Tennis: «Roland-Garros était le tournoi qu’il fallait gagner»
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Tennis«Roland-Garros était le tournoi qu’il fallait gagner»

La Roumaine a enlevé son premier titre du Grand Chelem. Elle rêvait de le faire à Paris. Mission accomplie, dans un tourbillon d’émotions.

par
Arnaud Cerutti
AFP

Simona Halep est la nouvelle reine de Roland-Garros. No 1 mondiale jusqu’ici sans couronne en Grand Chelem, la Roumaine a mis fin à l’interminable attente en retournant une finale exceptionnelle. Son palmarès en «majeur» s’est ouvert de fort belle manière, en battant Sloane Stephens (3-6, 6-4, 6-1). C’est peu dire que l’émotion a envahi les travées de la Porte d’Auteuil lorsque la jeune femme de 27 ans a explosé de joie et rejoint son clan pour savourer ce moment unique. Ses parents et son entraîneur Darren Cahill lui ont donné une accolade dont elle se souviendra toute sa vie. Le footballeur Gheorghe Hagi, avec qui elle s’était prise en photo gamine, n’a, lui non plus, pas manqué le moment. Ces rires et ces larmes, Simona Halep les chérira longtemps. Demain encore. Après-demain peut-être encore plus.

Elle n’a d’ailleurs pas manqué de venir le dire – avec son immense sourire - en conférence de presse, pendant que Roland restait suspendu au résultat de ses «chouchous» Pierre-Hugues Herbert et Nicolas Mahut en finale du double messieurs. Morceaux choisis.

Simona, pas besoin de vous demander comment vous vous sentez…

Effectivement! Je vis des émotions incroyables. C’est un moment forcément particulier, car je rêvais de cela depuis la première fois que j’ai joué au tennis. Roland-Garros est mon tournoi du Grand Chelem préféré et j’ai toujours dit que si je devais n’en gagner qu’un seul, ce serait celui-ci. J’ai rêvé d’être là et maintenant c’est fait, sous les yeux de ma famille, de plein de gens qui me sont chers. Je tiens à les remercier tous pour tout ce qu’ils m’ont apporté au cours des vingt dernières années. Sans eux, je n’y serais jamais arrivée, qui plus est après avoir déjà perdu trois finales de majeurs. Mais maintenant, je veux oublier tout cela et juste savourer le moment.

Vous avez été incroyablement soutenue aujourd’hui. Comment se fait-il qu’il y ait eu autant de Roumains dans le public? C’est vous qui avez acheté les billets?

Je l’ai déjà fait par le passé, mais pas cette fois (elle se marre). Cette fois-ci, ils sont venus d’eux-mêmes et c’est peu dire que j’ai apprécié ce geste, car cela leur demande un grand effort. J’ai senti leur soutien et cela m’a donné énormément d’énergie. L’atmosphère était incroyable.

Comment vous sentiez-vous sur la balle de match?

Eh bien déjà dans le jeu à 5-0 dans le troisième set, je commençais à avoir de la peine à respirer. Et lorsque j’ai perdu ce jeu, je me suis dit: «Allez, tu as encore quatre occasions de clore cette rencontre!». J’ai alors pensé qu’il me fallait remettre le plus souvent possible la balle et prendre les choses point après point. Parce que l’an dernier, j’avais été trop défensive en finale au moment où je menais le bal. Je devais jouer, bouger, ne pas trop penser. C’est ce que j’ai fait pour finir très fort.

Vous étiez menée un set à zéro et avec un break concédé dans la deuxième manche…

A ce moment-là, je me suis dit qu’il ne fallait pas que ça m’arrive encore de perdre une finale de Grand Chelem. Lorsque je me suis remise à gagner des points, des jeux, je me suis souvenue que l’an passé c’est moi qui menais une manche à rien avec le break et j’ai pensé que je pouvais moi aussi inverser la tendance. J’ai cru en moi et me suis relâchée. Mon tennis y a gagné car j’ai pu faire davantage de choses sur le court.

Quelle est pour vous la plus grande satisfaction. Être No 1 WTA ou vainqueur de Grand Chelem?

Les deux choses me rendent fière! Elles sont à mettre au même niveau. Mais il est clair que je suis très heureuse d’avoir enfin gagné un titre majeur, car la boucle n’est pas bouclée quand tu te retrouves No 1 sans Grand Chelem à ton palmarès. Mais j’ai toujours cru en moi et le fait d’avoir atteint le premier rang mondial en début de saison m’a donné énormément de confiance en moi, car en y parvenant j’avais touché quelque chose de grand, d’énorme. Depuis lors, enlever un majeur était mon tout grand objectif.

Et maintenant, vous allez devoir filer sur gazon…

Oh, par pitié, ne me parlez pas de cela maintenant. Le gazon me paraît si loin (elle se marre encore)!

Mais est-ce que cela vous paraîtra plus simple de jouer à Wimbledon maintenant que vous avez cette ligne en plus à votre palmarès?

Je ne crois pas que cela changera grand-chose, pour être honnête. Je suis une championne de Grand Chelem aujourd’hui, mais demain sera un autre jour. Je devrai me remettre en selle, continuer à travailler… Le gazon arrive, c’est sûr, et je vais avoir pas mal de tournois devant moi, mais là, maintenant, je suis nase. Et j’ai vraiment besoin de vacances (elle rit encore).

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