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OupsRocancourt à nouveau devant la justice

Après des années derrière les barreaux, en France et aux Etats-Unis, Christophe Rocancourt, «l'arnaqueur des stars» qui a berné le tout-Hollywood, comparaît vendredi à Paris devant la justice, cette fois pour abus de faiblesse sur une cinéaste française.

Christophe Rocancourt lors de son arrestation aux États-Unis en 2000.

Christophe Rocancourt lors de son arrestation aux États-Unis en 2000.

AFP

Christophe Rocancourt, 44 ans, condamné en 2003 aux Etats-Unis pour escroquerie après s'être fait passer auprès de stars pour un Rockfeller ou le fils caché de l'actrice italienne Sophia Loren, est jugé en correctionnelle pour avoir extirpé 703.000 euros à la cinéaste Catherine Breillat.

La réalisatrice, connue pour ses films crus sur la sexualité ("Romance" ou "Anatomie de l'enfer"), l'accuse d'avoir profité de son état après un accident vasculaire cérébral (AVC) en 2005 ayant entraîné une hémiplégie, des crises d'épilepsie et des troubles d'écriture et de calcul.

C'est en 2007 que la sexagénaire rencontre celui qu'elle décrit comme un personnage de roman "beau mec" mais "voyou". Elle lui propose un rôle dans un projet de film, "Bad Love", et lui confie l'écriture d'un scénario intitulé "La vie amoureuse de Christophe Rocancourt". A la signature du contrat, elle lui remet 25.000 euros.

En un an et demi, Catherine Breillat signera douze autres chèques à son ordre. Le 20 avril 2009, elle finit par porter plainte pour abus de faiblesse contre Christophe Rocancourt. Celui-ci conteste les poursuites et affirme que la cinéaste avait conscience des chèques qu'elle signait.

"Tant qu'on n'est pas absolument ruiné, il est impossible de se rendre compte soi-même qu'on est victime d'un abus de faiblesse", avait-elle expliqué en 2010. "On est non seulement dépouillé de son argent mais aussi de sa personne".

Trois témoignages recueillis durant l'enquête attestent de sa vulnérabilité. Le médecin l'ayant rééduquée souligne d'importantes séquelles après son AVC. D'après lui, elle ne disposait plus de toutes ses capacités et n'avait plus la notion de l'argent. Deux expertises médicales confortent cette thèse.

Quant à l'entourage de Mme Breillat, il évoque le "harcèlement" du séducteur, qui, début 2008, a installé la scénariste quatre mois au domicile qu'il partageait avec sa compagne d'alors, l'ancienne Miss France Sonia Rolland.

Cette dernière a reconnu durant l'instruction avoir été étonnée d'une telle sollicitude et trouvé anormal que la cinéaste soit installée dans un simple canapé au vu de son état de santé. Selon elle, Catherine Breillat, dans un état constant de somnolence, était alors dans une dépendance totale.

Christophe Rocancourt répond que les sommes reçues étaient justifiées d'une part par l'écriture du scénario commandé, d'autre part par un contrat conclu pour le tournage de "Bad Love", dans lequel devait jouer l'ancien top-model Naomi Campbell.

Rocancourt assure que le contrat fixait sa rémunération à 900.000 euros. Il reconnaît que ce projet n'ayant pas abouti, il est redevable des avances perçues. Mais selon lui, il ne s'agirait que de prêts non remboursés.

Doué pour ses talents de conteur, Rocancourt est connu pour ses arnaques et son goût des stars.

Très jeune, cet orphelin se met à voler l'argent de la quête. Puis dans une bijouterie à Genève, après plusieurs arnaques à Paris, où il fréquente déjà la jet-set, et qui lui valent sa première incarcération en 1991.

A sa sortie de prison, il débarque à Los Angeles, "baragouinant l'anglais". Il se fond avec aisance dans le monde du show-business et du cinéma, côtoie ou approche Michael Jackson, Elton John, Meryl Streep, et devient un intime de Mickey Rourke.

Menant grand train au volant d'une Ferrari entre L.A. et New York, il sera condamné à cinq ans de prison aux Etats-Unis pour avoir soutiré des millions de dollars à des producteurs ou des milliardaires. Jusqu'à 43 millions, selon certaines estimations.

En 2002, il a publié son autobiographie, "Moi, Christophe Rocancourt, orphelin, play-boy et taulard", un succès d'édition mondial.

(AFP)

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