25.09.2020 à 14:42

CyclismeReusser: «Je pensais être hors du podium»

Au lendemain de sa deuxième place acquise sur le contre-la-montre des Mondiaux d’Imola, la Bernoise se confie sur les émotions qui la traversent.

par
Brice Cheneval
Médaille au cou, Marlen Reusser célèbre sa deuxième place sur le contre-la-montre des Mondiaux d’Imola.

Médaille au cou, Marlen Reusser célèbre sa deuxième place sur le contre-la-montre des Mondiaux d’Imola.

KEYSTONE

Moins de 24 heures après la course, vous êtes-vous remise de vos émotions?

Oui, ça va. En revanche, mon portable est tombé par terre hier (ndlr: jeudi) et j’ai dû en récupérer un nouveau, donc j’ai perdu beaucoup de messages et je n’ai pas pu me rendre compte de la portée de ma médaille.

À quoi avez-vous pensé à l’arrivée?

J’étais évidemment très contente mais en même temps un peu déçue à cause d’un problème de communication avec mon équipe. On ne m’a pas averti que j’étais deuxième avant de franchir la ligne. On m’a seulement dit que si je poussais un peu plus, je pouvais faire partie des meilleures. Mais c’était difficile à interpréter. Dans ma tête, je pensais être hors du podium. On s’est mal compris.

Si vous aviez été mise au courant, pensez-vous que vous auriez pu combler le retard avec la lauréate, Anna van der Breggen?

Je ne peux pas assurer que j’aurais gagné, je n’en sais rien. Je ne sais même pas si j’aurais pu donner plus.

À quoi se sont jouées les 15 secondes d’écart entre vous et la Néerlandaise?

J’ai perdu du temps dans les six derniers kilomètres, dans la descente. C’était très technique. Comme je ne suis pas la plus forte dans les virages, je n’ai pas pris tous les risques et j’ai pas mal freiné.

Avant le départ, vous étiez classée parmi les favorites. Cette pression vous a-t-elle perturbé?

Non, vraiment pas, car j’avais la même attente envers moi-même. J’étais convaincue de pouvoir faire quelque chose de bien. Le but, c’était de faire un podium. C’est exceptionnel d’y être arrivée.

Racontez-nous comment s’est déroulée votre course…

Dans les quinze premiers kilomètres, il y avait un vent de face. Je suis l’une des meilleures dans cette configuration donc je me suis dit que je devais démarrer à fond et arriver en tête après cette première difficulté. J’ai réussi, sauf que je n’étais pas au courant… J’avais bien récupéré avant le contre-la-montre, je me sentais bien physiquement. Trop même, puisqu’à un moment je me suis un peu relâchée. Avant de me ressaisir.

Que change cette médaille d’argent dans votre carrière?

J’espère que cette performance, ainsi que la force qu’on dégage avec Élise (Chabbey), permettra de faire évoluer le cyclisme féminin en Suisse. On ne mérite pas un engouement phénoménal mais il faut réduire l’écart avec les hommes. Je me bats pour cela parce que la réalité est qu’aujourd’hui, il est très difficile pour une Suissesse de faire carrière dans le cyclisme professionnel.

«J’espère que cette performance, ainsi que la force qu’on dégage avec Élise (Chabbey), permettra de faire évoluer le cyclisme féminin en Suisse»

Marlen Reusser

Que vous manque-t-il pour franchir le cap qui vous sépare de la première place?

Je dois acquérir davantage de technique en descente, particulièrement dans les virages. Améliorer, aussi, ma gestion de la course: savoir quand je dois mettre de la puissance et avoir des moments de récupération. Je dois également préparer encore mieux mes courses, reconnaître les parcours une semaine avant. Et, enfin, qu’on soit encore mieux rôdé avec le staff.

Cette médaille d’argent intervient un mois après votre deuxième place sur le relais mixte des championnats d’Europe avec l’équipe de Suisse. Vous vivez des semaines intenses…

En fait, ma vie est comme ça (rire). Je suis toujours dans l’étonnement. J’aime ce rythme, quand tout s’enchaîne.

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1 commentaire
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Jacko suisse de France

25.09.2020 à 16:13

Bravo à cette suisses se qui nous rends fiers d'être suisse.