09.12.2016 à 06:53

BirmanieRohingyas: l'ONU appelle Suu Kyi à intervenir

Les Nations unies appellent la dirigeante à se rendre dans le nord-ouest du pays où la minorité musulmane est persécutée.

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Aung San Suu Kyi a rejeté la décision des Nations unies d'envoyer une mission d'enquête en Birmanie sur les récentes exactions contre la minorité musulmane des Rohingyas, imputées à l'armée. (Jeudi 30 mars 2017)

Aung San Suu Kyi a rejeté la décision des Nations unies d'envoyer une mission d'enquête en Birmanie sur les récentes exactions contre la minorité musulmane des Rohingyas, imputées à l'armée. (Jeudi 30 mars 2017)

AFP
Les Nations unies ont appelé la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi à écouter sa «voix intérieure» et à se rendre dans le nord-ouest du pays. L'armée y est accusée d'atrocités contre la minorité musulmane rohingya. (Vendredi 9 décembre 2016)

Les Nations unies ont appelé la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi à écouter sa «voix intérieure» et à se rendre dans le nord-ouest du pays. L'armée y est accusée d'atrocités contre la minorité musulmane rohingya. (Vendredi 9 décembre 2016)

AFP
Aung San Suu Kyi en visite en Thaïlande. Elle occupe les fonctions de cheffe du gouvernement et de ministre des Affaires étrangères. (23 juin 2016)

Aung San Suu Kyi en visite en Thaïlande. Elle occupe les fonctions de cheffe du gouvernement et de ministre des Affaires étrangères. (23 juin 2016)

Narong Sangnak, Reuters

Les Nations unies ont appelé la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi à écouter sa «voix intérieure» et à se rendre dans le nord-ouest du pays. L'armée y est accusée d'atrocités contre la minorité musulmane rohingya.

«J'invite Aung San Suu Kyi à réfléchir à la situation, à écouter sa 'voix intérieure' et à parler directement au peuple birman pour leur demander de s'élever au-dessus de leur appartenance ethnique, religieuse», a déclaré Vijay Nambiar, le conseiller spécial de l'ONU pour la Birmanie, dans un communiqué publié jeudi à New York.

Ce dernier s'est redit «très inquiet de la situation» dans l'Etat de Rakhine (nord-ouest). Il a demandé l'accès de la zone pour les organisations humanitaires et a appelé directement la lauréate du prix Nobel de la paix à intervenir.

«Le refus des autorités birmanes de prendre une position ferme contre les extrémistes et l'adoption d'une approche généralement défensive plutôt que préventive pour assurer la sécurité de la population locale ont provoqué la frustration locale et la déception à l'échelle internationale», estime-t-il également.

«Sous contrôle»

Aung San Suu Kyi a redit, dans une récente interview, que la situation était «sous contrôle». Elle a demandé à la communauté internationale de cesser de nourrir les «feux du ressentiment».

Après l'attaque début octobre de postes de police par des groupes d'hommes présentés par les autorités comme des «terroristes», l'armée birmane a lancé une grande opération militaire, qualifiée de campagne de «nettoyage ethnique» par un représentant de l'ONU au Bangladesh. Les troubles ont poussé 20'000 Rohingyas à fuir dans ce pays voisin.

Ces réfugiés ont livré des récits des atrocités commises par l'armée: viols en réunion, tortures, meurtres et massacres.

Dénoncer la passivité

Dimanche devant une foule de 5000 personnes, le Premier ministre malaisien Najib Razak avait déclaré que le gouvernement d'Aung San Suu Kyi devait mettre un terme au «génocide» des Rohingyas et dénoncé la passivité de la communauté internationale.

«A quoi sert son prix Nobel à Aung San Suu Kyi?», avait interrogé le chef du gouvernement malaisien.

Les Rohingyas sont apatrides, considérés comme des étrangers en Birmanie, bien que certains de ses membres y vivent depuis des générations. Leur citoyenneté n'est pas reconnue par ce pays à 95% bouddhiste. Ils vivent marginalisés, dans des conditions misérables.

Une montée de nationalisme bouddhiste en Birmanie ces dernières années a attisé l'hostilité à leur encontre.

(ats)

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