Football: RMC fâché tout rouge contre le PSG

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FootballRMC fâché tout rouge contre le PSG

Le club parisien a diffusé une partie de sa victoire à MU sur sa page Facebook. Était-ce vraiment une erreur?

par
Mathieu Aeschmann

Brillant dans le «Théâtre des rêves» mardi soir, le PSG a peut-être avancé d'autres pions que ceux qui devraient le conduire en quarts de finale de la Ligue des champions. En effet, le champion de France a diffusé sur son compte Facebook une partie de sa victoire contre Manchester United. La démarche à beaucoup plu à la communauté des internautes – surtout ceux qui luttaient contre les problèmes de diffusion rencontrés par RMC Sport. C'est assez logique. Elle n'a par contre pas du tout fait sourire Alain Weill, le PDG d'Altice France, groupe propriétaire de la chaîne qui a déboursé 350 millions d'euros pour diffuser les Coupes d'Europe en exclusivité jusqu'en 2021.

«D'après ce que j'ai compris, c'est une chaîne brésilienne détentrice des droits qui a mis ces images sur Facebook, a expliqué Alain Weill sur France Inter. À partir de là, il y a eu un manque de contrôle total. C'est arrivé sur la page du PSG et le monde entier l'a vu. (…) Évidemment, je ne peux pas croire que c'est une décision.» Tout l'enjeu de cette affaire tient dans le caractère délibéré ou non de cette diffusion. Mercredi, le PSG s'est empressé de reconnaître (pas regretter) «une erreur de géolocalisation». En d'autres termes, le partage via «cross-post» ne devait être accessible que sur le territoire brésilien mais il s'est étendu durant quelques minutes à l'échelle mondiale.

Erreur d'aiguillage ou test déguisé?

Cette explication technique peut-elle satisfaire RMC Sport, qui doit parallèlement faire face à la grogne de ses abonnés, en prise à des soucis techniques lors des très grosses affiches? «Nous nous réservons naturellement le droit de demander toutes les réparations requises compte tenu du préjudice d'image et commercial important», a indiqué la chaîne. Une méfiance qui s'explique volontiers dans le contexte actuel des luttes de pouvoir audiovisuelles. Notons en effet que, d'une part, le PSG partage le même propriétaire que BeIn Media Group, ancien détenteur des droits de la Ligue des champions. Et d'autre part, les «liaisons dangereuses» qu'entretiennent les géants du web (GAFA) avec les acteurs du sport placent de plus en plus toute une industrie sous pression.

«Les GAFA sont encore dans une phase de tests et ne se pressent pas car ils savent que le contexte joue en leur faveur, nous expliquait Lucie Schoch, sociologue des médias à l'UNIL, il y a pile un an lorsque Stan Wawrinka avait diffusé son 1er tour du tournoi de Marseille sur Facebook. L'évolution des supports, la segmentation de l'offre médiatique mais aussi les particularités du sport servent leurs intérêts.» Alors soyons un peu impertinent: quoi de mieux qu'une grosse soirée de Ligue des champions pour mener un «test par accident»? «Dès que la télévision disparaîtra, les GAFA dicteront le jeu, pronostiquait l'économiste du sport Lionel Maltese. Il faut bien comprendre que la vraie force médiatique, c'est l'athlète. Le jour où Neymar diffusera un match sur Facebook, il explosera n'importe quelle audience télévisée.» Remplacer Neymar par PSG dans cette phrase et vous avez une petite idée de ce qui s'est peut-être joué mardi soir dans les méandres de la Toile.

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