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tennisRoland-Garros - Nadal en clair-obscur (PRESENTATION)

Par Cyril BELAUD Paris, 23 mai 2014 (AFP) - Jamais sans doute depuis son premier sacre à Roland-Garros en 2005 Rafael Nadal n'a semblé aussi vulnérable que cette année, mais avec l'Espagnol, huit fois vainqueur à Paris, les apparences sont souvent trompeuses.

Le printemps est normalement la période de l'année où le talent unique du N.1 mondial bourgeonne le mieux. Mais cette année, Nadal est apparu plus friable que par le passé sur terre battue. Il a connu trois défaites sur sa surface préférée, ce qui ne lui était plus arrivé depuis 2004. Il s'est d'abord incliné en quarts de finale à Monte-Carlo face à son compatriote David Ferrer, pour ce qui était seulement sa troisième défaite en 53 matches sur le Rocher, où il s'était imposé huit fois de suite entre 2005 et 2012. La semaine suivante, il a subi le même sort à Barcelone - un tournoi où il n'avait plus perdu depuis 2003 -, face à un autre Espagnol, Nicolas Almagro, qui ne l'avait pourtant jamais battu en dix rencontres. Sa dernière défaite, plus encourageante, a eu lieu en finale à Rome face à Novak Djokovic, qui lui reprendrait sa place de N.1 mondial en cas de succès à Paris ou si Nadal était éliminé avant les demi-finales. Tout au long de ces deux mois, le Majorquin s'est montré moins souverain dans son jeu et moins dominateur physiquement qu'avant. Il a même reconnu que ces échecs, inhabituels pour lui, avaient généré pas mal de doutes. Mais ce guerrier redoutable n'a pas perdu son "fighting sipirit". Il l'a montré en gagnant à Madrid et aussi lors du tournoi de Rome, où des progrès ont été observés dans son jeu. "Je me suis un peu amélioré au fil des semaines", a-t-il remarqué vendredi. "A Rome, j'ai mieux joué, surtout à partir des quarts." "J'ai réussi à jouer plus relâché, sans montrer la même nervosité que dans les deux premiers tournois et que par instants à Madrid", a-t-il expliqué. "La dynamique est positive et c'est toujours important pour la confiance." Malgré ces difficultés, Nadal reste pour beaucoup le premier candidat au titre. Son bilan sur terre battue en cinq sets est garguantesque. Il a gagné 81 des 82 matches qu'il a disputés sous ce format. Sa seule défaite lui a été infligée par le Suédois Robin Söderling en 2009 à Roland-Garros, alors qu'il était diminué physiquement. Un sacré programme l'attend toutefois. Il devrait retrouver Almagro et Ferrer sur sa route, respectivement en huitièmes de finale et quarts, avant une demie potentielle face à Stan Wawrinka, victorieux à l'Open d'Australie en janvier. Le Suisse (N.3) essaiera de devenir le premier depuis Jim Courier en 1992, à faire le doublé Australie/Roland-Garros. Il est un prétendant crédible au titre, même s'il n'a jamais fait de merveilles à Paris (un seul quart en 2013). Mais le principal rival de Nadal est bien entendu Djokovic. Le N.2 mondial a buté de peu sur le Majorquin ces deux dernières années, en finale en 2012 et en demi-finale l'an passé. Le Serbe rêve de devenir le huitième joueur à réussir le Grand Chelem en carrière (avec Andre Agassi, Don Budge, Roy Emerson, Federer, Rod Laver, Nadal, et Fred Perry). Une blessure au poignet a gâché ses tournois de Monte-Carlo (demi-finaliste) et Madrid (forfait), mais cette blessure semble désormais relever du passé. "La victoire à Rome est venue au bon moment pour moi", a-t-il souligné. "On ne bat pas tous les jours Nadal sur terre battue. Ca sert ma confiance. Je suis en bonne santé et évidemment très motivé." Djokovic croisera sans doute en quarts l'un des jeunes qui montent: le Canadien Milos Raonic, demi-finaliste à Rome, ou le Japonais Kei Nishikori, finaliste à Madrid. En demi-finale, il pourrait retrouver une nouvelle fois le Suisse Roger Federer (N.4), qui disputera son 58e tournoi du Grand Chelem d'affilée. cyb/chc

(AFP)

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