Test du nouveau «Ratchet & Clank» - «Rift Apart», une perle rare pour une console qui ne l’est pas moins
Publié

Test du nouveau «Ratchet & Clank»«Rift Apart», une perle rare pour une console qui ne l’est pas moins

Troisième exclusivité depuis le lancement de la PS5, la superproduction d’Insomniac à de quoi épater les plus blasés. Ça, c’est la bonne nouvelle.

par
Jean-Charles Canet
1 / 14
Ratchet, en armure scintillante durement gagnée sur le terrain, dans le champ de débris de Scarstu. S’y trouve une taverne de résistant plus ou moins valeureux.

Ratchet, en armure scintillante durement gagnée sur le terrain, dans le champ de débris de Scarstu. S’y trouve une taverne de résistant plus ou moins valeureux.

DR
Rivet, double dimensionnel de Ratchet, sur la planète Sargaso.

Rivet, double dimensionnel de Ratchet, sur la planète Sargaso.

DR
Ratchet sur Savali, une des zones les plus ouvertes du jeu. 

Ratchet sur Savali, une des zones les plus ouvertes du jeu.

DR

L’événement ludique du premier semestre 2021 est à bout touchant. Il s’agit d’un jeu vidéo, une exclusivité PlayStation 5 (une vraie, pas de version PS4, ni de version PC) issue d’Insomniac Games, un des studios les plus prolifiques des écuries Sony qui avait déjà fait preuve d’une incontestable maestria en fin d’année dernière avec «Spider-Man – Miles Morales» (PS4/PS5). «Ratchet & Clank – Rift Apart» est son nom, sa sortie est calée sur le vendredi 11 juin et rien ne l’en fera bouger. L’embargo critique étant levé aujourd’hui, mardi 8 juin à 16 h 00, attendez-vous à une déferlante à la hauteur des attentes suscitées par cette superproduction destinée à un large public.

Neuf planètes plus tard

Nous avons eu le privilège de pouvoir explorer en long, en large et en travers les terrains d’action de Ratchet, un lombax aux oreilles de fennec et son acolyte Clank, un petit robot érudit bien connus des amateurs de la communauté PlayStation, la franchise étant née sur PS2 et ayant déjà produit de nombreux bambins. Et comme il s’agit de passer d’une dimension à l’autre, il nous a été donné d’incarner leurs pendants féminins. On passe d’un personnage à l’autre en fonction des mondes visités. L’objectif général est une fois de plus de sauver une galaxie fantaisiste menacée par le très dérangé docteur Néfarius, en possession d’une arme capable de créer des brèches dans le continuum spatio-temporel. Tout commence par une cérémonie au cours de laquelle Ratchet est honoré pour son dernier exploit en date (il sauve la galaxie comme d’autres sauvent des princesses), une fête perturbée par le docteur foldingue et ses sbires.

Cette introduction est visiblement faite pour en mettre plein les yeux et les oreilles et autant dire qu’elle y parvient haut la main. Espace énorme, grouillant de détails, nous voilà immédiatement transporté dans un long-métrage d’animation correspondant aux standards hollywoodiens actuels, l’interactivité en plus. La puissance de la console nouvelle génération alliée aux compétences techniques du studio Insomniac fait des étincelles avec constance puisque ce niveau de qualité, avec une diversité de gameplay solidement arrimée, est maintenu tout le long de l’aventure.

Dimensions et gameplay

Petit aparté technique, qui explique en partie pourquoi «Rift Apart» ne sort que sur PS5, le jeu exploite la rapidité de la mémoire de stockage SSD propre à la console, en particulier quand nos héros sont propulsés d’une dimension à une autre. Aucune attente, le passage est instantané, c’est évidemment très impressionnant. Avec un bémol cependant, cette démonstration de force n’est une clé de gameplay importante que dans le milieu du jeu. Elle est certes mise à contribution aussi en début et en fin de partie mais s’inscrit plutôt dans un cadre narratif. Cela ne ternit en rien l’exploit mais n’en laisse pas moins dominer un gameplay plus classique constitué d’explorations d’une étendue plus ou moins grande (une par planète), de récoltes d’unités monétaires pour acheter de l’équipement et des unités techniques pour faire monter les armes en puissance. Le tout est ponctué de nombreux combats qui débouchent sur des affrontements de boss un peu plus costauds que le tout-venant.

La manufacture haut de gamme du jeu transparaît à tous les niveaux. Il a procuré à l’amateur de fantaisie animée que nous sommes un plaisir constant, autant lors des affrontements que lors des phases de plateformes. Le jeu ayant l’élégance de pouvoir être configuré pour tous les types de gamers, du plus va t’en guerre au plus contemplatif, chacun y trouvera ses motifs de satisfactions.

Spectacle et émotions

Cela dit, si «Ratchet & Clank» tutoie les cimes en termes de spectacle et de gameplay virtuose, il ne se débarrasse pas pour autant des clichés du divertissement pour tous. Les personnages restent des stéréotypes de cartoons. Le méchant, traité comme une caricature burlesque, n’a qu’un seul objectif, la domination absolue. C’est un précieux ridicule, une menace d’opérette. Les gentils sont courageux, parfois maladroits. Les solitaires comprennent l’importance d’avoir des amis et de faire équipe. Les dilemmes sont réduits à leur plus simple expression et ne sont qu’un pâle reflet de ceux qui traversent la communauté des hommes même allégoriquement. Quant aux tentatives de recourir à l’émotion, elles sont bienvenues, assez subtilement introduites mais restent superficielles, sans jamais atteindre la portée des frissons distillés dans les plus grandes productions Pixar. C’est la limite de l’exercice dans une industrie du jeu vidéo ou l’action prime.

Surenchère finale

Et puis il y a aussi un final qui obéi aux lois de la surenchère. Cela ne nous gêne pas plus que ça en termes de tension, d’épreuve plus difficile que les autres à accomplir. Il faut savoir mériter la fin, c’est la loi du genre. Mais justement, parce que c’est la loi du genre, il nous tarde de découvrir un jour une façon satisfaisante de la transgresser, de découvrir une autre façon de nouer la gerbe.

Au cours de notre périple nous avons été, très rarement, confrontés à des bugs. Notamment un qui nous empêchait de progresser du fait de petits ennemis bloqués dans un coin bien caché de l’arène par un élément de décor. Une arène qu’il a fallu méticuleusement explorer pour parvenir à les repérer, à les occire comme prévu et ainsi débloquer la phase suivante. Ces petites lacunes de finitions ont été corrigées, avec certitude dans les zones dans lesquelles nous sommes revenus, par un patch désormais disponible et automatiquement installé.

Le choix des modes

Pour les amateurs d’exploits techniques, relevons que l’emplâtre introduit trois options pour le jeu. Un mode «Fidélité» qui vise les 30 images par seconde sans concessions visibles à l’œil nu pour les graphismes 4K et le «ray tracing» (gestion des reflets). Un mode «Performance» qui fait tourner le jeu à 60 images par seconde avec le ray tracing désactivé (les reflets sont plus standards). Et enfin un monde «RT performance» qui, comme son nom l’indique conserve la gestion en hardware des reflets et les 60 ips mais avec des concessions sur la définition (dégradation peu perceptible à nos yeux). C’est ce dernier mode que nous avons fini par privilégier, la fluidité accrue apportant le surcroît de confort sensible. Grand merci à Insomiac pour être parvenu à ajouter cette troisième voie.

Malgré les attentes et la pression, «Ratchet & Clank – Rift Apart» n’en reste pas moins la perle rare espérée. Mais ce qui l’est aussi, c’est le nombre limité de PS5 en vente, toujours aussi difficiles à trouver en Suisse comme ailleurs, et ce depuis le lancement de la console il y a désormais plus de six mois. Une situation de pénurie générale encore jamais vue de mémoire d’observateur.

À ce sujet, nous vous avons concocté un petit sondage. D’ores et déjà merci pour votre participation.

Votre opinion

0 commentaires