Record: Repensé, allégé, le roadster Mazda MX-5 a tout pour plaire

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RecordRepensé, allégé, le roadster Mazda MX-5 a tout pour plaire

Dans quelques mois, le millionième roadster MX-5 aura trouvé preneur. Il pourra entrer dans le Livre Guinness des records. Ses débuts furent hasardeux.

par
Gil Egger
Le Mazda MX-5, un roadster au design réussi.

Le Mazda MX-5, un roadster au design réussi.

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Une voiture me dépasse par la gauche, ralentit pour se ranger derrière moi, me dépasse par la droite. Quel est ce jeu? Deux jeunes visages, sourire jusqu'aux oreilles, admirent mon roadster rouge MX-5, décapoté, et lèvent le pouce. Incontestablement, les designers ont réussi leur coup et je lève le pouce à mon tour. Pourtant, quand Mazda imagina cette forme de carrosserie voici vingt-six ans, tous les constructeurs avaient abandonné l'idée, même les Anglais, autrefois champions du genre. Bien sûr, il reste bien des roadsters, mais dans des segments autrement plus luxueux.

Une refonte complète

La quatrième génération a repris les bases pour les repenser de fond en comble. Dans des dimensions identiques, le conducteur s'assied 20 mm plus bas, 15 mm plus près du centre. La structure a perdu 100 kilos, ce n'est pas rien. L'ergonomie tourne autour du poste de conduite, tout est accessible sans décoller le dos du dossier du siège. D'ailleurs, il vaut mieux rester bien calé quand on roule sur des parcours peu fréquentés, sinueux, un peu poussiéreux. Le centre de gravité semble avoir été placé juste sous le levier de vitesse. L'équilibre des masses, grâce à une position légèrement reculée du moteur, est juste parfait: 50/50 entre l'avant et l'arrière. Dire que l'on s'amuse au volant du roadster MX-5 est un euphémisme. C'est une machine à procurer du plaisir diabolique. Au point qu'il convient de se souvenir de regarder son compteur pour ne pas exagérer. Le freinage est si puissant que les pneus couinent et que… les boissons ne tiennent pas dans leur support. Reprenons notre calme!

Une histoire à rebondissements

La naissance du roadster date d'avant 1989, année de sa sortie officielle. Mazda, petit constructeur, cherche des moyens de se distinguer. Il le fit avec parfois des solutions hasardeuses, comme ses investissements lourds dans le moteur à piston rotatif. A la suite d'une interview, le directeur technique Kenichi Yamamoto demanda au journaliste ce que la marque devrait produire. Bob Hall, éditeur d'Automotive News, répondit: un roadster sportif, léger, comme ceux des années 1950 et 1960. Les ingénieurs caressèrent l'idée en parallèle de leur travail. Nous étions en 1979, M. Yamamoto devint président de Mazda quelques années plus tard et confirma l'idée.

Actuellement, ce ne sont pas les chiffres de vente qui sont les plus importants. Grâce au roadster, le constructeur s'est forgé une image de sympathie, de dynamisme, incomparable. Pour la quatrième génération, le MX-5 revient aux fondamentaux, retenant l'essentiel: le plaisir des yeux, le plaisir de conduire et un prix abordable. De manière piquante, cette génération nous a été présentée par un autre Yamamoto, Nobuhiro, directeur du programme. Il travaille depuis quarante ans chez Mazda et a consacré les vingt-cinq dernières années au roadster. Il rappelle que la légèreté, caractéristique de ces petits bolides, n'est plus aussi facile à obtenir avec les normes actuelles de sécurité. Les ingénieurs ont pourtant réussi à économiser un quintal par rapport à la génération précédente.

Deux versions

Deux moteurs peuvent être installés: des quatre cylindres de 1,5 l et 131 ch, de 2 l et 160 ch. En Suisse 80% des ventes devraient se concentrer sur le second. La nouvelle identité visuelle, le cockpit clair, bien équipé en technologie de connectivité, s'adresse autant aux hommes qu'aux femmes, alors que la proportion penchait du côté de ces dernières.

L'un des patrons du design, Jo Stenuit, est venu raconter les détails auxquels il fallait penser. Pour affiner les phares, la technologie LED s'imposait. Pour asseoir la silhouette, des porte-à-faux courts et un long capot devaient pouvoir être réalisés. Les jantes ont huit rayons, ce sont quelques centaines de grammes de gagnés, elles ont quatre écrous au lieu de cinq, ces détails ont occupé l'esprit des concepteurs tout au long du processus. Gagner 100 kilos, tout en ajoutant de l'équipement, c'était une gageure. A voir les regards admiratifs, le pari est gagné. Car, une fois qu'on a goûté à l'agilité du nouveau MX-5, plus besoin d'arguments, la tête au soleil et les yeux sur les virages à venir vous collent le sourire pour la journée…

Mazda MX-5 2-0?l Skyactiv Revolution

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