New York: Résolution de l'ONU contre les colonies israéliennes

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New YorkRésolution de l'ONU contre les colonies israéliennes

Le Conseil de sécurité a adopté un texte réclamant l'arrêt immédiat de la colonisation. Washington n'y a pas mis son veto.

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Des Palestiniens réclament la Présence internationale temporaire à Hébron (TIPH).  (Vendredi 1er février 2019)

Des Palestiniens réclament la Présence internationale temporaire à Hébron (TIPH). (Vendredi 1er février 2019)

AFP
Le président israélien Reuven Rivlin a rejeté dimanche la demande de grâce d'un soldat franco-israélien reconnu coupable et condamné pour avoir achevé un assaillant palestinien blessé et au sol. (Dimanche 19 novembre 2017)

Le président israélien Reuven Rivlin a rejeté dimanche la demande de grâce d'un soldat franco-israélien reconnu coupable et condamné pour avoir achevé un assaillant palestinien blessé et au sol. (Dimanche 19 novembre 2017)

Keystone
Israël va accélérer la construction d'un mur souterrain autour de Gaza visant à empêcher les infiltrations palestiniennes par des tunnels. (Jeudi 10 août 2017)

Israël va accélérer la construction d'un mur souterrain autour de Gaza visant à empêcher les infiltrations palestiniennes par des tunnels. (Jeudi 10 août 2017)

Keystone

Une résolution réclamant l'arrêt de la colonisation israélienne dans les Territoires palestiniens a été adoptée vendredi par le Conseil de sécurité de l'ONU, après la décision des Etats-Unis de ne pas utiliser leur droit de veto. Dans un renversement de leur position habituelle sur ce dossier, les Etats-Unis se sont abstenus. Les 14 autres membres du Conseil de sécurité ont eux voté en faveur du texte.

La dernière fois que les Etats-Unis se sont abstenus lors d'un vote au Conseil de sécurité remonte à 2009. Le vote portait sur un appel à un cessez-le-feu à Gaza.

Il s'agit d'«un grand camouflet» pour Israël, a immédiatement réagi Nabil Abou Roudeina, porte-parole de la présidence palestinienne. «Il s'agit d'une condamnation internationale unanime de la colonisation et d'un fort soutien à une solution à deux Etats», a-t-il ajouté

Israël ne se conformera pas

Israël ne se conformera pas à la résolution réclamant l'arrêt de la colonisation adoptée vendredi par le Conseil de sécurité de l'ONU, a annoncé vendredi le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu «Israël rejette cette résolution anti-israélienne honteuse des Nations unies et ne s'y conformera pas», ont fait savoir les services de M. Netanyahu dans un communiqué.

«Au moment où le Conseil de sécurité ne fait rien pour arrêter le massacre d'un demi-million de personnes en Syrie, il se ligue contre la seule vraie démocratie au Moyen-Orient, Israël, et qualifie le mur occidental (mur des Lamentations) de 'territoire occupé'», poursuit le communiqué.

«Cessation immédiate de toute colonisation»

Le vote, qui a été accueilli par des applaudissements, avait été réclamé par la Nouvelle-Zélande, la Malaisie, le Sénégal et le Venezuela. Ces quatre pays se sont impliqués après la volte-face du Caire, qui avait proposé mercredi soir cette résolution rédigée par les Palestiniens et présentée au nom du groupe arabe à l'ONU. Mais l'Egypte avait demandé jeudi le report du vote initial, après une intervention du président élu américain Donald Trump auprès du président Abdel Fattah al-Sissi.

Ce texte qui exhorte Israël à «cesser immédiatement et complètement toute activité de colonisation en territoire palestinien occupé, dont Jérusalem-Est», a déclenché une offensive diplomatique de la part de l'Etat hébreu, qui s'est tourné vers son allié américain. Par le passé, Washington a déjà utilisé son droit de veto trente fois pour bloquer des résolutions concernant Israël et les Palestiniens, selon l'organisation Security Council Report.

En 2011, ils avaient opposé leur veto à une résolution similaire au projet égyptien. Mais, cinq ans plus tard, la position de l'administration de Barack Obama, qui entretient des relations notoirement exécrables avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, faisait l'objet de nombreuses spéculations.

Il est finalement apparu clair aux Israéliens que, à quelques jours de céder le pouvoir à Donald Trump – dont l'une des promesses de campagne est de reconnaître Jérusalem comme «capitale indivisible» d'Israël –, l'équipe Obama n'avait pas l'intention de faire usage de son droit de veto.

Appel à Trump

«Quand ils ont eu connaissance du fait que (l'administration américaine actuelle) ne mettrait pas son veto à cette résolution, des responsables israéliens ont pris contact avec des membres de l'équipe de transition de Donald Trump pour demander l'aide du président élu», a affirmé vendredi à l'AFP un responsable israélien sous couvert d'anonymat.

Donald Trump, qui avait très vite plaidé pour un veto américain dans une rare prise de position pour un président élu, a alors appelé le président Sissi, selon un communiqué de la présidence égyptienne.

«Les deux dirigeants se sont mis d'accord sur l'importance de donner à la nouvelle administration américaine (que dirigera Donald Trump à partir du 20 janvier) une chance de gérer tous les aspects de la cause palestinienne pour arriver à un accord complet» sur le dossier, d'après ce communiqué.

Revirement surprenant

Le retournement du président égyptien a surpris mais il fait suite à de nombreuses preuves d'admiration pour Donald Trump. Cet ancien officier de l'armée avait renversé son prédécesseur islamiste en 2013, un acte condamné par Barack Obama.

Un haut responsable israélien a aussi accusé vendredi Barack Obama et son secrétaire d'Etat, John Kerry, d'être à l'origine du projet de résolution égyptien.

«L'administration américaine a secrètement concocté avec les Palestiniens une résolution anti-israélienne radicale, derrière le dos d'Israël, qui encouragerait le terrorisme et les boycotts», a-t-il déclaré à l'AFP sous couvert d'anonymat.

«Le texte vise aussi la Palestine»

«Le texte que nous avons ne se concentre pas exclusivement sur les colonies. Il condamne également la violence et le terrorisme. Il appelle aussi à éviter toute incitation émanant du côté palestinien, donc c'est un texte équilibré», a cependant jugé l'ambassadeur de France auprès des Nations unies, François Delattre.

«L'objectif principal que nous avons ici est de préserver et de réaffirmer une solution à deux Etats» palestinien et israélien qui cohabiteraient dans la paix et la sécurité, a expliqué François Delattre.

Le projet égyptien considère à ce sujet que la colonisation est «dangereuse pour la viabilité d'une solution à deux Etats».

Frein au processus de paix

La colonisation est vue comme un frein majeur au processus de paix, les constructions israéliennes étant effectuées sur des terres qui pourraient appartenir à un futur Etat palestinien.

Les Nations unies la considèrent comme illégale au regard du droit international et ont appelé à plusieurs reprises Israël à y mettre fin. Malgré cela, des responsables onusiens ont constaté une augmentation des constructions ces derniers mois et certains responsables israéliens voient l'élection de Donald Trump comme une opportunité d'étendre la colonisation.

(AFP)

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