Relations internationales: Reprise des contacts diplomatiques entre la Turquie et l’Egypte
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Relations internationalesReprise des contacts diplomatiques entre la Turquie et l’Egypte

Les deux pays renouent pour la première fois depuis la rupture de leurs relations en 2013.

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La Turquie et l’Egypte ont repris des contacts diplomatiques pour la première fois depuis la rupture de leurs relations en 2013, après la destitution du président égyptien Mohamed Morsi, a déclaré vendredi Ankara.

«Nous avons des contacts avec l’Egypte au niveau des services de renseignement et des ministères des Affaires étrangères. Des contacts au niveau diplomatique ont débuté», a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu. Ces déclarations interviennent après une offensive de charme d’Ankara visant à réparer ses relations avec Le Caire et rompre son isolement en Méditerranée orientale, où la Turquie se sent exclue du partage des immenses ressources gazières.

Les rapports entre ces deux poids lourds du monde musulman se sont fortement tendus après la destitution en 2013 du premier président démocratiquement élu d’Egypte, Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans et soutenu par la Turquie. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a plusieurs fois qualifié l’actuel dirigeant égyptien Abdel Fattah al-Sissi de «putschiste», mais a mis ses critiques en sourdine ces derniers mois.

La reprise des relations entre les deux pays se fait «petit à petit» et suivant une «feuille de route», a indiqué Mevlüt Cavusoglu, cité par l’agence de presse étatique Anadolu. «Il n’y a pas eu de précondition de la part des Egyptiens. Nous n’en avons pas formulé non plus. Mais lorsque les relations ont été interrompues pendant des années, ce n’est pas facile d’agir comme si rien ne s’était passé», a-t-il souligné.

Briser l’isolement

Ankara a multiplié ces dernières semaines les déclarations apaisantes envers Le Caire.

Début mars, le chef de la diplomatie turque s’était ainsi dit «prêt» à négocier un accord de délimitation maritime avec l’Egypte en Méditerranée orientale, riche en hydrocarbures. Chypre, la Grèce, l’Egypte, Israël, la Jordanie, l’Italie et les Territoires palestiniens ont créé en 2019 le «Forum du gaz de la Méditerranée orientale», sans inclure la Turquie.

Se sentant mise au ban, Ankara a multiplié les forages d’exploration unilatéraux depuis l’an dernier, s’attirant les foudres des pays riverains.

En août dernier, l’Egypte et la Grèce ont signé un accord délimitant leurs frontières maritimes, alors qu’une crise opposait Ankara et Athènes au sujet des hydrocarbures en Méditerranée orientale, suscitant la colère d’Ankara.

Au-delà de l’Egypte, Ankara s’efforce d’apaiser ses relations avec ses voisins en Méditerranée orientale, comme la Grèce et Israël, et avec les puissantes monarchies du Golfe, Arabie saoudite et Emirats arabes unis en tête. «Il n’y a pas de raison pour que nos relations avec l’Arabie saoudite ne s’améliorent pas», a ainsi déclaré vendredi Mevlüt Cavusoglu. «S’ils adoptent une attitude positive, nous le ferons aussi. La même chose est valable pour les Emirats».

Les relations entre Ankara et ces deux pays ont été empoisonnées ces dernières années par le soutien de la Turquie au Qatar, rival de l’Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, et par l’assassinat de l’éditorialiste saoudien Jamal Khashoggi au consulat de son pays à Istanbul en 2018. Des responsables turcs ont accusé le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, homme fort du royaume, d’avoir donné l’ordre de ce meurtre.

Ces rivalités s’expriment aussi dans le conflit en Libye, où la Turquie soutient le gouvernement de Tripoli, tandis que l’Egypte, les Emirats arabes unis et l’Arabie saoudite appuient un pouvoir dissident basé dans l’est du pays.

(AFP)

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