Tennis - Roger Federer a lancé son ultime défi aux yeux du monde
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TennisRoger Federer a lancé son ultime défi aux yeux du monde

Le Bâlois, qui s’est déplacé tout le week-end avec des béquilles à Boston, pour la Laver Cup, ne va rien précipiter. Pour réussir sa dernière danse sur un court mais aussi pour le reste de sa vie.

par
Jérémy Santallo
Roger Federer photographié lors d’une interview samedi à Boston.

Roger Federer photographié lors d’une interview samedi à Boston.

Getty Images for Laver Cup

En termes de communication, ce fut un coup de maître. Toujours en pleine phase de rééducation après une nouvelle opération au genou, Roger Federer avait lâché en début de semaine qu’il regarderait péniblement sa Laver Cup – il est l’un des instigateurs – devant sa télévision. Mais surprise, vendredi, le Bâlois a débarqué à Boston (USA) pour braquer au mieux les projecteurs sur son exhibition, annulée l’an dernier.

«J’ai senti que c’était la chose à faire. Je voulais voir l’équipe, sentir que j’en faisais encore partie, comme de l’événement d’ailleurs, a expliqué «RF». Je voulais revoir des amis que je n’avais pas vus depuis deux ans donc j’ai décidé il y a dix jours de venir, voir si c’était possible avec les béquilles et tout ça. Mes parents ont pu venir, «Seve» (ndlr: Séverin Lüthi), mon coach, aussi, donc je suis très excité et heureux d’être venu.»

Instagram severinluthi

Pendant deux jours, le Suisse de 40 ans a déambulé dans le TD Garden habituellement dédié aux Boston Celtics avec l’aide de béquilles, non sans émouvoir l’assistance présente sur place. Samedi soir, alors que la «Team Europe» s’envolait au tableau d’affichage face au «reste du monde», Roger Federer est revenu sur la réflexion qui a accompagné sa dernière opération, au micro du toujours excellent Jim Courier.

«Cette décision n’a pas été facile à prendre, car j’avais déjà subi deux chirurgies du genou l’année passée, a commenté le «Maître», avant d’avouer sur sa quinzaine à Londres. J’étais vraiment mécontent de la façon dont les choses se sont passées à Wimbledon. J’étais loin d’être là où je voulais être pour jouer au plus haut niveau. Mais j’ai fait de mon mieux et à la fin, à un moment donné, trop c’est trop.»

Boutée hors du «Temple» par Hubert Hurkacz en juillet, la légende n’est qu’au début d’un très long processus. On dirait même que sa prochaine préparation physique n’est pour l’heure qu’une lointaine illusion. «Je dois y aller étape par étape. Je dois d’abord remarcher correctement, courir correctement, faire les déplacements latéraux et tout le travail d’agilité, et après ça, je pourrais revenir sur un court», a-t-il énuméré.

«Je veux m’assurer que je peux faire tout ce que je veux faire plus tard»

Roger Federer

Si l’histoire serait belle de le voir sur la ligne de départ de l’Open d’Australie avec Novak Djokovic et Rafael Nadal – on rappelle: 20 Grand Chelem chacun –, cela semble pour l’heure difficilement imaginable face à l’ampleur du travail qui l’attend. «Cela va me prendre encore quelques mois et on verra où j’en suis l’année prochaine. Je dois prendre mon temps. Je ne veux pas me précipiter dans quoi que ce soit à ce stade.»

Prudent, «RF» ne souhaite pas hypothéquer ses chances de réussir son ultime – comment imaginer qu’il y en ait un autre si une nouvelle opération se pointait? – come-back. Mais pas que. «C’est aussi pour ma vie. Je veux m’assurer que je peux faire tout ce que je veux faire plus tard. Il n’y a pas d’urgence, donc je suis en fait dans une très bonne position. Je pense que le pire est derrière moi. Je suis juste heureux.»

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