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SantéRoaccutane: «Une action commune contre Roche est possible»

Les victimes du Roaccutane, un médicament efficace contre l'acné, sortent du bois.

par
Victor Fingal
AFP

«J'ai reçu des dizaines de témoignages de personnes qui ont pris elles-mêmes du Roaccutane et dont le destin a chaviré, soit à la suite du suicide d'un des leurs, soit à cause de graves troubles psychiques dont elles souffrent», commentait hier Mario D'Ippolito, dont la vie a basculé après que sa femme a voulu soigner une légère acné avec le médicament de Roche (lire Le Matin du 15 février). «L'une d'elles porte une terrible culpabilité: comme sa fille était mineure, elle a signé l'autorisation pour obtenir le médicament qui a conduit l'adolescente au suicide.»

De son côté, Sandrine Osojnak, l'avocate de Mario D'Ippolito, rappelle «qu'une action commune contre Roche est possible, même si en Suisse il n'existe pas de «Class Action» comme aux Etats-Unis.»

En clair, des personnes peuvent agir ensemble par le biais d'un seul procès: «Cela permettrait ainsi aux lésés de réduire les coûts, comme par exemple les frais d'expertise, qui se chiffrent en dizaines de milliers de francs.» Un passage obligé pour tenter de prouver un lien de cause à effet entre l'usage du Roaccutane et les pathologies développées par les lésés. «Contrairement à une «Class Action» américaine, où un tribunal condamnerait une entreprise à verser une indemnité globale à partager entre les lésés, une action conjointe ne dispenserait pas chaque victime d'établir son propre dommage.»

Pour Marie-Noëlle Bovey, présidente de l'Association suisse des victimes du Roaccutane et génériques, l'approche de Me Sandrine Osojnak représente déjà un pas important. «Nous n'avions pas trouvé jusqu'à présent d'avocat qui accepterait de porter une éventuelle procédure contre Roche.»

Marie-Noëlle Bovey, elle-même victime du Roaccutane et qui a failli se suicider, est bien décidée à poursuivre le combat. «Je vais prendre contact avec la centaine de membres de notre association afin de déterminer si nous allons entamer une procédure légale.»

Rappelons qu'aux Etats-Unis Roche doit faire face à plus de 6000 actions en justice mettant en cause différents effets indésirables du médicament.

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