10.11.2020 à 14:31

LausanneRestaurateurs et patrons de bars lancent un cri d’alarme

Patrons de bars, de restaurants et de clubs vaudois réclament une aide immédiate aux autorités. Sinon ils prédisent des faillites dès novembre.

Les tables vides symbolisent la crise que traversent ce mois les restaurants, bars et clubs vaudois réunis dans le mouvement #qui va payer l’addition?.

Les tables vides symbolisent la crise que traversent ce mois les restaurants, bars et clubs vaudois réunis dans le mouvement #qui va payer l’addition?.

KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT

Près de 90 tables vides dressées sur la Place Saint-François à Lausanne: c’est la forme qu’ont choisie les patrons de bar, de restaurants et de clubs vaudois pour faire entendre le cri d’alarme du secteur. «Désespérés», ils réclament une aide immédiate des autorités.

Réunis sous la bannière du mouvement #quivapayerladdition, plus de 200 restaurateurs et employés du secteur ont participé à l’action qui s’est déroulée à la mi-journée, a déclaré Gilles Meystre, président de Gastrovaud à Keystone-ATS. L’événement s’est déroulé par petits groupes, dans le respect des règles sanitaires.

Survivre

«Les 86 tables vides symbolisent la crise et la tristesse de ces fermetures», a souligné Frédérique Beauvois, de la Brasserie de Montbenon. Des ardoises présentaient le menu de novembre: six salaires fixes, un auxiliaire, charges fixes 35'000 francs» ou encore «Tournée du patron déjà offerte (mars-avril-mai)".

«Nous demandons une prise de conscience face aux charges auxquelles nous devons faire face», a expliqué Antoine Piguet, patron du 13e siècle et du Meraki à Lausanne. «Loyer commercial, charges sociales, assurances, taxes, impôts, frais de maintenance et d’entretien, certains seront en faillite dès novembre», a-t-il averti.

Le secteur de la restauration a lancé un cri d’alarme mardi sur la Place Saint-François à Lausanne.

Le secteur de la restauration a lancé un cri d’alarme mardi sur la Place Saint-François à Lausanne.

KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT

«Le gros problème est immédiat: c’est novembre et décembre, le 13e salaire», a abondé Gilles Meystre. «Les RHT ne sont annoncées que pour fin décembre. Et la bouche en coeur, le gouvernement nous dit: merci, soyez patients et donnez en plus 10% de RHT à vos employés.»

Plusieurs exigences

Les restaurateurs et les acteurs de la vie nocturne ne demandent pas un soutien financier pour compenser le chiffre d’affaires perdu, mais pour survivre. Concrètement, ils réclament que les mesures annoncées par le Conseil d’Etat concernant les RHT soient mises en oeuvre immédiatement et que ce dernier précise les modalités concernant les cas de rigueur, a relevé M. Meystre.

Les aides au niveau des loyers doivent être réitérées ou améliorées, la loi sur les poursuites et faillites suspendue, les charges sociales liées aux RHT supprimées ou compensées. Une indemnisation à hauteur des préjudices subis depuis mars est requise et une rencontre avec le Conseil d’Etat souhaitée.

Dénoncées

L’action, qui a regroupé une cinquantaine de personnes à ses débuts selon la police de Lausanne, s’est déroulée dans le calme et le respect des mesures sanitaires, a indiqué une porte-parole des forces de l’ordre. Les manifestations étant interdites par le décret du Conseil d’Etat du 4 novembre, elles ont été notifiées d’une dénonciation.

Le mouvement #quivapayerladdition est né spontanément, suite aux mesures du Conseil d’Etat prises la semaine dernière. Le gouvernement a notamment annoncé jeudi qu’un bonus de 10% serait offert aux employés du secteur via les RHT. Et a invité les employeurs, qui eux n’ont pas droit aux RHT, à combler les 10% restants.

«Une véritable provocation, voire de l’arrogance, au vu de la situation fragile du secteur», a écrit le mouvement dans un tract. Ce dernier a déjà mené une action la semaine dernière devant le Grand Conseil vaudois. Les clubs sont fermés depuis le 17 septembre, les bars et restaurants depuis le 4 novembre.

(ATS/NXP)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!
13 commentaires
L'espace commentaires a été desactivé

Souza

11.11.2020 à 16:03

Nus à besoin retour ao travail ave sécurité et prendre la covivaent avec les Virus

Requin45

11.11.2020 à 09:23

Je comprends car j`ai passé par ce stade,avec a la clef une faillite de Fr.120.000.- et malheureusement j`ai été comdamné a payer la casse par saisie de revenus (AVS,CNA et AI cela depuis 1990 ! donc 30 ans a 700.- au début,ensuite 1000.- puis 1700.- nous avons aujourd`hui 75 et 76 ans et ont paient toujours,car surtout ne pas oublier dans le décompte les impôts ne sont pas pris en compte,pendant toutes ces annèes vous avez toujours les impôts de retard et chaque année les nouveaux impôts reviennent que vous ne pouvez règler car pas compté dans le minimum vital donc selon une juge tout le monde le sait mais personne ne peut faire changer cela,résultat vous êtes réduit a pas grand chose comme un criminel,mais vous n êtes pas en prison.

Jean-Luc Lemoing

11.11.2020 à 08:37

Beaucoup trop de "cafés, restaurants, bistrots etc... Services à la personne, coiffeurs, ongleries, pédicures, thérapeutes de la dernière chance, de "bracaillons" etc... Beaucoup de "machines à laver", d'argent encaissé sans ticket etc... Ceux qui ne vont pas s'en sortir sont ceux qui ne déclaraient qu'un petit chiffre d'affaire fictif pour couvrir leurs charges, ceux-là n'obtiendront pas d'aide parce que pas viables en réalité. Ce n'est que le juste retour des choses...