Actualisé 19.12.2019 à 05:49

Robert Pattinson: «J’aime les films dégueulasses!»

Cinéma

L’acteur anglais campe un gardien de phare qui sombre dans la folie dans «The Lighthouse», en salle depuis hier. Rencontre avec le prochain Batman.

par
lematin.ch
«Je me dis toujours que mon dernier job sera le dernier. Et si c’est mon dernier job, j’ai envie qu’il s’agisse d’un rôle qui me branche», confie Robert Pattinson, 33 ans.

«Je me dis toujours que mon dernier job sera le dernier. Et si c’est mon dernier job, j’ai envie qu’il s’agisse d’un rôle qui me branche», confie Robert Pattinson, 33 ans.

AFP

Depuis qu’il a tourné la page de la saga «Twilight» en 2012, Robert Pattinson s’est illustré dans des petits films d’auteur. L’acteur de 33 ans impressionne face au grand Willem Dafoe dans «The Lighthouse», un thriller psychologique aux accents hitchcockiens et surréalistes, en salle depuis le 18 décembre. Filmée en noir et blanc dans un format vintage, l’odyssée hallucinée de ces deux gardiens de phare sombrant dans la folie ne laissera personne indifférent. Le comédien anglais a reçu le Lematin.ch à Londres pour évoquer le film, sa carrière et son rôle dans le prochain «Batman».

Comment vous êtes-vous préparé pour ce rôle, à part vous laisser pousser une barbe?

Quelqu’un m’a mis en contact avec un pêcheur de homards. En lui parlant au téléphone, j’ai adoré sa voix. J’ai essayé de copier son accent, ce qui s’est avéré super fun. Du coup, cela a affecté ma façon de bouger et le personnage a commencé à prendre forme. Je découvre la manière de jouer chaque rôle de façon bizarre. Je suis juste mes instincts.

On dirait qu’il s’agit d’un processus très ludique.

Je n’ai réalisé ça que ces dernières années. Avant, mes insécurités prenaient toujours le dessus. Je me disais que chaque film était un test et je devais être vraiment bon tout le temps. Mais on ne peut pas simplement décider d’être bon! Par contre, on peut trouver des façons de s’amuser en s’intéressant au rôle et à l’univers du film. Généralement, cela rend l’expérience beaucoup plus satisfaisante.

La bande-annonce de «The Lighthouse»

Ce tournage s’est déroulé dans des conditions assez extrêmes…

Oui, le temps est complètement dingue dans cette région de la Nouvelle-Ecosse (ndlr.: est du Canada) parce que les quatre saisons peuvent y défiler en une heure. Il neige et dix minutes plus tard, le soleil brille. Et puis, il y fait tout le temps un froid de canard et il n’arrête pas de pleuvoir. Mais je voulais donner une grande performance, surtout à la fin, et le climat a facilité cela. Quand tu es couvert de boue et de merde, tu te sens beaucoup moins gêné de faire un grand numéro!

Le réalisateur Robert Eggers aime faire longuement répéter ses acteurs mais ce n’est pas trop votre truc, non?

J’ai besoin d’adrénaline, de me dire «OK, c’est le moment de jouer. Si tu te plantes, c’est foutu.» Je n’aime pas jouer une scène et puis en discuter parce que cela rend la chose artificielle à mes yeux. C’est pour ça que je ne ferai jamais du théâtre. Cela me rendrait complètement dingue.

On a pu lire que vous étiez à deux doigts de lui mettre votre poing dans la gueule…

J’ai dit ça pour rigoler et puis Robert l’a entendu et il m’a demandé: «Tu allais me mettre ton poing dans la gueule?» Et je lui ai répondu: «Bien sûr que non!»

Vous choisissez de faire des films qui vous sortent de votre zone de confort. Vous auriez pu vous contenter d’être un acteur grand public…

Je ne sais pas qui est un acteur grand public. Les seuls comédiens qui maintiennent leurs carrières sont ceux qui recherchent des rôles difficiles. Peut-être qu’une fois qu’ils ont fait leurs preuves, ils peuvent ensuite se répéter un peu. Mais j’ai toujours trouvé plus dangereux d’essayer de courir derrière le public. Je me dis toujours que mon dernier job sera le dernier. Et si c’est mon dernier job, j’ai envie qu’il s’agisse d’un rôle qui me branche plutôt que d’un film qui va faire beaucoup d’entrées ou m’ouvrir des portes. Je ne m’engage que dans des projets qui me semblent cool.

Pourquoi teniez-vous absolument à jouer Batman?

Je me suis toujours senti proche de lui. Je marche tout le temps à l’instinct et je me souviens que lorsque j’ai commencé à penser au rôle, il y a trois ans ou même plus, j’ai eu un bon feeling. Et à l’époque, je n’étais sur aucune liste de candidats potentiels! Bizarrement, je savais que j’allais jouer ce rôle. Et puis l’héritage du personnage est assez extraordinaire.

Avez-vous l’impression que Batman marque le début d’un nouveau chapitre dans votre carrière? Un retour aux films à gros budget?

Non, pour moi tous les films sont semblables. Pour faire mes choix, je me demande «Qu’est-ce qui est différent dans ce rôle? Qu’est-ce qui est difficile?» C’est ça qui m’excite. Je suis accro à l’adrénaline. Je me réjouis de voir ce que ces films de Batman vont donner parce qu’il s’agit d’un environnement de travail complètement différent. La seule chose qui m’inquiète, c’est de faire un film qui ne soit pas interdit aux moins de 13 ans parce que j’aimerais y mettre des trucs dégoûtants. J’aime les films dégueulasses!

Fabio Dell'Anna

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!