12.11.2020 à 18:05

GenèveRestructuration à l’ONU: une trentaine d’emplois touchés

Une vingtaine de postes du Bureau des affaires humanitaires de l’ONU vont être délocalisés à Istanbul. Et six seront supprimés. le Conseil de coordination s’offusque.

Le chef des affaires humanitaires de l'ONU Mark Lowcock se voit reprocher des décisions «inhumaines» pour les employés à Genève  (archives).

Le chef des affaires humanitaires de l'ONU Mark Lowcock se voit reprocher des décisions «inhumaines» pour les employés à Genève (archives).

KEYSTONE

Vingt-trois postes du Bureau des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) à Genève vont être délocalisés en 2021 à Istanbul et six autres seront supprimés. Ils s’ajoutent à une réduction des effectifs déjà cette année après des délocalisations à La Haye.

Ce dispositif est mentionné dans une lettre envoyée mardi par la secrétaire exécutive du Conseil de coordination du personnel de l’ONU à Genève, Prisca Chaoui, dévoilée jeudi par le quotidien «Le Temps» et que Keystone-ATS a pu consulter. Des postes administratifs pourraient aussi être externalisés pour des raisons financières et de futurs postes ne seraient attribués que temporairement pour davantage de flexibilité.

«Nous sommes très inquiets de ces décisions pour lesquelles les représentants du personnel n’ont jamais été consultés», écrit Mme Chaoui au chef des affaires humanitaires de l’ONU et patron d’OCHA, agence établie à New York, Mark Lowcock. «Sans un groupe de collaborateurs dévoués, OCHA ne pourra pas honorer son mandat crucial», ajoute-t-elle.

Ces relocalisations ont été justifiées par le besoin de rapprocher les collaborateurs des populations assistées, selon la lettre. Mais le Conseil de coordination ne comprend pas le choix d’Istanbul et La Haye. Il y voit davantage des raisons financières «à court terme» pour réduire les coûts du bureau genevois.

Il reproche à la direction d’OCHA d’imposer des choix «inhumains» de délocalisation alors que l’ONU insiste sur la menace de la pandémie de coronavirus. Il demande de suspendre ce dispositif jusqu’à ce que le Covid soit mieux contrôlé en Europe.

Dizaines de postes ciblés

La crise de liquidités en raison du retard du paiement de certains Etats affecte l’ONU. Le Conseil de coordination a déploré récemment la volonté d’imposer plus largement des contrats plus souples aux employés. Des réunions comme celles du Conseil des droits de l’homme ont dû adapter un peu leur fonctionnement.

Pour la Genève internationale, le Covid a également contraint un certain nombre d’entités à diminuer les effectifs. Des ONG estiment être en danger pour le maintien de leurs activités. Plusieurs dizaines ont réduit leur personnel ces derniers mois, selon un sondage publié récemment par la structure en charge de l’accueil de la Genève internationale.

Celle-ci a dit jeudi à Keystone-ATS prévoir peut-être une seconde évaluation début 2021. Des ONG continuent toutefois de s’établir, ajoute-t-elle.

Des organisations internationales ont également annoncé des dizaines de licenciements ou délocalisations. Dont l’Association du transport aérien international (IATA) qui va supprimer environ 400 postes, dont la moitié seront des licenciements, à Genève et dans plusieurs pays.

(ats/nxp)

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10 commentaires
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bye bye oi

13.11.2020 à 20:21

Ces agences onusiennes ont fait exploser le coût de la vie à Genève tout en créant une espèce de monde parallèle, où tous ces mondialistes ne restent qu'entre eux. Elles ont certes permis d'attirer des entreprises étrangères, mais on en subit aujourd'hui les conséquences néfastes: forte pénurie de logements abordables, gros problèmes de mobilité, destruction de notre patrimoine et de la nature, vie très chère. Elles peuvent délocaliser quand elles veulent. Elles seront mieux dans un pays anglo-saxon ou un riche État du Golfe.

Teskitoi

13.11.2020 à 10:01

Moins de tire au flanc à l'Onu, allez rentrez chez vous

Jean Deschamps

13.11.2020 à 07:59

La Grande Genève Internationale serait donc également trop chère pour les fonctionnaires internationaux et ONG en tout genre... surprenant. Après avoir fait de Genève un des endroits les plus chers du monde, tout ce petit monde se retire. Il est vrai qu'un salaire genevois, minimum 23 de l'heure, comparé à un salaire turque, il y a des économies à faire. Tout comme pour toutes ces entreprises qui s'installent côté suisse du "grand Genève", mais qui n'emploient que des frontaliers. Pourquoi les accepter? (béton, trafic, pollution, etc) qu'ils construisent du côté français du "grand Genève". Les salaires y sont moins chers, plein de zones agricoles à déclasser, que du bonheur pour M. Hodgers.