Actualisé 24.05.2019 à 08:16

Roger Federer paiera-t-il les amendes des jeunes Lausannois ?

Climat

Ils avaient investi les locaux du Credit suisse à Lausanne pour dénoncer la politique d'investissement de la banque. Les amendes sont salées, mais les militants préfèrent aller en prison.

par
Eric Felley
C'est dans une ambiance festive et colorée que les jeunes de Lausanne Action Climat ont investi les locaux du Credit Suisse en novembre dernier. Pour la justice c'est une violation de domicile qui mérite une sanction exemplaire.

C'est dans une ambiance festive et colorée que les jeunes de Lausanne Action Climat ont investi les locaux du Credit Suisse en novembre dernier. Pour la justice c'est une violation de domicile qui mérite une sanction exemplaire.

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«Si les peines encourues sont maintenues, la grande majorité des militants et militantes incriminés préfère la prison au paiement des amendes...» Les membres du collectif Lausanne Action Climat se lance dans un bras de fer contre la justice et les institutions. 13 d'entre eux viennent d'être mis à l'amende à la suite de leur action intitulée «Si Roger savait», qui s'est déroulée le 22 novembre dernier dans les locaux de Credit Suisse à Lausanne.

Investissements en cause

L'idée était d'interpeller la star du tennis suisse, qui «prête» son image à la banque, dont les manifestants dénoncent la politique d'investissements en contradiction avec les objectifs de lutte contre le réchauffement climatique. Selon eux, «Le Crédit Suisse finance le réchauffement climatique à travers son investissement dans différents secteurs de l’énergie fossile. Entre 2015 et 2017 la banque a investi 7 milliards de dollars dans la production électrique à charbon, le sable bitumineux ou le pétrole arctique.»

Première répression du mouvement

Credit Suisse a déposé plainte pour violation de domicile et contrainte. La justice a retenu le premier chef et a infligé à chaque militant 600 francs d’amende cash convertible en 20 jours de prison, ainsi qu’à 30 jours-amendes à 30 francs avec un sursis de deux ans. Mais ils considèrent que la violation de domicile n'est qu'un prétexte pour les dissuader: «Il s’agit des premiers exemples suisses de répression contre des jeunes activistes depuis le début des mouvements de grève climatique.»

Le silence de Roger

Les concernés, soutenus par des avocats bénévoles, ont fait appel contre une condamnation qu'ils estiment démesurée pour une action pacifique. Ils se sont assurés aussi du soutien du Prix Nobel Jacques Dubochet et du spécialiste du développement durable de l'Université de Lausanne, Dominique Bourg. Ils pourraient aussi demander à Roger Federer de faire un geste en réglant leurs amendes... D'autres occupations du même type ont eu lieu aussi à Genève et Bâle, mais le champion n'a pas réagi: «Non, explique un militant lausannois, il n'a pas perdu son sourire... Mais à sa place, que peut-il faire ? Réagir, c'est forcément prendre position.»

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