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JusticeRéseau de traite d'êtres humains démantelé

La police cantonale bernoise a arrêté sept personnes accusées d’avoir organisé l’entrée sur le territoire suisse de plus de cinquante femmes et transsexuels depuis la Thaïlande et de les avoir obligés à se prostituer.

Keystone

Une enquête a été ouverte après qu’une femme d’origine thaïlandaise se soit annoncée auprès de la police cantonale bernoise indiquant qu’elle était retenue contre son gré dans un salon de massage à Berne et forcée à se prostituer. Sous l’égide du Ministère public, une instruction judiciaire de grande envergure a été ouverte. L’un des volets de l’enquête a concerné l’infraction de traite d’êtres humains mais aussi l’encouragement à la prostitution, des infractions à la loi sur les étrangers, la falsification de papiers d’identité ainsi que le blanchiment d’argent. Au cours de l’enquête, il est apparu que l’ampleur du réseau s’étendait bien au-delà du canton de Berne, sur plusieurs cantons. Pour cette raison, les investigations ont été menées en collaboration avec les autorités compétentes dans les cantons de Lucerne, de Soleure et surtout dans le canton de Thurgovie. Des perquisitions ont été menées dans les établissements concernés.

La prévenue principale, une ressortissante thaïlandaise de 42 ans avec un permis d’établissement en Suisse, a pu être arrêtée dans le courant de l’automne 2011 en Allemagne et extradée vers la Suisse. Il s’est avéré que la femme était active depuis la fin 2008 et exploitait elle-même une maison close dans laquelle travaillaient des prostitué(e)s en situation illégale. Ces derniers devaient s’acquitter par leur travail d’une dette d’environ 30'000 francs contractée lors de leur voyage en Suisse. La plupart d’entre eux savaient qu’ils allaient travailler en tant que prostitué(e)s en Suisse. Les prostitué(e)s devaient en règle générale laisser 50% de leur revenu à l’exploitant du salon et n’avaient plus que les autres 50% pour s’acquitter de leurs «dettes de voyage». Ainsi, ils devaient gagner 60'000 francs afin de pouvoir s’acquitter de celles-ci. Dans plusieurs cas documentés, les prostitué(e)s devaient même gagner jusqu’à 90'000 francs avant de pouvoir garder de l’argent pour eux-mêmes.

Les victimes venaient pour la plupart de milieux thaïlandais défavorisés. Dans certains cas, elles ont dû signer un prétendu contrat de prêt dans lequel un éventuel bien immobilier en Thaïlande était nanti pour toute sécurité. De plus, lors de son arrestation, la prévenue principale était en possession de documents tels que des papiers d’identité appartenant aux victimes. A cela s’ajoute le fait que les victimes se trouvaient en situation illégale en Suisse et se vouaient à une activité illégale. Elles ne maîtrisaient pas non plus les langues locales et n’avaient aucune connaissance des lieux où elles se trouvaient. La plupart des victimes est retournée dans son pays d'origine et n'a pas voulu participer en tant que partie plaignante à la procédure pénale. Une victime qui participe à la procédure pénale séjourne actuellement en Suisse et est adéquatement prise en charge.

La prévenue principale devra répondre de ses actes concernant 26 victimes dans le canton de Thurgovie et 31 autres victimes dans les cantons de Berne, Soleure, Lucerne, Bâle-Ville et Zurich. D’autres personnes prévenues se trouvent, en partie, encore en détention provisoire. Il s’agit d’un Suisse, de quatre Thaïlandaises et un Thaïlandais.

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