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SyrieRéunion des «Amis du peuple» pour renforcer les sanctions

Une soixantaine de pays ainsi que des représentants de la Ligue arabe, réunis jeudi à La Haye, ont appelé les membres du conseil de sécurité de l'ONU à priver la Syrie des «ressources» dont elle a besoin pour continuer le conflit.

Les combats continuent en Syrie.

Les combats continuent en Syrie.

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Un conflit qui déchire la Syrie depuis mars 2011. Sur le terrain, une explosion a fait plusieurs morts.

«Le groupe a appelé le Conseil de sécurité (..) à augmenter la pression sur le gouvernement syrien en mettant en place des mesures qui l'empêchent d'accéder aux ressources dont il a besoin pour sa violente campagne contre sa propre population», ont déclaré les diplomates dans le rapport de fin de réunion.

Le groupe de travail sur les sanctions des «Amis du peuple syrien» a également assuré que les mesures déjà mises en place «avaient sérieusement affecté le régime syrien et réduit ses revenus de plusieurs milliards de dollars», grâce à l'embargo sur l'exportation de pétrole.

Dans son rapport final, le groupe de travail a également appelé tous les Etats «à veiller à la stricte application des sanctions», qui doivent être «soigneusement ciblées pour affecter le régime mais épargner la population».

Gel d'avoirs

Parmi les nombreuses sanctions déjà mises en place par l'Union européenne (UE) ou la Ligue arabe, notamment, figurent des embargos sur le pétrole, sur les armes, des sanctions financières ou des interdictions de voyager, contre Bachar al-Assad, des membres de sa famille et de son gouvernement.

Des experts du secteur financier étaient présents à La Haye pour discuter avec les diplomates des possibilités au niveau du renforcement des sanctions financières, comme le gel des avoirs.

Le groupe de travail sur les sanctions fait partie de la conférence des «Amis du peuple syrien», en parallèle avec un deuxième groupe de travail sur la reconstruction économique. La conférence, qui réunit des ministres des pays membres, s'est déjà réunie à trois reprises, à Tunis, Istanbul et Paris. D'autres réunions sont prévues au Maroc en octobre et plus tard en Italie.

Explosion et hélicoptère abattu

Sur le terrain, le bombardement d'une station-service par un chasseur de l'armée de l'air syrienne aurait fait au moins 30 morts et des dizaines de blessés jeudi dans le nord du pays, à Aïn Issa dans la province de Raqa, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), hostile au régime de Bachar al-Assad. Aucune autre source ne pouvait appuyer ou non ce bilan.

«Au moins 30 personnes ont été tuées et 83 autres blessées», a dit le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, dont l'organisation s'appuie sur un vaste réseau de militants et de médecins. «Mais des informations non confirmées font état de plus de 50 morts».

Plus tôt dans la journée, la télévision d'Etat syrienne a annoncé le crash d'un hélicoptère militaire provoqué selon elle par un contact en plein vol avec un avion de ligne syrien qui transportait 200 passagers mais a pu atterrir sans encombre.

L'OSDH a affirmé pour sa part que l'hélicoptère avait été «abattu par des rebelles» dans le secteur de Tal al-Kurdi, près de Douma, à 13 km au nord-est de Damas. Depuis le début de la révolte, la rébellion a plusieurs fois annoncé avoir abattu des hélicoptères ou des avions de l'armée, qui bombardent ses positions sur plusieurs fronts.

Par ailleurs, selon un rapport des services de renseignements occidentaux auquel l'agence de presse Reuters a eu accès, l'Iran aurait utilisé des moyens aériens civils pour transporter en Syrie des militaires et de grandes quantités d'armes via l'espace aérien irakien. L'objectif étant d'aider Bachar al-Assad à réprimer les insurgés.

(ats/afp)

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