19.06.2016 à 21:06

Reprise à Daech, Fallouja est un «désastre humanitaire»

Sous 42°C, des milliers de civils irakiens continuaient dimanche de fuir Fallouja.

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L'Iran a arrêté 27 personnes soupçonnées de préparer des attentats. (7 août 2017)

L'Iran a arrêté 27 personnes soupçonnées de préparer des attentats. (7 août 2017)

archive/photo d'illustration, AFP
La Royal Air Force bombarde une base de l'EI. Deux avions britanniques ont participé à un bombardement de la coalition lundi contre un ancien palais de Saddam Hussein, devenu l'un des quartiers généraux de Daech ainsi qu'un centre d'entraînement pour terroristes étrangers», explique le ministère britannique dans un communiqué. (3 août 2016)

La Royal Air Force bombarde une base de l'EI. Deux avions britanniques ont participé à un bombardement de la coalition lundi contre un ancien palais de Saddam Hussein, devenu l'un des quartiers généraux de Daech ainsi qu'un centre d'entraînement pour terroristes étrangers», explique le ministère britannique dans un communiqué. (3 août 2016)

DR/Twitter
Selon les renseignements kényans, une centaine de Kényans ont rejoint les rangs de l'EI en Libye et en Syrie.

Selon les renseignements kényans, une centaine de Kényans ont rejoint les rangs de l'EI en Libye et en Syrie.

DR/Photo d'illustration, AFP

Au moins 30'000 personnes ont fui les combats en trois jours, rejoignant les dizaines de milliers déjà déplacées, selon le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC). Et des milliers d'autres sont toujours bloquées à l'intérieur de la ville, dont des femmes enceintes, des personnes malades, âgées ou handicapées.

Le NRC, qui gère les camps de déplacés autour de Fallouja, est submergé par l'afflux massif de civils, dont certains dorment en plein air tandis que les combats se poursuivent entre forces irakiennes et djihadistes du groupe Etat islamique (EI).

«Nous implorons le gouvernement irakien de prendre en charge cette catastrophe humanitaire qui se déroule sous nos yeux», a déclaré le directeur du NRC pour l'Irak, Nasr Muflahi. L'ONG a averti qu'elle ne pouvait plus fournir l'assistance nécessaire, avec un déficit de rations d'eau, alors que les conditions sanitaires deviennent de plus en plus précaires.

Avancée des troupes irakiennes

Selon le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), 84'000 personnes ont été forcées de fuir leurs maisons depuis le début de l'offensive lancée le 23 mai avec le soutien aérien de la coalition dirigée par les Etats-Unis. «Les agences se démènent pour répondre à la situation qui évolue rapidement et nous nous préparons à un nouvel exode massif dans les prochains jours», a averti le HCR.

Cet exode a été provoqué par l'avancée des forces irakiennes qui ont repris jeudi à l'EI le contrôle de plusieurs zones du centre de Fallouja, à 50 km à l'ouest de Bagdad. Des milliers de civils, qui étaient jusque-là pris au piège et parfois utilisés comme boucliers humains par l'organisation ultraradicale sunnite, ont alors pu quitter la ville. Le Premier ministre Haider al-Abadi a promis de fournir un soutien aux déplacés.

Les forces irakiennes s'efforcent toujours de déloger les combattants de l'EI de leurs dernières poches de résistance dans le centre de Fallouja, mais elles restent menacées par les tirs de snipers, les voitures piégées et les engins explosifs laissés par les djihadistes.

Des explosions, attentats-suicide et pilonnages au mortier continuent de rythmer le quotidien des habitants et les quartiers nord étaient toujours le théâtre d'affrontements dimanche.

Démenti russe

Des responsables du Pentagone ont par ailleurs exprimé «leurs vives préoccupations à propos de l'attaque contre des forces anti-Etat islamique soutenues par la coalition dans la garnison d'Al-Tanaf», un point de passage entre la Syrie et l'Irak.

Quelques heures plus tard, le porte-parole du ministère russe de la Défense Igor Konachenkov a démenti que la Russie avait bombardé des zones où se trouvaient des rebelles syriens soutenus par les Etats-Unis.

«La cible qui a été bombardée était située à plus de 300 km de la zone» indiquée par les Etats-Unis, a déclaré M. Konachenkov, affirmant que l'armée de l'air russe était intervenue «dans le cadre des procédures convenues» et qu'elle avait averti à l'avance la coalition internationale des cibles visées.

Le Pentagone s'est par ailleurs dit préoccupé d'une visite surprise du ministre russe de la Défense Sergueï Choïgu au président syrien Bachar el-Assad à Damas pour discuter d'une coopération militaire «pour combattre les organisations terroristes sur le sol syrien».

M. Konachenkov a également accusé dimanche aux Etats-Unis de ne pas fournir les coordonnées des zones où combattent les rebelles syriens qu'ils soutiennent, ce qui «ne permet pas à l'armée de l'air russe d'agir avec précision».

Sur le terrain

Les forces progouvernementales syriennes, appuyées par l'aviation de la Russie, ont progressé dimanche vers la localité de Tabqa (nord) et son aéroport militaire contrôlés par l'EI, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Les gardes-frontières turcs ont par ailleurs abattu onze Syriens, membres de la même famille pour la plupart, qui tentaient de pénétrer en Turquie en provenance du nord-ouest de la Syrie, rapporte l'OSDH.

(ats)

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