Actualisé 08.01.2020 à 11:09

Sans aide, un tiers des journaux est menacé

Médias

Le président des éditeurs alémaniques Pietro Supino a prédit la disparition de nombreux médias sans le soutien de la Confédération.

Pietro Supino est aussi le président de Tamedia.

Pietro Supino est aussi le président de Tamedia.

Un tiers des journaux disparaîtra ces trois prochaines années si la Confédération ne renforce pas son aide à leur distribution. Le président des éditeurs alémaniques Pietro Supino l'a prédit lors de la traditionnelle réunion de l'Epiphanie de Schweizer Medien.

La distribution des journaux continue de peser lourdement sur les coûts des éditeurs, alors même que ces derniers doivent réaliser d'importants investissements en matière de compétences numériques, observe Pietro Supino. Il est donc absolument indispensable de renforcer et d'élargir l'aide indirecte à la presse dans ce domaine, a déclaré celui qui est aussi le président de Tamedia.

Soutien du DETEC

En collaboration avec La Poste et l'Office fédéral de la communication (OFCOM), les éditeurs alémaniques ont mis au point les conditions techniques permettant d'aider davantage la presse sous cette forme. Selon Pietro Supino, le Département fédéral de la communication (DETEC) se montre prêt à soutenir le projet.

L'association faîtière Schweizer Medien va faire campagne ces prochains mois afin que le Parlement crée les bases légales nécessaires à cette aide supplémentaire. Ce dossier constitue la priorité absolue à court et moyen terme, a assuré Pietro Supino dans son discours.

Transformation numérique des abos

Le président de Schweizer Medien a également qualifié la transformation numérique des modèles d'abonnement de «principal défi commercial de la nouvelle décennie». Les abonnements numériques coûtent actuellement moitié à deux tiers moins cher que les abonnements aux journaux imprimés ou à l'offre combinée papier/online.

Parallèlement, le marché publicitaire va rester sous pression. Même si la transformation numérique devait être couronnée de succès, les recettes des médias en ligne ne permettront donc pas de compenser les pertes des titres imprimés, prévient Pietro Supino.

Retour de Ringier

Face à l'urgence, les éditeurs alémaniques serrent les rangs: Ringier fait son retour au sein de l'association faîtière. Alexander Theobald, responsable opérationnel et futur CEO de Ringier Axel Suisse rejoindra le comité de Schweizer Medien.

Le groupe Ringier avait claqué la porte en 2015, suite à des échanges houleux entre éditeurs au sein de l'association faîtière. Pietro Supino a parlé d'une «très bonne nouvelle», avant d'inviter le patron de Ringier, Marc Walder, à venir à la tribune et à s'exprimer devant l'assistance.

Interrogé sur cette annonce surprise, Marc Walder a indiqué que les discussions en vue d'un retour de son groupe avaient duré plusieurs mois. Il a souligné que la branche se trouvait à l'aube d'un débat «historique sur l'aide aux médias, et qu'il était important d'unir les forces».

Une autre raison de ce retour au bercail est le projet de «login commun» mis en place par les principaux éditeurs du pays, et dont Marc Walder a fait une nouvelle fois la promotion. Il a appelé tous les acteurs de la branche à y participer.

(ats)

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