Football - Reprise de Promotion League: un article qui dérange
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FootballReprise de Promotion League: un article qui dérange

Le championnat de troisième division, qui redémarre mercredi, court le risque d’être invalidé si les ligues inférieures ne peuvent pas reprendre. Inquiétudes.

par
Florian Vaney
Jean-Luc Auboeuf

Jérémy Manière doit commencer à avoir les oreilles qui sifflent. Le nouveau directeur administratif de la Première Ligue se plaît dans son rôle, mais il s’est transformé en centre névralgique des inquiétudes de bien des clubs. En cause, un chiffre: 8. Huit comme l’article 8 (bis) du règlement de l'Association suisse de football. Celui qui fait pointer la menace d’un chaos similaire à l’anarchie du printemps dernier.

Voilà un petit mois que les acteurs du haut de la Promotion League ont pris conscience des faits, à savoir que leur sort pourrait être lié à ceux de tous les championnats amateurs. 3e, 4e et 5e ligues incluses, donc. Ce qui figure dans l’article en question? Qu’une majorité des championnats compris entre la Promotion League et la 5e ligue doivent être validés pour, justement, que ceux-ci puissent être homologués. Exemple aléatoire: si 10 championnats sur 24 sont validés, alors aucun ne sera comptabilisé. Rappel: pour être homologué, un championnat doit atteindre sa moitié.

Entre deux eaux, encore une fois

Puisqu’en ce moment, seule la Promotion League s’apprête à reprendre, certains clubs de la division se mettent à frissonner. Yverdon Sport en tête de liste. Son président, Mario Di Pietrantonio, n’a d’ailleurs pas caché son agacement dans le 24heures du jour. «Je ne vois pas pourquoi notre destin devrait être lié à celui du foot amateur. Toutes ces incertitudes sont difficiles à supporter.»

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La Promotion League est fixée

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Parce qu’incertitude il y a. Swiss Olympic ayant décrété la troisième division suisse comme semi-professionnelle bien après la parution du nouveau règlement, la voilà de nouveau à l’étroit, plus que jamais entre deux eaux. Doit-elle se trouver sous le joug de règles qui rendent sa situation complètement absurde? D’un côté, on lui offre le privilège de s’entraîner et de jouer normalement (comme les pros). De l’autre, on la rattache aux lois et à la situation du foot amateur.

Jérémy Manière: «Je veux me montrer positif»

«À mon sens, ce statut de semi-pro acquis change tout, lance Jérémy Manière. À l’heure actuelle, je ne détiens pas les réponses. Celles-ci dépendent de l’ASF, qui planche actuellement dessus. Mais je veux me montrer positif. Oui, ces choses sont écrites noir sur blanc. Mais certains cas de figure ont pu être oubliés au moment d’écrire cet article. Et aujourd’hui, on se rend bien compte qu’il serait ridicule de corréler le sort d’une catégorie semi-pro à celle d’équipes amateurs.» On peut tout de même s’attendre à ce que les clubs mal en point en Challenge League ne lâchent pas du leste si facilement dans cette affaire.

C’est donc autour d’une nouvelle sérieuse zone de flou que reprend la Promotion League ce mercredi, avec un duel entre Yverdon Sport et Breitenrain (19h30 au Stade Municipal). Au pire des cas, les Yverdonnois sont assurés de disputer un barrage face au dernier de Challenge League s’ils conservent leur première place. Que la fin de saison intervienne après un, trois ou douze matches. Sauf que dans le Nord vaudois, évidemment, on ne s’est pas battu au TAS l’an dernier pour se risquer à jouer son avenir sur une double confrontation face à Chiasso, Neuchâtel ou Kriens.

Voilà comment un point du règlement risque de nouveau de jouer les têtes d'affiche ces prochaines semaines. Le gros du suspense en Promotion League réside d’ailleurs ici. Au-delà de ça, Yverdon doit terminer le travail après s’être offert une avance confortable, Bavois, Nyon et Carouge devraient se disputer les places d’honneur et la lutte pour le maintien n’existera que si les ligues inférieures peuvent reprendre. Une nouvelle fois, tous les comptes ne se régleront pas uniquement sur le terrain.

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