Actualisé 14.12.2017 à 11:27

BirmanieRohingyas: 730 enfants tués en un mois, selon MSF

Au moins 6700 Rohingyas, dont 730 enfants, ont été tués uniquement lors du premier mois d'une campagne militaire dans l'ouest de la Birmanie entre le 25 août et le 25 septembre.

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L'ONU est inquiète des conséquences possibles de l'arrivée des pluies au Bangladesh et en Birmanie au milieu de la pandémie liée au Covid-19. (Mardi 21 avril 2020)

L'ONU est inquiète des conséquences possibles de l'arrivée des pluies au Bangladesh et en Birmanie au milieu de la pandémie liée au Covid-19. (Mardi 21 avril 2020)

AFP
Les gardes-côtes du Bangladesh ont annoncé avoir secouru dans les eaux territoriales du pays au moins 382 réfugiés rohingyas «affamés» après presque deux mois en mer. (15 avril 2020 - Image d'archive)

Les gardes-côtes du Bangladesh ont annoncé avoir secouru dans les eaux territoriales du pays au moins 382 réfugiés rohingyas «affamés» après presque deux mois en mer. (15 avril 2020 - Image d'archive)

AFP
Des crimes de guerre ont bien été commis contre les Rohingyas mais pas de génocide, assure un rapport d'enquête birman lundi. (20 janvier 2020)

Des crimes de guerre ont bien été commis contre les Rohingyas mais pas de génocide, assure un rapport d'enquête birman lundi. (20 janvier 2020)

AFP

Quatre cents morts. C'était le chiffre évoqué par l'armée birmane jusqu'à présent. Faux, dit aujourd'hui Médecins sans frontières (MSF) qui n'arrive pas du tout au même décompte macabre, totalisant 6700 morts dont 730 enfants pour le seul mois de septembre (25/08-25/09), lorsque l'armée a débuté sa «campagne» dans l'ouest de la Birmanie, qualifiée d'«épuration ethnique» par l'ONU.

De surcroît, estime l'organisation, «le nombre de décès est vraisemblablement sous-estimé», comme l'a précisé ce jeudi le Dr Wong de MSF, qui a interrogé plus de 11'000 réfugiés au Bangladesh où plus de 640'000 musulmans rohingyas ont trouvé refuge depuis fin août pour fuir cette «épuration ethnique».

L'exode continue

Les chiffres de MSF ne couvrent que le premier mois des violences, mais l'exode se poursuit encore aujourd'hui et les personnes qui fuient «disent avoir subi des violences ces dernières semaines». Pour l'ONG, «l'ampleur et la nature des violences mises au jour sont effroyables».

«Nous avons entendu des personnes raconter que des familles entières avaient péri après que les forces armées les ont enfermées dans leurs maisons avant d'y mettre le feu», raconte le Dr Wong. Les enquêtes montrent que 69% ont été tués par balles, 9% ont été victimes de brûlures mortelles, 5% de tabassages.

La campagne de répression de l'armée birmane commencée le 25 août faisait suite à des attaques de postes de police par les rebelles de l'Armée du salut des Rohingyas de l'Arakan (ARSA).

Les musulmans rohingyas représentent la plus grande population apatride du monde depuis que la nationalité birmane leur a été retirée en 1982. Victimes de discriminations, ils n'ont pas de papiers d'identité, ne peuvent pas voyager ou se marier sans autorisation. Et ils n'ont accès ni au marché du travail ni aux services publics comme les écoles et hôpitaux.

«Apartheid»

Les chiffres de MSF contredisent en tout point l'armée birmane, qui a rendu mi-novembre les conclusions de son enquête interne. «Les soldats n'ont pas commis de violences sexuelles ni tué des civils. Ils n'ont pas arrêté, battu ou tué de villageois», affirmait le rapport sur la base de plus de 2800 témoignages de villageois musulmans, recueillis dans des conditions d'indépendance non vérifiées.

L'armée a seulement confirmé avoir tiré sur une foule de Rohingyas qui les attaquaient, affirmant avoir agi en état de légitime défense. Les violences dans l'Etat Rakhine ont en effet débuté par des attaques de postes de police par la rébellion rohingya de l'ARSA, qui dénonce les mauvais traitements subis par cette minorité.

Ils représentent la plus grande population apatride du monde depuis que la nationalité birmane leur a été retirée en 1982, sous le régime militaire. Victimes de discriminations, ils n'ont pas de papiers d'identité, ne peuvent pas voyager ou se marier sans autorisation. Et ils n'ont accès ni au marché du travail ni aux services publics comme les écoles et hôpitaux. Amnesty international a récemment évoqué une situation d'«apartheid».

(ats)

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