Hockey sur glace: Rochette: «On n'est pas au bout des surprises»

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Hockey sur glaceRochette: «On n'est pas au bout des surprises»

L'analyste de la chaîne de télévision «MySports» estime que Zoug, Lausanne et Bienne peuvent trébucher en quarts de finale des play-off de National League. Interview sans langue de bois.

par
Emmanuel Favre
Stéphane Rochette: «La nouvelle manne apportée par le contrat de télévision a conduit à la parité dans la Ligue.»

Stéphane Rochette: «La nouvelle manne apportée par le contrat de télévision a conduit à la parité dans la Ligue.»

Jean-Guy Python

Stéphane Rochette, franchement, les SCL Tigers et Ambri en play-off, vous l'aviez vu venir?

Absolument pas, comme tout le monde ou presque. Ces deux équipes ont su profiter du fait que deux clubs ont rapidement été largués pour capitaliser sur leur marge. De surcroît, la première ligne d'Ambri a marché sur l'eau et Ehlers, qui était passé proche des séries par le passé, a bien préparé les matches des Tigers. Mais il n'y a pas que ça…

C'est-à-dire?

Je pense que la nouvelle manne apportée par le contrat de télévision, soit 1,8 million de francs distribués à chaque club, a été un facteur qui a conduit à la parité dans la Ligue. Avec cette somme, les équipes à petit budget ont pu recruter trois ou quatre joueurs. Cela leur a donné un peu plus de profondeur et de talent.

Imaginez-vous des surprises en quarts de finale?

Oui! Je ne pense pas que Berne sera mis en danger par GE Servette dans une série de sept matches. Les Ours ont trop de talent et les Aigles ont trop de blessés. Mais, dans les autres duels, tout est possible.

Donc, pour vous, les SCL Tigers peuvent sortir le Lausanne HC, c'est ça?

Sur le papier, c'est clair, le LHC est favori. Mais attention, les Emmentalois présentent une meilleure fiche sur la route qu'à domicile. Si j'étais à la place des Vaudois, je me méfierais.

Bienne contre Ambri?

Si l'on se fie aux résultats de la saison régulière, on peut penser que cela sera facile pour les Seelandais. Quatre confrontations directes, quatre victoires et un goal average de 17-2. Mais si on regarde la courbe de performances du HCB, on peut être inquiet. Cette équipe est tout simplement ordinaire depuis 40 matches. Vous me rétorquerez que Hiller est supérieur à Conz devant le filet? Eh bien, ce n'est pas sûr. Le gardien d'Ambri présente quasi les mêmes chiffres que celui de Bienne et, surtout, son substitut (Manzato) n'est pas un numéro 2, mais un numéro 1,5. S'il arrivait malheur à Hiller, Bienne n'aurait pas de plan B crédible à proposer puisque Saikkonen n'a pas l'envergure pour être dominant sur une base régulière à ce niveau de la compétition.

Zoug est-il clairement favori face à Lugano?

Je ne crois pas en l'équipe zougoise, qui est une formation de saison régulière et non pas de play-off. Au sein de cette organisation, les gars qui performent lors du calendrier régulier ont tendance à s'éclipser dans les séries. C'est notamment le cas de Lino Martschini, qui n'a marqué que sept buts en 45 parties de play-off, et du gardien Tobias Stephan, dont le pourcentage d'arrêts a toujours eu tendance à chuter à ce stade de l'exercice.

Donc, pour vous, on retrouvera Lugano en demi-finale…

Je ne suis pas devin, mais je le pense. A cinq contre cinq, Lugano est la deuxième équipe la plus efficace de la Ligue. Et je suis convaincu qu'on va retrouver le vrai Maxim Lapierre, celui qui va peut-être mériter le titre honorifique de MVP des play-off. Il va assumer son rôle d'agitateur avec brio, redevenir la locomotive des bianconeri, entraîner Jani Lajunen et tous les autres dans son sillage. Et puis, devant le filet, Elvis Merzlikins fera le travail.

Les arbitres laisseront Lapierre agir?

Ce joueur sait être chiant tout en restant dans les limites du règlement.

L'arbitrage, justement. Vous connaissez bien les us et coutumes de la corporation puisque vous étiez directeur de jeu professionnel avant de devenir consultant, aujourd'hui auprès de «MySports». Alors, dites-nous, pourquoi les directeurs sont-ils plus permissifs en play-off?

Ce n'est généralement pas le cas lors des matches 1 et 2. En principe, le bordel survient dans les parties 3, 4 et 5. Mais vous avez raison: la ligne est un peu plus souple dans les duels éliminatoires.

Pourquoi?

Les arbitres ne veulent pas influencer un match et les joueurs s'attendent à moins de sévérité. C'est comme s'il existait une loi non écrite qui stipule qu'on ne siffle pas tout en play-off, et rien dans une prolongation d'un match de play-off. Je l'avais vécu une fois.

Racontez-nous...

C'était une partie entre Zurich et Zoug et j'avais envoyé un Zougois au cachot dans le temps supplémentaire. Mark Streit avait donné la victoire aux ZSC sur l'avantage numérique et Sean Simpson, le coach de l'EVZ, m'avait apostrophé pour me signaler qu'on ne pouvait pas dicter de punition dans une prolongation.

Une dernière chose: un club sera-t-il relégué?

Rapperswil a le profil pour tomber. Mais tout dépendra de l'identité de son adversaire de Swiss League dans la série de promotion-relégation.

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