Hockey sur glace - Reto Schmutz attend toujours son heure
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Hockey sur glaceReto Schmutz attend toujours son heure

Élément helvétique le plus productif du HC Ajoie la saison dernière en Swiss League, Reto Schmutz n’a pour l’heure inscrit qu’une réussite et peine à s’imposer dans l’élite.

par
Julien Boegli
(Porrentruy)
Reto Schmutz, ici face au portier Gilles Senn, peine à trouver la solution cette saison.

Reto Schmutz, ici face au portier Gilles Senn, peine à trouver la solution cette saison.

Jonathan Vallat/freshfocus

En réalisant un doublé vendredi soir, ses 3e et 4e réussites de la saison, Ueli Huber a joué un rôle prépondérant dans le sixième succès automnal d’Ajoie obtenu face au chef de file davosien (3-1). Autre leader offensif du dispositif ajoulot, Reto Schmutz est lui toujours dans l’attente de son grand soir. Celui qui le verra faire la différence. Le Thurgovien de 29 ans ne s’en cache pas: «Mes débuts ont été assez compliqués. Je partais pourtant confiant.»

Et la confiance d’un attaquant se mesure en bonne partie à sa production devant le filet adverse. La sienne se résume pour le moment à un but et sept assists en 23 rencontres, loin de ses standards habituels en Swiss League. «J’ai connu des hauts et des bas. Moralement, ça n’a pas toujours été facile. Mais je trouve gentiment mes marques depuis quelques semaines. Tout n’est pas encore parfait, je n’ai pas encore la constance que j’aimerais avoir, mais je me sens plus à l’aise quand je suis en possession du puck.»

«Si tu ne fais rien sur la glace, tu n’as rien à y faire. Je dois aussi être honnête avec moi-même».

Reto Schmutz

Aligné vendredi avec les Québécois Philip-Michaël Devos et Maxime Fortier, Schmutz a été replacé dans le second trio aux côtés de Thibault Frossard dans l’ultime période. Un choix tactique voulu par Gary Sheehan davantage qu’une sanction à l’encontre de son ailier. «Une décision que je comprends. Gary a réduit son banc, il a tourné à trois lignes en fin de matches dans le but de faire la différence. Ça s’est avéré payant.»

D’autres soirs, Schmutz les a passés plus en retrait, voire carrément en bout de banc. Une position qui n’a jamais été la sienne durant les quatre derniers exercices passés en Swiss League. Là aussi, l’intéressé dit cautionner cette situation. «Un coach place ses joueurs là où il pense qu’ils seront le plus utile. Si tu ne fais rien sur la glace, tu n’as rien à y faire. Je dois aussi être honnête avec moi-même. »

L’absence de Hazen

Il garde en tête les mots adressés dans sa jeunesse par son père: «Il me disait: je n’ai jamais vu un coach ne pas mettre un joueur sur la glace car il joue trop bien. Quand tu ne produis pas le hockey que tu es capable de produire, les points ne tomberont pas. Gary me connaît, il sait ce que je vaux et attend beaucoup de moi. J’attends beaucoup de moi également. Son job est de faire gagner l’équipe et il compose son alignement en ce sens.»

Par le passé, il y a néanmoins une composante qui ne variait que très peu dans l’alignement de l’entraîneur québécois, c’était sa triplette de feu Hazen-Devos-Schmutz. Lors des derniers play-off, Reto a d’ailleurs livré un rendement digne d’un renfort étranger. Son bilan: 16 matches, 15 réalisations et 8 mentions d’assistance. Mais avec la blessure de Jonathan Hazen jusqu’à fin février au moins, il a fallu redistribuer les cartes.

Après 36 parties éparpillées entre 2013 et 2015 à Rapperswil (1 but, aucun assiste), le numéro 27 de Porrentruy s’est-il mis trop de pression sur les épaules au moment d’aborder son premier véritable concours à ce niveau de jeu? «Je n’en sais rien, peut-être ai-je voulu trop bien faire lors des premières rondes. Il faut reconnaître que l’on n’aborde pas un match contre Zurich de la même manière que face aux GCK Lions.»

«Garder le moral»

À l’instar de ses partenaires de jeu, Schmutz est passé par des moments pénibles. «J’essaie de garder le moral. Ce soir (ndlr: vendredi), on a embarqué en se disant que l’on n’avait rien à perdre, cela nous a libérés.»

Lui attend la libération depuis le 17 septembre, date de son unique but inscrit à ce jour, c’était au Hallenstadion de Zurich. «Un attaquant de mon profil ne peut être satisfait que lorsqu’il marque et fait basculer un match. Contre Davos, quelques occasions se sont offertes à moi. Ce ne sera pas facile tous les jours, mais un jour ça paiera. En gagnant en constance, ça finira par passer.»

Peut-être ce samedi soir face au frangin Flavio? À l’Ilfis de Langnau, le HCA a en tout cas une revanche à prendre. Mi-octobre, il y avait concédé sa plus lourde défaite de l’automne (9-3).

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