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tennisRoland-Garros - Djokovic doit oublier au plus vite Nadal (PRESENTATION)

Par Cyril BELAUD Paris, 4 juin 2015 (AFP) - Novak Djokovic doit très vite mettre derrière lui sa victoire de portée historique contre Rafael Nadal, pour fixer son attention sur son prochain défi contre Andy Murray, peut-être plus ardu encore, vendredi en demi-finale de Roland-Garros.

Ne pas trop s'enflammer, ne pas déjà s'imaginer soulevant dimanche la Coupe des Mousquetaires: Djokovic sait bien quel danger le guette, après son succès saisissant en trois sets (7-5, 6-3, 6-1) mercredi sur Nadal. Le N.1 mondial est devenu le deuxième joueur de l'histoire seulement à abattre Nadal à Roland-Garros. L'Espagnol n'y avait jusque-là connu qu'une défaite - pour 70 victoires -, en 2009 face au Suédois Robin Soderling. Un tel exploit aurait de quoi déstabiliser des joueurs moins habitués aux exigences du très haut niveau que ne l'est Djokovic. Mais le Serbe est trop maître de ses émotions pour donner à croire qu'il pourrait se disperser. Sur le court, il a fêté cette victoire avec une joie très contrôlée et son discours, en conférence de presse, a aussi été des plus mesurés. "J'ai conscience que c'est une grande victoire. (Mais) il va falloir vite passer à autre chose", a-t-il dit. Déjà battu deux fois par Nadal en finale de Roland-Garros, Djokovic a fait d'une victoire sur la terre battue parisienne son rêve ultime. Elle lui permettrait de devenir le huitième joueur dans l'histoire à gagner les quatre tournois du grand Chelem. Le Serbe ne peut s'autoriser le moindre relâchement, s'il veut atteindre sa 16e finale dans des tournois du Grand Chelem. Car, sur ce qu'il a montré cette saison sur terre battue, Murray (N.3) est - rétrospectivement - peut-être encore plus dangereux que ne l'était Nadal. Murray - qui pourrait devenir le premier Britannique à accéder à la finale de Roland-Garros depuis Bunny Austin en 1937 - est invaincu cette saison sur terre battue, comme Djokovic (15 victoires chacun). L'Écossais a remporté à Munich et Madrid les deux premiers tournois de sa carrière sur cette surface, qu'il estime maîtriser de mieux en mieux après avoir longtemps eu du mal à s'exprimer dessus. En se hissant en finale, il deviendrait le dixième joueur dans l'ère Open (depuis 1968) à avoir joué au moins une finale des quatre tournois du Grand Chelem. Mais pour y parvenir, Murray a plusieurs barrières à renverser. Il n'a encore jamais battu de N.1 mondial sur terre battue, en cinq rencontres, ni dominé Djokovic sur cette surface (0/2). Il reste surtout sur sept défaites d'affilée face au Serbe, qu'il n'a plus vaincu depuis son sacre à Wimbledon en 2013. Les deux joueurs, nés à une semaine d'écart en 1987 et qui sont amis en dehors des courts, se sont déjà affrontés sept fois en Grand Chelem. Djokovic mène 5-2. "Ça va être un match dur", prévoit Murray. "Il faudra que j'aie un bon plan de jeu et que je m'y tienne pendant tout le match, ce qui est quelque chose que je pense avoir plutôt bien fait ces derniers mois." Djokovic, qui a quasiment tout gagné en 2015 (Open d'Australie, Indian Wells, Miami, Monte-Carlo et Rome) et reste sur 27 victoires d'affilée, n'en est pas moins l'évident favori, n'ayant pas encore lâché un set depuis le début du tournoi. Dans l'autre demi-finale, Jo-Wilfried Tsonga (N.15) se voit offrir une nouvelle chance de prendre place en finale à Paris, deux ans après son revers au même stade de la compétition contre l'Espagnol David Ferrer. La France attend depuis trente-deux ans de trouver un successeur à Yannick Noah, son dernier vainqueur d'un tournoi du Grand Chelem, en 1983 à Roland-Garros. En 2013, pris par un trop plein d'émotions, Tsonga s'était complètement raté. Cette fois-ci, il aura devant lui le Suisse Stan Wawrinka (N.9), un joueur qu'il connaît bien. Leur dernier affrontement date de la finale de la Coupe Davis 2014, remportée par la Suisse. Wawrinka s'était assez nettement imposé, contre un Tsonga se ressentant d'une blessure au bras droit. Les deux joueurs se sont déjà croisés cinq fois sur terre battue. Wawrinka mène 3 à 2. A Roland-Garros, ils ont chacun remporté un duel, en 2011 et 2012, à chaque fois en cinq sets. cyb/tba

(AFP)

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