Euro 2020 - Robert Page, le «penseur» sélectionneur par accident
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Euro 2020Robert Page, le «penseur» sélectionneur par accident

A l'Euro, le Pays de Galles est emmené par Robert Page, qui a dû prendre la relève de Ryan Giggs, empêtré dans des démêlés judiciaires.

par
Robin Carrel
(Bakou)
Rob Page lors du dernier match amical.

Rob Page lors du dernier match amical.

AFP

C'est une histoire pas comme les autres que vit le sélectionneur gallois. Tout simplement parce qu'il n'était pas censé être là. L'ancien entraîneur des moins de 21 ans avait rejoint les «grands» en tant qu'adjoint en 2019 et s'est retrouvé coach principal à la suite des démêlés judiciaires du titulaire du poste.

La légende du football gallois Ryan Giggs a, en effet, dû être écarté en urgence par sa fédération en fin d'année dernière. L'ancien virevoltant ailier de Manchester United a été mis en examen au mois d'avril dernier pour des agressions sur deux femmes. Le Gallois de 47 ans a décidé de plaider non coupable et souhaite «laver son nom» devant les tribunaux.

En attendant, il doit se concentrer sur cet autre combat et laisser les clés du camion à son ancien adjoint. Robert Page n'a pas le CV le plus clinquant, lui qui a notamment coaché Port Vale et Northampton. Et lui-même s'étonne presque de son incroyable voyage, qui l'a mené à un des postes les plus convoités au pays après celui de Prince.

«Je viens de Tylorstown, dans les Valleys (ndlr: vallées du sud du Pays de Galles, entre le Carmarthenshire à l'Ouest et le Monmouthshire à l'Est) et jouer pour ton pays un jour est déjà un grand honneur. Mais manager ta contrée pendant une grande compétition internationale, ça c'est juste incroyable. J'ai quitté mon chez moi à 16 ans pour vivre ma carrière.»

Elle sentira bon le fish & chips et l'emmène ce défenseur de devoir de Watford à Chesterfield, en passant par Sheffield United, Cardiff, Coventry et Huddersfield. Page a raccroché ses crampons en 2011, avant de coacher Port Vale en League Two, puis Northampton en League One. Il est passé du côté de la Fédération galloise en 2017 et n'en a plus bougé depuis, grimpant même un dernier échelon inattendu.

«Le public gallois peut être tranquille. Il n'y aura absolument rien de laissé au hasard, a dit à propos de Page le manager Micky Adams, qui l'avait engagé à Coventry en tant que joueur puis à Port Vale en tant que coach. Rob est quelqu'un de très méticuleux, c'est un vrai penseur du football. Le meilleur compliment que je puisse lui faire est qu'il est un vrai étudiant de ce sport.»

En bon apprenti, il tâtonne, essaie, teste. Ces derniers matches, il est passé par trois 3-4-3 «à plat» contre la Belgique (1-3), la République tchèque (1-0) et le Mexique (1-0) en mars, à un ambitieux 4-3-3 en France en préparation (0-3, à dix pendant près d'une heure), pour terminer par un 3-5-2 des familles avec Aaron Ramsey en «faux 9» derrière deux ailiers/attaquants contre l'Albanie (0-0), qu’il a fait évoluer en cours de rencontre.

«La Suisse, ça sera encore meilleur que l'Albanie, qui a été un bon adversaire.»

Rob Page

«La Suisse, ça sera encore meilleur que l'Albanie, qui a été un bon adversaire. C'était un vrai match de niveau international, a-t-il dit au terme du dernier test de sa troupe. Nous avons pu donner du temps de jeu aux joueurs qui en avaient besoin, comme Ben Davies. Nous étions meilleurs en seconde période, avec l'entrée de Kieffer Moore et le passage en 4-2-3-1. Il nous offre beaucoup de possibilités, il n'est pas qu'un pivot. Cela me donne des pistes de réflexion.»

Face à la Suisse, il reprendra peut-être le schéma de la première période. Le joueur de la Juventus sera alors au soutien des deux flèches que sont Daniel James (Manchester United) et Gareth Bale (Tottenham). Une ligne offensive de très haut niveau, ce que ne sont pas forcément leurs collègues des bases arrières. Ce qui est sûr, c’est que la défense de Vladimir Petkovic aura du pain sur la planche lors de ce match déjà décisif. L’équipe qui gagne sera quasiment en 8es de finale, tandis que le perdant aura déjà la pression.

Le point sur l’Euro avant le début de la compétition

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