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Jeu vidéoRions (un peu) avec les dieux grecs

«Immortals Fenyx Rising» associe le monde ouvert à la sauce Ubisoft au graphisme et au gameplay des jeux à la Zelda mais trouve sa petite musique par son côté «adulescent». Un voyage étrange mais pas sans charmes.

par
Jean-Charles Canet
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Fenyx, en version masculine, fait le fier à bras au bord de la «Halle des dieux». Dans le fond, la statue géante d’Aphrodite.

Fenyx, en version masculine, fait le fier à bras au bord de la «Halle des dieux». Dans le fond, la statue géante d’Aphrodite.

DR
Un des environnements insolites et grandioses de «Immortals Fenyx Rising». Humain ou divin, tout est figé mais la nature semble reprendre ses droits.

Un des environnements insolites et grandioses de «Immortals Fenyx Rising». Humain ou divin, tout est figé mais la nature semble reprendre ses droits.

Ubisoft

«Immortals Fenyx Rising» c’est l’histoire d’un mortel choisi pour sortir les dieux grecs de l’ornière. Typhon, un titan à la voix gutturale est parvenu à se libérer de ses chaînes et a transformé le territoire divin en une exposition permanente de statues à ciel ouvert, grecques cela va sans dire. C’est aussi l’histoire telle que racontée par Prométhée et Zeus, l’un étant le narrateur un tantinet pompeux l’autre étant un commentateur bougon et adepte de la distanciation à la Leodagan de «Kaamelott». Normal, c’est Lionnel Astier, papa d’Alexandre, qui double Zeus dans la version française. Ce dernier ne force certes pas trop son talent, faute de dialogues à la hauteur des standards (très élevés) de Kaamelott et d’une direction d’acteur inégale, mais sa patte est reconnaissable entre toutes.

Fenyx donc, est un jeune homme (ou une jeune femme, on a le choix) à peine sorti de l’adolescence. D’abord, l’apprenti se voit confier un petit archipel à explorer. Là il y trouve des créatures mythologiques à combattre, des ailes magiques qui lui permettront de planer, une épée, un arc, des épreuves et des énigmes à surmonter. Il y trouve encore des sommets et une statue monumentale à gravir qui épuisent une jauge de fatigue. Il y trouve aussi des métaux précieux, des plantes, des fruits et des coffres, plein de coffres, certains gardés, d’autres non ainsi que des gouffres, portes d’entrée vers des «donjons» riches d’épreuves un peu plus abstraites. Autant d’éléments qui permettront à Fenyx de gagner en puissance divine. Surtout lorsqu’il aura trouvé la «halle des dieux», une fois passé le territoire d’initiation. Sur les territoires suivants, rebelote: découverte du point culminant qui supprime la mer de nuage et chasse aux points d’intérêts sur la carte, ceux qui font monter en puissance et ceux qui font progresser l’histoire. Au centre de cet immense territoire morcelé en parcs à thème, la terre du volcan sur laquelle Typhon manigance et qui sera très probablement le terrain de l’épreuve ultime.

Plane petit Fenyx

En parcourant les magnifiques étendues mythologiques conçues essentiellement par Ubisoft Québec, on a bien ressenti les deux énormes influences qui ressortent de ce jeu nimbé d’une énergie toute adulescente: les «Assassin’s Creed» (Ubisoft Québec étant le principal artisan d’«Assassin’s Creed Odyssey», cela se comprend) et «The Legend of Zelda», en particulier le dernier en date «Breathe of the Wild». Au premier il emprunte la recette des mondes ouverts à la Ubisoft avec ses cartes immenses constellées de points d’intérêts. Au second, il emprunte les techniques qui lui permettent de se distancer et ne pas (trop) ressembler à un clone d’AC: le vol plané à la place du saut de l’aigle, les donjons boîtes à puzzle et plateformes et les graphismes proches de ceux des films d’animation japonais.

La voie sur laquelle le jeu trouve sa propre voix, sa petite musique en quelque sorte, est finalement assez étroite: le verni de la mythologie grecque solidement documentée mais allégé par un humour et une distanciation bon enfant. En bref, les techniques sont connues mais le ton est original.

Reste l’essentiel: «Immortals Fenyx Rising» est-il un bon jeu? Un jeu recommandable? Le fait d’avoir déjà dépassé quelque 25 heures d’explorations et d’aventures sans pour autant voir le bout de la quête tout en restant très motivé pour y parvenir donne un indice. Le savoir-faire d’Ubisoft reste évident, le spectacle est grandiose et le gameplay solide mais nous en sommes clairement au stade ou des surprises sont souhaitables pour nous sortir d’une routine qui s’est peu à peu installée et qui, si elle persiste, pourrait nous faire déposer la manette prématurément. Cela dit nous sommes positivement ravis des alternances de combats à l’armes blanche et à l’arc, des énigmes qui comptent autant sur notre dextérité que notre sens de la jugeote et du côté «fantaisie monumentale» de l’environnement.

Beau comme l’antique, pour sûr.

«Immortal Fenyx Rising». Ubisoft. Un joueur. Disponible sur Xbox One et XIS, PlayStation 4 et 5, Switch et Windows. Testé sur Xbox Series XIS. Sortie le 3 décembre 2020.

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