisser plus de temps aux nouveaux arrivés. Mais, après une réunion mardi entre les actionnaires, il en a été décidé autrement. «Le FC Lugano SA annonce la révocation immédiate des administrateurs Thyago Rodrigo de Souza et Giammarco Valbusa», pouvait-on lire dans un communiqué du club.

Quel avenir?

Mardi soir, Angelo Renzetti s’est présenté devant la presse pour éclaircir la situation et parler de l’avenir du club. Comme le relaie le «Corriere Del Ticino», le président a commencé par s’excuser pour avoir mené des négociations sans disposer des garanties nécessaires. Il annonce aussi des temps compliqués pour le club: «En ce moment, les choses sont devenues beaucoup plus difficiles ici, tant au niveau organisationnel, moral qu’économique.»

Quant à l’équipe, difficile pour le moment de faire des projections. Deux gros contrats ont retenu l’attention, celui d’Abel Braga et celui de l’ancienne star de Chelsea Demba Ba. Renzetti souhaite les conserver, mais plusieurs points restent à clarifier et pourraient peser lourd dans les négociations. Sans le dévoiler, il souligne tout de même avoir un coach en tête s’il est amené à se séparer d’Abel Braga.

«Reconstruire quelque chose»

Une chose est sûre selon Renzetti, c’est qu’il faudra faire des efforts financiers. Il précise aussi que beaucoup de joueurs sont à l’essai et devront rentrer chez eux. Les prêts sont vus comme une manière de se composer un effectif compétitif en ces temps difficiles. La masse salariale des joueurs devrait en prendre un coup. En son absence, il précise aussi que des licenciements ont eu lieu dans le secteur de la formation.

Quant à sa relation et sa collaboration avec Leonid Novoselskiy, qui s’occupe notamment de la formation et qui devait reprendre le club a hauteur de 40%, elle risque bien d’être terminée «J’ai vu un Novoselskiy différent aujourd’hui. Je suis désolé, car c’est une personne qui m’a aidé et que je respecte. Mais il y a eu ces problèmes et notre relation a changé. Mais on s’est regardé et on s’est dit que Lugano passe avant tout.»

L’heure est maintenant à la préparation de la future saison et le président se refuse à formuler des objectifs sportifs: «Maintenant, le but est de reconstruire quelque chose», soulignait-il. En tout cas l’émotion était forte dans la salle de presse du Cornaredo: «Nous devons gravir une montagne, mais je suis là. En octobre cela fera onze ans que je suis à la tête de ce club, je ne voudrais jamais que ça finisse mal. Je vais y mettre les efforts.»

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