30.08.2017 à 08:25

TennisRoger Federer: «Mes yeux voyaient tard»

Engoncé durant deux sets, le Bâlois est parvenu à se sortir de l’embuscade que lui a tendue Frances Tiafoe au bout de cinq sets étranges. L’essentiel à retenir de son premier tour.

par
Mathieu Aeschmann, New York
Roger Federer: «Je n’ai pas très bien servi au début, mes yeux voyaient tard et je me trompais souvent de distance.»

Roger Federer: «Je n’ai pas très bien servi au début, mes yeux voyaient tard et je me trompais souvent de distance.»

AFP

Le match

Difficile de trouver un fil conducteur à ces cinq manches décousues disputées sur un rythme effréné (2h38'). Mais puisqu’il faut faire le tri, deux constats plutôt nets se dégagent: Roger Federer est passé à côté de sa première heure de jeu comme rarement en Grand Chelem, puis il a retrouvé son service au meilleur moment, comme si souvent sur les plus grands courts du monde.

Emprunté dans ses courses latérales et catastrophique en revers, le Bâlois a logiquement cédé la première manche (4-6) avant de ne recoller au score que grâce aux cadeaux de Frances Tiafoe (6-2). L’Américain a même semblé sortir du match dans le troisième set alors que «RF» lâchait enfin quelques accélérations plus fluides (6-1). Enfin relâché, Federer se faisait surprendre dès l’entame d’un 4e set qu’il laissait finalement filer (1-6). À raison. Car en s’appuyant sur une première balle retrouvée, le No3 mondial s’offrait un break rapide qui lui assurait de faire la course en tête avec autorité. Une avance qu’il finissait par valider après une énième frayeur (débreak à 5-3).

La statistique: 56

Les 56 fautes directes fautes directes abandonnées par Roger Federer au fil de ces cinq sets rapides prouvent bien que le Bâlois a passé sa soirée à chercher les bons réglages. «C’est normal car je n’ai pas eu la préparation que j’espérais. J’ai passé dix jours focalisé sur mon dos. Le but était de jouer le tournoi, pas d’être prêt à 100%. Du coup, je n’ai pas très bien servi au début, mes yeux voyaient tard et je me trompais souvent de distance. J’ai aussi eu des soucis avec ma coordination au niveau des déplacements. Heureusement, j’ai commencé à me sentir mieux en avançant dans le deuxième set. Et puis, j’ai réussi à retrouver de l’énergie au cinquième. J’ai réussi à jouer de manière plus agressive, comme je le fais depuis le début de la saison.»

La déclaration: «Je suis resté calme»

Roger Federer est un communicateur génial et déroutant. Hier soir, il a été capable de concéder à la foule du Arthur Ashe que «le cinquième set revenait à tirer à pile ou face». Puis une heure plus tard, devant la presse écrite, le Bâlois déroula un discours bien plus confiant. «Je pense que l’expérience a joué un rôle déterminant. Frances est monté très haut dans ses émotions après le gain du quatrième set. Et moi, je suis resté calme. En fait, j’étais content d’être au cinquième set après seulement 2 heures de jeu. Compte tenu de mon départ raté, de ma préparation tronquée, de la nervosité, j’étais bien. J’avais pris plein d’infos. Et je savais que si je jouais un peu mieux, je finirais par gagner ce match.»

Le bulletin de santé

Pendant une heure, Roger Federer bougeait comme un convalescent (au mieux). Alors forcément, il a dû s’expliquer sur l’état de son dos. «Je suis heureux de comment je me sens. Il faut laisser le corps se refroidir pour avoir une idée précise. On verra demain. Mais vous savez, si je pensais que mon dos allait empirer au fil des matches, je n’aurais pas joué le tournoi. Dans mon esprit, je m’éloigne des problèmes, je laisse Montréal derrière moi.»

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