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TouchantRevenir avec un chien, pas facile

Des Lucernois ont fait les gros titres en Argentine, après avoir remué ciel et terre pour embarquer «Canelita» dans leurs bagages. Un cas loin d’être isolé en Suisse.

par
Sarah Zeines
Daniel et Marion Keist, en compagnie de «Canelita», leur chienne ramenée d’Argentine.

Daniel et Marion Keist, en compagnie de «Canelita», leur chienne ramenée d’Argentine.

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Quand le Lucernois Daniel Keist est arrivé mi-juin à Puerto Pirámides, en Argentine, il ne s’attendait pas à être accueilli par des journalistes. Une chaîne de télévision et un reporter de presse écrite l’attendaient, avides d’entendre ce qui avait motivé son déplacement. «J’étais de retour, pour la deuxième fois en moins d’un an, afin de ramener «Canelita», une chienne dont mon épouse et moi étions tombés amoureux lors de nos vacances en novembre 2016, confie l’homme, ému. Les tenanciers de l’hôtel qui avaient veillé sur elle pendant tout ce temps ont raconté notre histoire aux médias locaux.» Son récit a déclenché une vague de sympathie dans le pays.

Il faut dire que l’Argentine applique une longue liste de normes à respecter en cas d’exportation d’un animal. Sans parler des règles d’importation imposées par la loi suisse. La venue du chien errant a ainsi nécessité un long parcours du combattant. «Nous avons d’abord dû nous assurer que «Canelita» avait tous les vaccins nécessaires, explique Daniel Keist. Puis il a fallu obtenir un document officiel attestant que nous étions bien les propriétaires de la chienne.» Là, le processus se complique. «Un homme du coin a raconté qu’elle lui appartenait. Même s’il était évident qu’il ne s’en occupait pas, nous avons dû négocier une somme d’achat avec lui.»

Le couple suisse s’est pris de passion pour la chienne de 2 ans dès le premier regard. «C’est elle qui nous a choisis. C’était le destin, assure Daniel Keist. Nous n’avons pas d’enfants et «Canelita» est un peu comme notre bébé. Elle ne nous a pas lâchés durant les six jours que nous avons passé dans cette région de la Patagonie.» Elle s’est désormais bien habituée à sa vie helvétique, à Ebikon.

La chienne tachetée est loin d’être la seule à avoir vécu une telle aventure. «Notre centrale téléphonique est régulièrement sollicitée pour ce genre de cas, relève Nathalie Rochat, porte-parole de l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV). Il arrive souvent que les Suisses veuillent ramener un chiot ou un chaton d’un pays tiers.»

Risque de maladies

Des démarches lourdes de responsabilités, en dehors de l’Europe. «Les dispositions de voyage particulières en matière de police des épizooties s’appliquent aux chiens, chats, furets et aux oiseaux, car il existe un risque d’introduction de maladies», souligne la porte-parole. Hormis le risque le plus évident de rage lors d’une importation, d’autres dangers existent. «L’importation de chiens à la queue et/ou aux oreilles coupées est interdite, insiste Nathalie Rochat. Il en va de même pour les animaux génétiquement modifiés.» En clair, il faut s’acharner comme une bête pour ramener son coup de foudre à quatre pattes de l’étranger.

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